‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 42 sur 103 · LE DIMANCHE · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE

Gènes, 1834

Oh ! je n*aime pas le dimanche

Quand je suis seul ; Le ciel est noir et la mer blanche

Gomme un linceul.

J^étais sur la plage lointaine,

Triste et flottant , Cette plage napolitaine

Que j'aime tant !

J'étais sur la haute colline.

Bien loin d'ici, Pareille à sa sœur qui s'incline

Sur Portici !

Et la mer disait à la grève

Son chant si doux, Et mon esprit, qui toujours rêve,

Songeait à vous.

Alors j'ai quitté bois et plage,

Vallon charmant.

Tapis de fleurs, joli village

Au bois dormant.

Et le beau pin que rien n*égale,

Arbre enchanté.

Où chante à midi la cigale,

Oiseau d*été.

D*être seul ennuyé sans doute.

Et malheureux.

De la ville j'ai pris la route

Pour être deux.

Le ciel était noir, la mer blanche

Gomme un linceul , Rien n*est changé ; c'est un dimanche !

J'arrive seul!

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