Athénée, XV, 67g, d
3. J'admettrais volontiers que la Couronne contenait quelques épigrammes d'Archias. Ses poésies sont assez fréquemment comprises dans des séries (cf. AP. VII, 191, 3i3-3i/,; V, 58, Sg). L'épig. VII, 733 (adespote) fut recueillie par Méléagre. Elle appartient au u* siècle, car elle rappelle la prise de Lacédémone.
4. Il est frappant que l'auteur ait voulu publier à nouveau les poésies des ITaiôixa. En outre, aucun indice ne permet de supposer que les anciens aient possédé en recueil les épigrammes de Méléagre.
tique *. On supposait jadis que Méléagre avait réservé à chaque auteur un chapitre de l'ouvrage. Dans cette hypothèse, la place des différents écrivains était déterminée d'après les initiales de leur nom 2. Cette idée ne trouverait plus aujourd'hui de partisans. Nous savons qu'il faut considérer seulement le début de chaque pièce.
Malgré les efforts de Géphalas, quelques traces de cet arrangement subsistent encore 3. Il est d'ailleurs très nettement visible chez Philippe de Thessalonique. Or, Jacobs remarque, avec beaucoup de raison, que la seconde Anthologie suit de fort près les exemples de la première.
Des pièces jetées ainsi, comme au hasard, ne pouvaient être réparties en plusieurs livres. Les Byzantins eurent l'initiative des divisions actuelles, j'en trouve la preuve dans une annotation du Palatinus ^. Toutefois, la masse compacte de l'ouvrage était allégée par une introduction,
I. Suvéta^ev Se auxà xaxà fftotxeîov (p. 8i du ms,). Cette note vient du lemtnatiste (cf. Finfeler, kritische Vntersuchungen, p. iBa).
3. Jacobs (Animadv., t. I, Prolegomena, p. ii-Aa): « Posteriora hacc verba maie accepit Salmasius in exercitationibus, Plin., p. 696, d, qui etiam Leichium in Carm. Sepulcr., p. IV, et Reiskium in errorem induxit, Praef., p. XIII, ut putarent Meleagrum poetarum nomina secundum ordinem elementarem disposuisse. »
3. Jacobs (Animadv., t. I, Prolegomena, p. 77): « Ordinis elementaris quo epigrammata in Meleagri conlatione disposita fuisse constat in plurimis locis manifesta reperiri vestigia... » Ceci est fort exagéré. Passow (Opusc. Acad., p. 179) a note deux séries assez longues où l'on retrouve encore la disposition primitive (AP. VII, ig4-2o3): 'Axpt'Sa, 'Axpt;, 'A^rtZiç, AaixoxpÎTW, El, "Opveov, Oùxéri, OOxéxi, Oùxén, Oùxért, Oùxér* av; (AP. VII, 264-371) : Eu], Naur,YoO, Naur,yoO, NauTÎXot, NauYiyov, nXwxrjpa;, TouaSe, "ÛçeXe (cf. aussi AP. VI, 1 10, 1 1 3).Weigand a ajouté à la première série les épig. VII, 193-198. Setti (Studi sulla Antologia greca, Torino, 1890) a repris ces études. Sa méthode consiste à écarter de la série les épigrammes que Céphalas y a introduites pour rapprocher les œuvres appartenant à un même auteur. On peut ainsi reconstituer quelques groupes nouveaux. AP. VII, 8-21 (0 — t.); 5o7-5i3 (a — 9.); 71 3-718 (v — to.); XII. 7 1-78 (9 — e). Ici l'ordre alphabétique est renversé. L'épig. XII, 70, commençant par un S, peut être jointe aux précédentes.
4. KwvdTavTtvoi; o l7rovo(i,a^6(jLevo« KsçaXS; duvi/eev aOtà, àçoptaa; el? xEsaXata Staçopa.
un envoi au lecteur et une biographie de Méléagre. Nous connaissons le Proème. Les ria'.S'./.a en avaient déjà un dont le poète n'eut qu'à reproduire le dessin général. La conclusion est d'une originalité qui confine à la bizarrerie. Voulant flatter Dioclès et se décerner quelques éloges, le compilateur prend pour intermédiaire la Coronis ^ Cette ligne onduleuse que les scribes traçaient à la fin des manuscrits rappelle le dragon qui défend le jardin des Hespérides, mais ici le gardien ouvre la porte et appelle le public. Cette fantaisie est présentée sans beaucoup d'adresse, mais elle est ingénieuse et a tenté la verve de Martial 2.
