‹ Méléagre et AtalanteChapitre 18 sur 38 · SCÈNE VI ŒNÉE, TALTHYBIOS, Le Chœur · texte numérisé non relu

SCÈNE VI ŒNÉE, TALTHYBIOS, Le Chœur

ŒNÉE

Les exploits de son fils ne l'intéressent guère.

Cette femme n'a rien de l'âme d'une mère;

Elle parle de sa raison et de son cœur,

C'est l'asile de la démence et du malheur.

Laissons-là près des dieux qu'elle importune et lasse,

Et toi raconte-moi les détails de la chasse,

Les moindres pour un père auront beaucoup d'attrait.

TALTHYBIOS

Conduits par Méléagre, on gagne la forêt ;

Par les sentiers battus prudemment ou s'engage. Puis la chasse réglée, on se met à l'ouvrage ; On étend les filets, on découple les chiens ; Même, sans écouter la voix des plus anciens, Impatiente, part la jeunesse étourdie. Au fond d'une vallée en cuvette arrondie, Où des torrents formés soudain versent leurs eaux, Le monstre se terrait au milieu des roseaux, Derrière un voile épais de broussaille et de saules Dans la vase qui lui montait jusqu'aux épaules. C'est de là que l'écume à la gueule il bondit, Prodigieux, par notre épouvante grandi ; Comme un bolide au ciel sa lourde masse noire Trace dans un éclair sa sombre trajectoire ; Il défonce en passant les rets trop délicats ; Les arbres qu'il atteint tombent avec fracas. Il jette en l'air les chiens qui lui barrent la route Et met toute leur meute aboyante en déroute ; Et l'horreur et les cris emplissent la forêt. Échion contre lui lance le premier trait Qui va se planter dans l'écorce d'un grand hêtre ; L'Argonaute Jason, déconcerté peut-être, Lance trop fort le sien qui dépasse le but ; Lors, le fils d'Ampycos se tourne vers Phœbus (Apollon de tout son pouvoir l'aide sans doute). Mais le dard qu'Artémis dut émousser en route Touche le sanglier sans pouvoir le blesser ; On voit alors soudain le monstre se dresser, Des flammes lui sortir du corps et ses prunelles, Que la foudre allumait, jeter des étincelles ;

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