A TORQUATO TASSO
A Saint-Onuphre, prés du tombeau de saint Pierre, Une pieuse main a décoré le tien ; G*est là que bien souvent, les pleurs sous la paupière, Avec ton ombre j*ai savouré Tent retien.
Que de fois je t'ai dit : poète sublime, frère de Virgile, Italien latin.
Toi qui sus retrouver la harpe de Solime Et l'hymne de Sion sur le mont Palatin ;
Poète noble et grand, dont l'âme fut blessée. Et qui chantas, pour nous, Télendard de la croix, Godefroy de Bouillon et la sainte Odyssée, Et ce camp des croisés commandés par vingt rois;
Le mont où s*accomp1it un céleste mystère, Le jardin tout baigné des pleurs d'un saint amour. Et Véglise où l'on voit le sombre sanctuaire Dont les croisés parlaient en pleurant au retour.
Poète de foi pure et de vive croyance, Quels furent pour tes chants ta vie et ton destin? Dis-nous que t'ont produit tes hymnes de vaillance, Quels princes t'ont admis a leur royal festin ?
Toi, le chantre des lieux témoins d'un saint prodige, Tu promenas partout un amour sans espoir, Des Alpes à l'Arno, du vieux Tibre à TAdige, Lieux si doux à connaître et si doux à revoir;
Et cet amour brûlant d'une flamme éternelle.
Où les siècles ont mis leur grave majesté.
Ne trouva devant lui qu'une femme rebelle Mesurant sa noblesse avec ta sainteté !
TRiNiTÉ DU POETE
Fleurs qu'adore La beauté.
Ciel que dore La gaîté.
Hors la ville, Frais asile, Mer tranquille:
C'est l'été !
Lune pleine, Mer qui luit.
Tiède haleine Qui la suit.
Sous la treille, Douce veille, Sans pareille :
C'est la nuit !
Feu qui dore Tout séjour, Et dévore Chaque jour, Deuil et fêle, Dans la tête Du poète :
C'est Tamour !