En dernier lieu venait l'épigramme où le Syrien salue ses trois patries. C'était la conclusion sereine, mais attristée, d'un livre quelquefois bien scabreux.
Ainsi reconstituée dans son désordre apparent, VAnthologie nous choque au premier abord. Brunck, dont l'érudition est souvent téméraire, crut avoir le droit de corriger l'Antiquité. Dans les Analecta, un chapitre distinct est consacré à chaque auteur. Déjà Céphalas, poussé par le même désir, avait réuni les vers de sujet pareil. Planude exagérait ce principe jusqu'au ridicule.
Je pense que Méléagre a raison contre ses éditeurs 3. ' L'art hellénique nous charme par des moyens qui surprennent. L'architecte jette un édifice sur des roches
2. Dans l'cpig. X, i, c'est également le livre qui s'adresse au lecteur (cf. Horace, Épit. I, ao). Jamais un poète classique n'aurait eu de pareilles recherches. Les Alexandrins et les Romains sont des gens de lettres. Ils songent non seulement à l'ouvrage, mais au volume. — L'une des trois épitaphes (VII, 4i7-i9)ctaitplacceàlafinderyln</io/o^ie(cf. Finsler.A'r. Untersuchungen, p. iba^i).
3. L'ordre alphabétique est resté en usage chez les Byzantins (cf. Benndorf, Ue Anth. graec. epigrammatis, p. 3 sqq., et Wachsmuth, Studien zu den griechischen Florilegien, Berlin, 1883, p. 5). Dans Planude la disposition des chapitres est caractéristique. Voici le commencement du liv. I : Et; àywvaç, si; «[itîsXov, et; àvaQyjjxaTa, et; àvaTCYjpoy;, s'.; àvSpsîav, si; àvTau65o(iiv, etc.
CHAP. V. LA PREMIERE ANTHOLOGIE. qS
mal aplanies. Le sculpteur de bas -reliefs pose un niveau inflexible sur la tête de tous ses personnages. On est prêt à s'indigner ; mais que Ton regarde seulement, et on verra oii sont les barbares. Les poésies étaient, dans les éditions alexandrines, divisées d'après la nature du mètre ». La négligence de Méléagre dissimule bien des finesses.
Des épigrammes mélangées forment un ensemble qui se tient. L'ordre des Analecta n'est bon que pour des savants. L'adopter, c'est faire un herbier d'une gerbe de fleurs. Les classifications byzantines sont au-dessous de la critique. Plaignons les lecteurs que Planude entraîne dans les méandres d'un plan scolastique. Le retour des mêmes idées amuse un instant, puis irrite, et devient bientôt intolérable. On voudrait déchirer le volume pour en brouiller les pages.
Au contraire, l'ordre alphabétique est fécond en agréables surprises. Rétablissons-le dans les fragments qui nous restent de la première Anthologie 2. Tour à tour se présentent devant nous Antipater, Léonidas, Heraclite et Méléagre. Les sujets changent en même temps que les auteurs. Nous lisons en dix minutes trois épigrammes votives, une erotique et deux funéraires.
Les musiciens s'amusent quelquefois à débuter par quelques mesures d'un air connu. Soudain la mélodie prend son essor et s'achève en cadences originales. Voici des effets du même genre. Deux pièces commencent par la même formule: *A KuTrptç^. Que fera la déesse? Elle reconnaît, dit Asclépiade, le pouvoir des amours philo-
1. On distinguait entre les iambes, les distiques et les vers lyriques (cf. plus haut les renseignements donnés sur les éditions d'Anacrcon et de Sappho).
a. AP. IX, 734, 738 : 'A Sa|i.a>.i; (Antipater de Sidon); AP. VII, /i66: "A SeîV 'AvTÎxXeiç (Léonidas de Tarente); AP. VII, 465 : 'A K6vi; (Heraclite); XII, 86 : 'A Kuupi; 6Tq>>eia (Méléagre); VI, 3/io : 'A Ky7:pi;où uâvSajxo; (Théocrite).