SÉRÉNADE NAPOLITAINE
La vague vient de Sorrente,
Odorante, Sur nos têtes Vénus luit ; Gomme toi fille de Tonde,
Belle blonde, .
Elle va dorer ta nuit.
Vénus voit ton hyménée :
Elle est née Sur ces flots que nous aimons ; Elle embaume de sa bouche
Et ta couche, Et Toranger de ces monts.
Laisse tes persienues verles
Entr'ouverles Au balcon des corridors ; Que toute harmonie arrive
De la rive Jusqu'à Talcôve ou lu dors.
Entends-tu dans de doux rêves,
Sur les grèves, Fuir le flot napolitain?...* Entends-tu la voix touchante
Qui te chante, Â bord du canot lointain?
Entends-tu les mandolines
Aux collines Où se font les doux larcins?
Les vagues napolitaines,
Les fontaines Qui tombent dans les bassins ?
Entends- tu ]j^ douce brise
Qui se brise Dans les jasmins espagnols.
Dans les myrtes de nos îles,
Doux asiles Où chantent les rossignols?
Ah! toutes ces harmonies Sont unies ;
Elles parleront demain A la vierge de la veille
Qui s'éveille Voilant ses yeux de sa main.
Demain, ileurs des Hespérides,
Monts arides, Ciel d*azur, golfe enchanté, Tu les verras reparaître,
Et pour être Le cadre de ta beauté.
Dans cette nuit amoureuse
Sois heureuse ; Aux bras de ton jeune amant.
Jouis de rheure présente
Séduisante :
Car l'heure à venir nous ment.