‹ Méléagre de GadaraChapitre 71 sur 190 · AP. VII, 4a8 : r^ « ar · texte numérisé non relu

AP. VII, 4a8 : r^ « ar

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IIO MIÊLÉAGRE DE GADARA.

semble avoir jailli du cœur de Virgile; mais un siècle auparavant, un libertin rencontrant Damis à la porte d'Heraclite, s'écriait: «Va, malheureux! je mêle mes larmes aux tiennes; j'ai éprouvé cette angoisse et j'y compatis ^ » Ailleurs, l'amoureux, craignant que Zeus ne trouble ses plaisirs, reçoit cette réponse vraiment divine : « Rassure-toi, j'ai souffert et je connais la pitié 2. »

Ces idées sont vieilles comme le monde. Priam doit aux anxiétés paternelles de Pelée la permission d'ensevelir Hector 3. Mais, au n" siècle, ces mots prennent un autre accent; ils éveillent de tristes échos. La civilisation antique décline, l'allégresse brillante et dure de l'âme hellénique est bien loin. \J Heautontimoroumenos se punit du mal qu'il a fait. Un voisin demande avec sympathie la cause de sa tristesse et ajoute : « Je suis homme, rien d'humain ne m'est étranger. »

Lentement naît une morale plus clémente, mais l'amour de la cité s'affaiblit, ou plutôt il se dissimule, et les auteurs qui portent la parole ne peuvent exprimer un sentiment qu'ils ignorent. Clients des souverains ou des villes, ils courent le monde, s'acclimatent partout, et ne s'attachent nulle part. L'excès de leurs flatteries cache mal une complète indifférence. Méléagre a des hyperboles qui ne messiéraient pas à un acteur en voyage : île aimable, terre sacrée ^, Tyr est fière de ses nombreux enfants, Phéniciens et Rhodiens emportent tour à tour et sans lutte le prix de la beauté ^.

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