A LA SOURCE D'EAU SALÉE
D*où peux-lu donc venir, ô source d'eau salée,
Qui tombes dans le flot amer?
Cette terre est de pleurs une triste vallée ;
La terre pleure dans la mer.
Elle pleure, et, semblable à ces amantes Hères Qui veulent cacher leurs douleurs
Et voilent de leurs mains les humides paupières, Ces brillantes sources de pleurs,
Elle a trouvé bien loin, à Técart de la foule. Un lieu secret qu'on ne peut voir.
Un coin mystérieux où chaque larme coule Dans un immense réservoir.
Puis elle a revêtu sa somptueuse robe D'écarlate aux reflets ardents,
Panire de gaité, beau voile qui déroba Les amertumes du dedans.
Elle a m^ à son front, que tant d*azur décore. Une aigrette de pins joyeux,
Ondoyant éventail qui rafraîchit encore L'ardente rougeur de ses yeux.
Et de Faube à la nuit et de la nuit à Taube,
Ce roc, sensible monument, Confident des douleurs qui désolent ce globe,
Doit pleurer éternellement.