I.R GRMK
Attends, tu le sauras ; écoute D'abord... Qui t'a permis de t'arrêter en route ;
D'engloolir au néant un siéde toot entier ; De déserter enfin é midi ton chantier?
J*ai don té, j'ai fléchi ; si Dieu fait on prodige. Je me relèverai...
LE GÉMIE
Reléve-toi, tedis-je!
Et suis-moi, car je veux exhumer à tes jeux Tout ce qu'ont fait de gprand les siècles, tes aîenx, Non dans l'histoire écrite, où la lettre qui tue Montre le piédestal et cache la statue ; Non dans un livre étroit, où le lecteur bénin Voit passer un géant sous la forme d un nain ; — Mais tu verras sortir de leurs antiques fosses
L'Egypte avec ses rois, ses dieux et ses colosses, Vivante et jeune, ayant sous ses mille oasis Les chantiers de l'artiste et les autels d'isis ; — Puis Athènes, non pas cette ville expirée Sous le bec du croissant au sable du Pirée ; Mais celle que Minerve honora de son nom.
Celle que Phidias ceignit du Parthénon Gomme reine des arts, quand du haut promontoire Sunium sur la lyre entonnait son histoire ; — Puis Rome avec ses dieux, ses pontifes, ses rois, Ses monuments scellés par la louve ou la croix ; Son Forum, beau jardin tout semé de portiques, Où dans l'ombre passaient les triomphes antiques;
Enfin son Vatican, où le travail des arts
A su rendre aux chrétiens la Rome des Césars.
Homme de peu de foi, viens, relève la tète!
La résurrection de tout ce monde est prête ;
Le voile du passé va déchirer ses plis ;
Viens, et quand tu verras quels travaux accomplis.
Quels torrents de sueur ont illustré ces âges.
Tu voudras prendre encore un nom parmi les sages,
Et me donner aussi, ranimant tes efforts.
Un grand siècle, héritier de ces grands siècles morts.
l'homme, se levant
11 est donc des conseils qui rendent le courage, Des rayons ranimant les fleurs après Torage ! La force me revient au son de cette voix :
Oui, viens les exhumer, ces choses d'autrefois. De mon sommeil si lourd puisque tu me réveilles, Je te suivrai partout ; montre-moi ces merveilles Dont rhistoire nous parle et qu'on ne voit jamais. Car nul livre ne peut atteindre à leurs sommets. Si tu me fais toucher du doigt, dans mon voyage, Ces travaux de granit, merveilles d'un autre âge, Si, par ton sceptre d'or, tu tires du néant, Sur le Tibre et le Nil, tout un peuple géant. Tu tires du tombeau les œuvres immortelles Qu'Athènes vit éclore aux mains de Praxitèles ; Avec leur auréole, oui, si tu me les rends.
Ces peuples autrefois civilisés et grands, Je sens qu'on doit revivre au souffle de leurs âmes. Que je retremperai ma force dans leurs flammes,
Et que je puis, avec ce noble souvenir, D'un sublime passé faire mon avenir !