ODE
En quelque endroit où Dieu le place, L*homme est un larmoyant bouffon ; Aucun chapitre ne le classe Dans les ménages de Buffon.
De tous les habitants de Tarche, C'est le seul aujourd'hui qui marche Sur deux pieds sans ailes d'oiseau, Seul qui pleure au sein de sa mère, Et qui, dans la vieillesse amére, Chemine à Taide d*un roseau.
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Puis, il a d'autres privilèges.
Quand sa vie est à son matin,
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186 MKLODIES.
11 va sur les baucs des collégos Pour ne pas savoir le lalin ; Il passe des auteurs antiques Aux calculs des mathématiques ; 11 déjeune avec du pain sec, Et, sur une chaire pédante, • Il voit Virgile, Horace et Dante, Qui semblent tous lui parler gret*.
Âpres dix ans de servitude, Il sort, un accessit aux mains, Courbé par Tissot et Tétude, Raillant les Grecs et les Romains.
Son père lui dit : — « Tu dois cln.' Avocat, médecin ou prêtre :
Choisis des trois, il en est temps ; Voyons, mon fils, que veux-tu faire?
Le fils répond : — « Moi, je préfère Me promener jusqu'à vingt ans. »
En effet, le fils se proQiène, En souvenir des doux jeudis ; Il en met sept dans la semaine :
Il a trouvé le paradis.
Le jour, il arpente la ville; Le soir, il sifile un vaudeville, Ou, dans un café babillard.
Fume avec des amis intimes Un cigare à trente centimes En carambolant au billard.
Sduvent (voilons bien celte chose) Une Aspasie aux cheveux noirs, Cachant Fépingle sous la rose, L'appelle dans Tombredes soirs.
Il accourt, beau d'étourderie, El, pour sa lecture chérie, Dés ce jour, il n*a qu'un auteur :
11 n'a que la brochure unique , Cours de morale hygiénique, OSuvre de Boyveau-Laffeclcur î
Un soir, dans une comédie.
Au théâtre, il voit un cousin
Lancé dans une intrigue ourdie
Avec la femme du voisin.
Pour cet innocent badinage,
Il cherche dans son voisinage
Un ami d'enfance et de cœur ;
Sa femme est jeune, blonde et belle ;
Longtemps il la trouve rebelle,
Puis l'heure spnne. il est vainqueur.
Mais, pour payer à la patrie La dette qu'on paye à trente ans.
Il prend des mœurs et se marie, Lassé des amours inconstants.
Cela marche bien deux années...
Après tant d'heures fortunées.
Ce gendre, ayant un peu grossi, Se brouille avec sa belle-mére,
Qui, dans une tristesse amére, Voudrait être sa fille aussi.
Dés ce jour, la querelle abonde
Dans la nuptiale maison,
Un éternel tonnerre gronde, ^
L'azur déserte l'iiorizon.
Au sein d'une oasis voisine, .
Le mari cherche une cousine
Pour lui confier ses douleurs ;
Et TAriadne délaissée
Cherche déjà dans sa pensée
Le Bacchus qui sèche les pleurs.
Alors le mari devient grave ;
Il écrit de nombreux essais
Sur le sucre de betterave
Ou les cachemires français.
Parfois, il se fait antiquaire,
Ou d'une caisse hypothécaire
Il devient agent principal,
Et, de ses électeurs l'idole, j
Promet à son front Tauréole
Du conseiller municipal. (