‹ Méléagre et AtalanteChapitre 17 sur 38 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ALTHÉE

Il l'aime avec l'élan de tout son cœur têtu.

ŒNÉE

Mais Atalante, dis, l'aime-t-elle ?

ALTHÉE

Elle l'aime.

Mon cœur, tout sec qu'il soit, sent ces choses quand même.

ŒNÉE

Vive Zeus ! Ils auront ainsi de beaux enfants,

Car ils sont jeunes, beaux tous deux et triomphants !

ALTHÉE

Je ne souffrirai pas qu'il prenne cette épouse.

ŒNÉE

Pourquoi donc ? Serais-tu de son bonheur jalouse ? Tu ne m'as pas aimé. Fûmes-nous bien heureux? Laisse-les se chérir puisqu'ils le peuvent, eux.

Je ne veux pas rester désespérée et seule.

ŒNÉE

A leur amour se chauffera ton cœur d'aïeule.

3o MELEAGHE ET ATALANTE

ALTHÉE

Je pourrais bien chauffer les leurs d'un autre bois.

ŒNÉE

Pourquoi ce regard sombre et cette morne voix? Mais voici Talthybios qui porte des nouvelles. Las ! au milieu de nos malheureuses querelles, J'oubliais que mon fils court un grave danger ; Daignent, s'il en est temps, les dieux les protéger ! La tête d'un vieillard entamé par les rides Est comme le tonneau des tristes Danaïdes, Les choses du présent n'y peuvent pas tenir ; Presque mort, je ne vis que dans le souvenir... Oue nous annonces-tu de ta voix éclatante ?

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