‹ Mélodies poétiquesChapitre 26 sur 122 · A ZOILE · texte numérisé non relu

A ZOILE

CUA>'T d'un GARDIE.> DU SÉRAIL

Mouna» chère au sultan, Todalisque choisie, La fleur du lac Néhoul, la perle de TAsie, Vient de sortir du bain, les cheveux ondoyants; D'aloés et d*iris ma main Ta parfumée Avec un saint respect ; elle est la bien-aimée D'Achmin, commandeur des croyants !

Mais à quoi pense donc ce fils du grand prophète? Gomment peut-on aimer une femme ainsi faite?

Son pied est si petit, que ma main le voilait. Elle a de grands yeux noirs, une longue paupière. Un cou de cygne, un sein aussi dur que la pierre. Un corps aussi blanc que le lait.

Elle est affreuse à voir ! Aussi, quand je dénoue Ses cheveux qui s*en vont ruisseler sur sa joue, Et les agrafes d*or de ses voiles soyeux.

Quand elle est nue et que sa jambe délicate Divise Teau qui fume aux baignoires d*agate, '' De dégoût je ferme les yeux !

Je les ferme encor plus quand, sortant des baignoires. Elle tord dansées mains ses longues tresses noires. Et, le corps embaumé du doux parfum des eaux. Elle va s'incliner à la fenêtre ouverte Pour entendre, à Tabri de la persienne verte, Le chant matinal des oiseaux.

Puis je suis condamné, pauvre esclave tartare. Pour servir son caprice, à prendre une guitare, A tirer quelques sons de mes doigts complaisants. La danse est son bonheur de fille, elle en raffole ! Et je vois s'agiter , dans sa nudité folle, Tout son ivoire de quinze ans !

Quel métier ! et que Thomme est fou quand il se livre A ces amusements si vains, au lieu de vivre Sans femme et sans amour, comme nous vivons, nous ! Oh ! nous sommes trop fiers dans notre indépendance Pour couvrir de baisers une folle qui danse Et pour l'adorer à genoux !

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