‹ Méléagre de GadaraChapitre 55 sur 190 · Horace, Odes, I, i · texte numérisé non relu

Horace, Odes, I, i

Archias » et Antipater ^ s'en emparèrent avec enthousiasme. Tout lecteur de V Anthologie connaît la fameuse dédicace des trois frères. Ils présentent une triple offrande à trois divinités qui les ont favorisés dans trois sortes de chasses 3. Ce sujet a été tourné et retourné sous quinze formes différentes, et Léonidas fut le premier qui le traita.

Méléagre admira l'auteur à la mode. La célébrité du maître couvrit même la faiblesse de quelques disciples: Ariston et Phanias. Knaack s'en étonne 4, mais au i" siècle, cette erreur de goût était presque inévitable.

Asclépiade n'avait pas à craindre le jugement d'un élève. Les critiques modernes ont mis quelque temps à comprendre ce talent impétueux et coloré 5. Méléagre en sentit de prime abord toute la valeur. Il sut profiter de l'exemple et paya généreusement, dans V Anthologie, cette dette de reconnaissance.

Asclépiade et Posidippe appartiennent au même groupe littéraire, si bien qu'il est souvent difficile de les distinguer. Le cas se présente cinq fois dans le manuscrit, et toujours à propos d'épigrammes erotiques. Le Proème de la Couronne marque nettement cette communauté de génie. Les noms sont rapprochés et les emblèmes presque identiques. Je crois même que Méléagre force la ressemblance. Posidippe est autre chose qu'un amou-

1. Cf. AP. VII, 67 (Léonidas), et 68 (Archias); VI, 289 (Léonidas), et 89 (Archias).

2. Jacobs appelle Antipater : 0 Perpetuus Leonidae imitator. »

3. AP. VI, i3 (Léonidas de Tarentc), i/j (Antipater de Sidon), 16 (Archias). l\. Cf. Knaack, Geschichte der griechischen Literatur in der Alexandrinerzeit,

t, II, p. 5/19, n. i63 : a Mit der Aufnahme dièses Quasipoeten, hat Meleagros wenig Geschmack bewiesen. »

5. Bernhardy (Grundriss der griechischen Literatur, dritte Bearbeitung, Halle, 1880, zweiter Theil, zweite Abtheilung, p. 754) trouve qu' Asclépiade a plus de naturel que d'art.

reux. Les Deipnosophistes lui attribuent une satire très violente s et on a trouvé sous son nom, dans des papyrus égyptiens, une pièce de circonstance sur le phare d'Alexandrie 2. Méléagre avait lu ces vers 2, mais il prit plaisir à les oublier.

Hédyle fut traité de même. Cet écrivain sarcastique nous est connu par Athénée. V Anthologie ne lui emprunta guère que des vers erotiques ^ ou, comme dit le Proème, des fleurs champêtres. Apprécier ainsi le poète, c'est presque le trahir.

Mnasalque de Sicyone est le digne compagnon de Philopémon et de Lycortas.En lui passe quelquefois le souflle héroïque de Simonide ^. Cette inspiration belliqueuse lui valut les sympathies des Syriens. Dix-huit épigrammes de l'Achéen nous ont été transmises par Méléagre, qui ne dédaigna pas ces branches de pin maritime. L'allusion est fine, car dans les jeux isthmiques, ce sombre feuillage était la récompense du vainqueur.

Théodoridas déteste Mnasalque et le compare à un tambour résonnant sous les coups ^. L'école phénicienne accordait aux deux rivaux une égale estime 7. Ils furent, après leur mort, réconciliés par l'Anthologie, qui leur fit la part à peu près égale. Les anciens ratifièrent ce jugement,

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