‹ Méléagre et AtalanteChapitre 4 sur 38 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

A certain charme dont je tiens l'objet caché.

Donc, femmes, pour ses jours n'ayez aucune alarme.

LE CHŒUR

Et quel est cet objet? Reine, quel est ce charme?

Je le dirai si vous me jurez le secret / ^y^^o <e v

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LE CHŒUR

Au noir Styx soit voué qui se parjurerait ! f**** *^

ALTHEE

Ce que je vais vous dire est une vieille histoire

Et que j'ai retrouvée au fond de ma mémoire.

C'est un vieux coffre à bois qui me la rappela.

J'étais grosse de Méléagre en ce temps-là.

Un vent aigre venu des monts de l'Étolie

Soufflait dehors le froid et la mélancolie,

Et comme les cyprès je me sentais ployer;

Je voulus m'approcher alors de mon foyer.

Trois femmes s'y trouvaient, trois vieilles filandières.

Sur leurs têtes le feu projetait ses lumières

Je les voyais de face et très distinctement.

Mais aurait-il fait nuit dans mon appartement,

Je les aurais pourtant sans peine devinées

Et j'aurais reconnu les vieilles Destinées

Qui depuis si longtemps habitent dans mon cœur,

Oui, les Parques en qui le Temps, le dieu vainqueur

Et tous les autres dieux révèrent leurs aînées,

Les éternelles sœurs qui ne sont jamais nées.

t> MELEAGRE ET ATALANTE

Aux lueurs de leurs yeux, tels que des lacs sans fond, 0) Le passé? l'avenir se font et se défont ; On y voit aborder ainsi que des navires Des mondes étoiles et de nouveaux empires Et des dieux inconnus venir de l'infini Gomme des alcyons qui flottent dans leur nid. La première me dit que j'allais mettre au monde Un homme courageux et puissant, la seconde Qu'en lui la Renommée entrait dans ma maison La troisième, montrant dans la flamme un tison, Dit que son existence en aurait la durée Et qu'avec ce tison elle était dévorée... Alors, pleine d'effroi, je retirai du feu La bûche par le bout carbonisée un peu, Dans l'eau je courus la plonger toute allumée Au milieu d'un épais nuage de fumée; Quand elle fut éteinte enfin, je la rangeai Dans un coffre de fer artistement forgé Dont avec très grand soin je fermai la serrure. Ainsi pour lui que votre amitié se rassure.

LE CHŒUR

Les Parques, les revîtes-vous après cela ?

ALTHÉE

Quand je revins ensuite, elles n'étaient plus là.

LE CHŒUR

Reine, vous nous voyez de stupeur interdites : Ne fut-ce pas un simple rêve que vous fîtes ?

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