AP. VII, i8a, m
h. AP. VII, 417, 4i8, 419, A21.
CHAP. IX. L'INVENTION POÉTIQUE. l43
gramme est d'une invention plus recherchée. D'abord une invocation aux passants, qui ne doivent pas troubler le sommeil d'un homme pieux, puis quelques détails sur sa vie, et, pour terminer, un distique fort original, un salut jeté en trois langues aiix voyageurs qui s'approchent du tombeau. La quatrième pièce est un véritable logogriphe.
Ces vers ont- ils été inscrits sur la stèle? 11 est permis d'en douter. Les épitaphes de V Anthologie ne sont pour la plupart que des variations poétiques. Dans ce cadre commode, les Alexandrins enferment volontiers une description, un panégyrique ou une satire. Mais la perfection n'appartient qu'aux œuvres sincères. Si la pensée et la forme sont en désaccord, un manque de proportion ou un mot qui détonne vient toujours inquiéter le lecteur. Il est vrai que pour les Gréco- Syriens ces disparates n'étaient qu'un attrait de plus.
Méléagre pleura, puisque c'était la coutume, Érinne morte en cueillant des fleurs dans le verger ' des Muses. Il montra Heraclite, le philosophe misanthrope, insultant les étrangers qui s'approchent de son tombeau 2. Ces badinages ont peu de valeur, et c'est à bon droit que, de bonne heure, on en contesta l'attribution.
D'autres épitaphes ont la forme d'un rébus. Aussi faibles que les précédentes, elles sont du moins plus divertissantes. En Syrie, vers la fin du ii*' siècle, ce genre était à la mode. Antipater 3 et Méléagre ^» s'y exercèrent. Le procédé de composition est des plus simples. Sur la
3. Cf. surtout AP. VII, /ia;. Voyez aussi VII, /»a3, l^3^ et /ja5. L'idée de ces badinages est empruntée à Léonidas (AP. VII, (m), que les Syriens ont fréquemment pris pour modèle.