‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 7 sur 103 · SÉRÉNADE NAPOLITAINE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE NAPOLITAINE

La vague vient de Sorrente,

Odorante, Sur nos têtes Vénus luit ; Gomme toi fille de Tonde,

Belle blonde, .

Elle va dorer ta nuit.

Vénus voit ton hyménée :

Elle est née Sur ces flots que nous aimons ; Elle embaume de sa bouche

Et ta couche, Et Toranger de ces monts.

Laisse tes persienues verles

Entr'ouverles Au balcon des corridors ; Que toute harmonie arrive

De la rive Jusqu'à Talcôve ou lu dors.

Entends-tu dans de doux rêves,

Sur les grèves, Fuir le flot napolitain?...* Entends-tu la voix touchante

Qui te chante, Â bord du canot lointain?

Entends-tu les mandolines

Aux collines Où se font les doux larcins?

Les vagues napolitaines,

Les fontaines Qui tombent dans les bassins ?

Entends- tu ]j^ douce brise

Qui se brise Dans les jasmins espagnols.

Dans les myrtes de nos îles,

Doux asiles Où chantent les rossignols?

Ah! toutes ces harmonies Sont unies ;

Elles parleront demain A la vierge de la veille

Qui s'éveille Voilant ses yeux de sa main.

Demain, ileurs des Hespérides,

Monts arides, Ciel d*azur, golfe enchanté, Tu les verras reparaître,

Et pour être Le cadre de ta beauté.

Dans cette nuit amoureuse

Sois heureuse ; Aux bras de ton jeune amant.

Jouis de rheure présente

Séduisante :

Car l'heure à venir nous ment.

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