DEPART
Vous allez donc quitter notre brillant Midi
Pour les brouillards de plomb, pour le ciel engourdi,
Qui sur votre Angleterre pleure !
C'est bien : il faut vouloir ce que veut le destin ! Maudit soit le clocber qui, dimanche matin,
De ce départ sonnera l'heure !
Rappelez-vous là-bas, sur l'Océan lointain.
Le parfum amoureux et la voix de satin
De la mer où vous êtes née; Aux pays du brouillard, delà pluie et du vent. Pensez de cœur et d'âme, oh ! pensez bien souvent,
A notre Méditerranée!
Rappelez-vous dos bois sur le golfe voisin, Nos coteaux émaillés d'olive et de raisin,
Nos montagnes et nos vallées : Le Prado, qui, toujours tout heureux de vous voir. Pour votre front divin toujours faisait pleuvoir
L'or et l'azur dans ses allées !
Rappelez-vous les pins, le ciel étincelanti Gemenos et Saint-Pons, la Raume de Roland,
Le sable des rives aimées ; Les verts tapis de mousse où l'on aime s'asseoir, Le sourire de l'aube et les brises du soir
Sur les collines embaumées!
Rappelez-vous ces bords que vous avez chéris. Et les saules riants et les vieux tamaris
Que rHuveaune tranquille arrose , Et la falaise avec son dôme oriental, Où votre beauté pure avait pour piédestal
Un grand rocher de granit rose !
Et, ce qui vaut bien mieux que les monts et les bois, Que les pins, que la mer, à l'amoureuse voix.
Que notre ciel de douce flamme, Que tout ce que le cœur et les yeux aiment tant, Sou venez- vous qu'ici vous laissez en partant
Un cœur, le frère de votre âme I