‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 53 sur 103 · A UNE PERRUCHE MULTICOLORE · texte numérisé non relu

A UNE PERRUCHE MULTICOLORE

Quand sur le perchoir de ta cage Tu prends un maintien soucieux, Tu penses sans doute au bocage Où tu naquis, sous d^autres cieux.

Comme lu dois trouver étrange Tout le fracas que nous faisons.

Toi, fille des déserts du Gange, Pays des calmes horizons!

Oui, ta surprise est sans pareille.

Lorsqu'on vrant l'œil tous les matins, Dans Paris tu prêtes l'oreille A tous ses tonnerres lointains.

En toi-même tu te recueilles, Et dis : Que sont-ils devenus, Ces murmures de larges feuilles, Ce chant de mes oiseaux connus?

Ces bruits d'eaux vives sous la zone, Que mon soleil de feu dora?

La cataracte qui résonne

AUX solitudes d'Ëlora?

La voix d'un grand fleuve, sortie De la nuit des gouffres béants, Et sur le rivage engloutie Dans le flot bleu des océans?

Le miroir du lac qui se brise Sous l'aile et le bec du ramier ?

Le jeu matinal de la brise Avec la cime du palmier?

Toute cette vague harmonie Dont la nature fait sa voix.

Qui se perd sous l'ombre infinie De mes vallons et de mes bois?

Pauvre oisea|, charmant cénobite, Entre les tiens favorisé, Oui, tout change quand on habite Un beau pays civilisé.

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