‹ Méléagre de GadaraChapitre 4 sur 190 · CHAP. I. — LES MANUSCRITS. II · texte numérisé non relu

CHAP. I. — LES MANUSCRITS. II

entièrement au reviseur, surtout quand il est réduit à ses propres forces. Or, le manuscrit du Chartophylaque s'arrêtait au milieu du VIP livre. Nous en sommes avertis par une triple annotation placée en marge de la page 273. Malgré les défauts du Palatimis, c'est à lui que nous recourrons le plus souvent.

II. Le Venetus 48 1 renferme V Anthologie de Planude transcrite de sa propre main ^ Ce recueil contenait plusieurs épigrammes négligées par Céphalas ou omises par ses copistes 2. Le compilateur était du reste un homme intelligent, et qui puisait aux bonnes sources. Plusieurs de ses variantes sont très heureuses 3, et elles concordent

léagre n'a-t-il pu dire : « Sauterelle, tromperie de mes désirs »? Le chant de l'insecte endort l'amour du poète. Nous trouverons très souvent les expressions vTcvairaTrj; et ij/u^aTràTr);, qui sont bien plus audacieuses (cf. infra, ch. X).

I. Ce volume comprend une paraphrase de l'Évangile suivant saint Jean, et V Anthologie de Planude. L'écriture est partout la même, et on lit au commencement du manuscrit : 'EypaçiQ r\ (xerà^paai; aurn toO xaTa 'lû. àyi'ou EùayyeXiou ^eip\ MaÇi'ixou toO IlXavouôr; evTo; KwvdTavxtvou TtoXew; xarà tyiv ixovyjv toO lwTr,poç X(pi(TTo)u TTjV ToO àxaxaXiQTCToy èîrovoixaCofiévYjv \iyyÀ aeutp. N IF (sept. i3o3.) Le Venetus est malheureusement très mal connu. L'édition princeps fut publiée à Florence en lAg/j, par Jean Lascaris, et imprimée par F. de Aloppa. C'est une rareté bibliographique. Jacobs vante l'exactitude de la transcription. Il est cependant permis de conserver quelque défiance. En effet, le Venetus 48i est divisé en 7 livres et 4 appendices (Sternbach, Appendix Barberino-Vaticàna, Leipzig, Teubner, 1 890, Préface). Lascaris a remanié l'Anthologie pour la faire tenir en sept livres. On se réfère habituellement à la Sfep/ianiana (Paris, i566). Mais H. Estienne avait plus de savoir que de conscience. Il n'indique jamais ses sources, et quelques mots de sa préface m'inspirent beaucoup d'appréhension... 0 Quum ibi carmina multa quae separari debent conjuncta sint, contra quae conjungi unoque tenore continuari debent interrupta sint, quum interdum positum sit nomen toO Imypâ.^a.'ixoç pro ejus nomine to iTziyiypoLTzxoLi, et vice versa, quum aÔY)Xov aliquoties ponatur ubi auctor non ignoratur, quum non pauca etiam ^t\)8tmyp(x.<foi. sint, quae his ego aliisque multis vitiis adhibuerim remédia, ex ejus editionis cum aliis coUationc quam ex meis verbis intelligi malo. »

3. C'est grâce à Planude que nous possédons les épig. AP. XVI, i3a et 2i3. La dernière existe également dans le Florentinus, plut. 67, et le Parisinus 2720 (cf. infra).

3. Par exemple (AP. V, i5i), ateyxTOi au lieu de l'incompréhensible ôtTexvot. XapoTîoî; (AP. V, i56) est bien plus naturel et plus expressif que xaXenoîî.

avec les leçons du correcteur. Mais Planude avait plus d'érudition et de facilité que de scrupule. Il ne résiste pas toujours au désir de changer ce qu'il ne comprend pas '.

III et IV. Le Parisinus 2720, et le Florentinus, plut. 67, n° 29, nous ont conservé un choix de poésies, dédié à un certain Euphémios, et publié sous le règne de Léon le Philosophe 2. Le n° 28 de la collection appartient peutêtre à Méléagre 3. Schneidewin, en comparant les textes, a introduit dans cette pièce une ingénieuse modification ^. Cette collection est précédée dans le Florentinus par une série de i5i épigrammes, qui furent rassemblées vers le xm*' ou le xiv" siècle s. Méléagre peut, sur le nombre, en revendiquer deux ou trois ^.

V et VI. Deux Parisini (supp. 352, F. gr. i63o) nous font connaître une quatrième Anthologie, complète dans

1. Méléagre (AP. V, i63) avait écrit SuaÛTtoiffxov. Ce mot rare fut vite dénaturé. Le scribe du Palatinus copia 6-j(toi(ttov, qui fausse le vers et met le lecteur en garde, Planude essaie une conjecture malheureuse (SvaTtidTov). De même, le poète dit à Zénophile : o Ta beauté lance en moi le désir comme une nèchej)(AP. V, iSg),

""h yap |xoi [xopçà pdtXXet iroOov.

Là, Planude invente une phrase qui n'a pas de sens, mais qui peut un instant faire illusion : r\ yap (jioi [JLopçà pâÀXei. lIo6év.

2. Ces mss. sont désignés par les sigles R et F. Pour la question de texte on peut consulter : Schneidewin, \Progymna5mafa ad Anthologiam graecam, Gdttingen, i855, et Dilthey, De epigrammatum graecorum syllogis quibusdam minoribus, Gbttingen, 1887.

3. La pièce a été imprimée par Dubner (AP. XVI, 218). Elle ne se trouve pas dans le corps du ms. palatin, mais elle est écrite sur la première feuille. Les copistes ne s'entendent pas sur l'attribution, et on peut hésiter entre Straton, Léonidas et Méléagre.

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