AP. 421 et 4a
}(\\ M^LéAGRE DE GADARA.
pierre d'une sépulture, un passant aperçoit des attributs. Il en cherche le sens et finit par le découvrir après des suppositions plus ou moins ingénieuses. Le sceptre appartiendra tour à tour à un roi ou à un écrivain plein de talent. La palme sera la récompense de la victoire ou l'emblème de la Phénicie. Ce langage figuré divertissait les Orientaux. Sûr de plaire, l'auteur développe ses énigmes avec une insistance fatigante.
Nous arrivons enfin aux poésies erotiques. Méléagre est maître dans ce domaine ; mais il ne l'a point parcouru tout entier. C'est qu'aussi le champ est des plus vastes. Madrigaux, satires, confidences, anecdotes, théories gêné raies et presque philosophiques, tout est dans l'amour, de même que l'amour est partout. Mais l'écrivain ne connaît pas les passions qui élargissent l'âme jusqu'aux limites de l'univers. Il s'intéresse bien rarement à ceux qui l'entourent, c'est pour lui qu'il chante et pour ses maîtresses. Une belle épigramme est remplie par des lamentations contre un perfide i. On a cru trouver dans ces vers la plainte d'une jeune fille abandonnée. Mais la conclusion n'est point nécessaire pour quiconque a par couru les naiSixa. Ailleurs ^, les victimes d'Heraclite et de ïimo émeuvent la pitié de Méléagre, mais c'est qu'il a luimême éprouvé les rigueurs de l'hétaïre et de l'adolescent.
Dans ses propres aventures, tout ne l'intéresse pas également. Il laisse Asclépiade raconter ses débats avec un esclave fripon 3, ou Hédyle attaquer les courtisanes, ces mauvaises galères qui jettent à la côte les marchands dépouillés ^. Une seule fois l'amant délaissé exprime sa