‹ Méléagre de GadaraChapitre 87 sur 190 · I. Idyl. VIII, I sqq · texte numérisé non relu

I. Idyl. VIII, I sqq

AâcpvtSt TÙ> ^(apîevTt (Tuvtqvtsto poyxoXlovti

M5çXa vs[xa)v, w; çavTt, xat' wpea ixaxpà Msvdt),xaî,

l3o MÉLÉAGRE DE G AD ARA.

vibre, et la végétation rare qui craque sous le pied, en répandant une odeur aromatique?

Méléagre est trop de son pays pour s'enfermer toujours dans une froide érudition et une exacte indifférence. Il sait le charme de la nuit d'Orient, criblée d'étoiles et pleine de brises. Et pourtant il ne l'a jamais décrite. Un ton plus grave et presque religieux, un sentiment de mélancolie douce, quelques invocations à celle qui engendra tous les Olympiens, une épithète sonore et caressante s réservée aux mères et aux déesses, tels sont les moyens simples et subtils qui remettent devant nos yeux les clairs de lune de la mer Egée, les cieux sombres et transparents de Byblos.

Un Alexandrin peut être ému, mais bien vite il est ressaisi par les conventions de son école. Avant tout il recherche les mots précis, les adjectifs qui peignenl. L'Océan, dit Méléagre, aplanit ses flots bleus. Noter ainsi une couleur nous semble tout naturel; n'oublions pas que les Grecs, durant des siècles, se complurent surtout au jeu des lignes et des contours ^. A l'époque classique, la lumière semblait faite pour modeler des reliefs et dessiner des profils ^. Apollonius vit nettement qu'elle avait sa valeur propre. Il décrit une étoffe argentée par l'éclat de la lune, et les vagues oii le soleil répand des

Page 1