‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 19 sur 103 · DEPART · texte numérisé non relu

DEPART

Vous allez donc quitter notre brillant Midi

Pour les brouillards de plomb, pour le ciel engourdi,

Qui sur votre Angleterre pleure !

C'est bien : il faut vouloir ce que veut le destin ! Maudit soit le clocber qui, dimanche matin,

De ce départ sonnera l'heure !

Rappelez-vous là-bas, sur l'Océan lointain.

Le parfum amoureux et la voix de satin

De la mer où vous êtes née; Aux pays du brouillard, delà pluie et du vent. Pensez de cœur et d'âme, oh ! pensez bien souvent,

A notre Méditerranée!

Rappelez-vous dos bois sur le golfe voisin, Nos coteaux émaillés d'olive et de raisin,

Nos montagnes et nos vallées : Le Prado, qui, toujours tout heureux de vous voir. Pour votre front divin toujours faisait pleuvoir

L'or et l'azur dans ses allées !

Rappelez-vous les pins, le ciel étincelanti Gemenos et Saint-Pons, la Raume de Roland,

Le sable des rives aimées ; Les verts tapis de mousse où l'on aime s'asseoir, Le sourire de l'aube et les brises du soir

Sur les collines embaumées!

Rappelez-vous ces bords que vous avez chéris. Et les saules riants et les vieux tamaris

Que rHuveaune tranquille arrose , Et la falaise avec son dôme oriental, Où votre beauté pure avait pour piédestal

Un grand rocher de granit rose !

Et, ce qui vaut bien mieux que les monts et les bois, Que les pins, que la mer, à l'amoureuse voix.

Que notre ciel de douce flamme, Que tout ce que le cœur et les yeux aiment tant, Sou venez- vous qu'ici vous laissez en partant

Un cœur, le frère de votre âme I

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