AP. V
... ev 4'uxpoî; IdtêSaai...
Cf. Rutilius Namalianus, De reditu suo, I, SSg :
Radix stultitiae : cui frigida sabbata cordi.
Il6 MÉLÉAGRE DE GADARA.
secrètes ». Faut-il penser aux effrayantes cérémonies que proscrivit un sénatus- consulte fameux? Je crois plutôt que le poète venait de lire les Bacchantes d'Euripide.
Cet amoureux n'eut pas même de superstitions. 11 parle des philtres qui attendrissent les cœurs, et d'Éros. subtil magicien, qui grave son image dans les âmes ». Mais, pour son compte, il méprisa toujours les sortilèges. N'avait- il pas à son service tous les enchantements des Muses? Un écrivain devait laisser aux hétaïres les mystérieuses pratiques de Simétha, et l'iunx de Mco' dont l'influence s'étend au delà des mers 3.
Poète et rhéteur, Méléagre n'eut d'autre culte que celui des lettres. Il vécut dans une atmosphère artificielle, avec les grands dieux du paganisme. Il ne croyait plus à leur puissance, mais leur nom le charmait encore, et, comme dans le VP chant de V Enéide, les ombres vaines barraient le chemin aux nouveaux venus.
Ces majestés vieillies sont pourtant bien ridicules. Le ravisseur de Ganymède ne va-t-il pas s'abaisser jusqu'à Myiscus? L'amant déclare qu'il défendra son bien. Il luttera contre Zeus^», il traitera Éros en esclave^. Nous retrouvons ces plaisanteries chez Lucien. Tant de scepticisme ne laisse même plus de place à l'impiété.
Toutefois, dans l'esprit de l'écrivain flotte comme un souvenir des émotions antiques. Le silence d'un temple, la blancheur sereine d'une statue, la pureté d'une mélodie font revivre dans un cœur vieilli des impressions qu'on
... tea û'opyia xp-jTiTSiv AùScôv.
a. AP. XII, 57 : ... '^[xç'j^a [xaye'jwv; 56 : ... çt'XTpa... Ppaêc'jYj. 3. AP. V, 3o5. L'épigramme est adespote, mais elle faisait partie de la Couronne.
li. AP. XII, 70 et passim.