‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 96 sur 103 · A LA SOURCE D'EAU SALÉE · texte numérisé non relu

A LA SOURCE D'EAU SALÉE

D*où peux-lu donc venir, ô source d'eau salée,

Qui tombes dans le flot amer?

Cette terre est de pleurs une triste vallée ;

La terre pleure dans la mer.

Elle pleure, et, semblable à ces amantes Hères Qui veulent cacher leurs douleurs

Et voilent de leurs mains les humides paupières, Ces brillantes sources de pleurs,

Elle a trouvé bien loin, à Técart de la foule. Un lieu secret qu'on ne peut voir.

Un coin mystérieux où chaque larme coule Dans un immense réservoir.

Puis elle a revêtu sa somptueuse robe D'écarlate aux reflets ardents,

Panire de gaité, beau voile qui déroba Les amertumes du dedans.

Elle a m^ à son front, que tant d*azur décore. Une aigrette de pins joyeux,

Ondoyant éventail qui rafraîchit encore L'ardente rougeur de ses yeux.

Et de Faube à la nuit et de la nuit à Taube,

Ce roc, sensible monument, Confident des douleurs qui désolent ce globe,

Doit pleurer éternellement.

Page 1