‹ Mélodies poétiquesChapitre 27 sur 122 · UNE VEILLE DE FÊTE · texte numérisé non relu

UNE VEILLE DE FÊTE

A MADEMOISELLE C. G

J'ai choisi les fleurs les plus belles Pour vous les présenter demain ; Le croirez-vous? pas une d'elles.

Au marché, n'a tenté ma main.

J*ai vu la fleur que rien n'égale, Le lis des reines et des rois.

Et la rose que le Bengale Réchauffe pour les pays froids;

Les fleurs qui naissent prés du Gange, Et que le soleil cultiva Pour la lèvre et les yeux d'un ange Ou pour les pieds de mon Héva ;

f»8 MELODIES.

I^e lavantera de Gythére»

Fleur d*argeDt aux clochettes d'or, Que la sultane avec mystère Oflre aux émirs de Bengadar;

Les fleurs à tige aristocrate.

Rose de Chine et dahlia « ' Mêlant à la teinte écarlate L*ivoire du magnolia.

Ces fleurs que la grâce décore.

Hélas! on Ta dit Lien souvent, Attendez quelques jours encore, 11 faut jeter leur cendre au vent.

Et, lorsqu'elles tombent fanées, Il semble, en voyant leur pâleur, Que l'amour qui les a données Va se flétrir comme la fleur.

Mais ces vers, qu'un rayon de flamme Sur celte page gravera, Rayons du cœur et fleurs de l'âme, Jamais rien ne les fanera.

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