AP. IV, I, aa
86 M^LéAGRE DE GADARA.
littéraires de Callimaque, pas plus qu'à la perfection' laborieuse de ses vers ^
Pour ce chef d'école, l'épigramme n'était qu'un divertissement. D'autres auteurs renoncèrent aux vastes ambitions et mirent toute leur gloire à ciseler des bijoux. Rien ne manque à Léonidas de Tarenle, qu'un peu d'orgueil. Anciens et modernes vantent son ingéniosité, son idéalisme discret, sa touche large et précise. Les vers qu'il consacra à l'Aphrodite Anadyomène faisaient, suivant Pline, pâlir l'original. Il est vrai que chez PUne le goût n'est pas toujours à la hauteur de l'érudition 2. Méléagre sut rendre justice à son prédécesseur. Tant de mérites furent dignement récompensés par la couronne de lierre, (( dont s'honorent ces doctes fronts ))3. Témoignage encore plus flatteur, le nom du Tarentin revenait presque à chaque page de V Anthologie. On ne peut ici fixer de nombres absolument certains. Les résultats sont faussés par des confusions. Un autre Léonidas vécut à Alexandrie sous l'empire romain et composa de fort médiocres épigrammes. Même en faisant sa part, celle de son homonyme reste fort belle, et le lecteur ne s'en plaint pas.
Les Syriens en étaient encore plus heureux. Les qualités de Léonidas flattaient leurs défauts. Ses petits chefs-d'œuvre ont souvent pour cadre une énumération d'offrandes. Quel merveilleux thème à développements!
1. Cf. dans Jacobs (Animadv., t. I, p. 7) les conjectures de Martini et de Reiske. Je me borne à rappeler que Posidippe a dit qu'Éros est YXuxûuixpo; (AP. V, i34). Méléagre lui-même a écrit (AP. XII i54, 4):
["Epio;] oî5e to Trixpbv auyxepâdai ixéXiTi.
a. Hist. naturelle, XXXV, 91 : « Versibus graecis tali opère cum laudatur victo, sed illustrato. » J'adopte ici une conjecture assez vraisemblable de Dehèque (Anthologie grecque, t. II, p. 373). Bien des versificateurs chantèrent l'Aphrodite Anadyomène, mais aucun ne fut plus heureux que Léonidas de Tarente(AP. XVI, 182).