SOUVENIR DE LONDRES
A Lomdrës, j'habitais une petite rue (King's William street Strand), qui n'était parcourue Que par un vieux passant habillé de papier, Lequel portait au dos l'enseigne dlun drapier. Quand je rentrais chez moi, j'allais à la fenêtre, Et toujours ce passant se faisait reconnaître. Avec sou uniforme et son enseigne au dos, Prospectus ambulant, placard de chair et d'os. Eh bien ! quand cette ville immense et souveraine' Frappe mon souvenir dans sa pompe de reine.
Je ne sais trop pourquoi dans un coin, à l'écart, Je vois toujours cet homme habillé d'un placard.
A GÉRARD DE NKRVAL
Voici le printemps, poêle, Penseur, voici le printemps ; Chaque jour est une fête ; Le waggon dit : « Je t'attends ! »
Le doux printemps te délivre De la prison des hivers ; ËnQn nous allons revivre :
Les eaux et Tarbre sont verts !
Tu vas, selon ton usage, Revoir autour de Paris Le liameau. le paysage, Le vallon que tu chéris.
Quelle artiste la nature !
Que son paysage est vrai !
Rien ne vaut, dans la peinture.
Meudon ou Ville-d'Avrav !
Le matin, quand la roséo Le couvre de diamants, Gomme il est beau, ce mus('>e Rempli de tableaux charmants !
Plus beau je le trouve encore Encadré d*azur serein, Lorsque le soleil le dore Bien mieux que Claude Lorrain :
Encore plus beau peut-être Lorsqu'un nuage vermeil, Mieux que Corot, ce grand maître, Peint un coucher de soleil !
Voyager est ton envie,
Rien n'arrête ton élan ;
Tu recommences ta vie
Tous les vingt mars, comme Tan,
SI dans ta bourse For sonne, A toi-même souriant,
Tu ne dis rien à personne, Et tu pars pour l'Orient.
Mais, si tu n'as dans ta poche Que la bourse de 6ias« Alors tu vas au plus proche Voir les arbres de Diaz.
Les zones les plus lointaines, Tu les trouves prés d'ici, Le détroit de Morfontaines, Le cap de Montmorency ;
Le frais archipel d'Asniéres; Où sur la grève et les flots On voit hisser les bannières D'hydrophobes matelots :
Là, les vainqueurs des régates Gagnent les prix décennaux, Avec d'agiles frégates Grandes comme des canots.
Qu'importe, pourvu qu'on marche Au mois du gui de Tan neuf, Qu'un fleuve coule sous Tarche D'un pont vieux ou d'un pont neuf!
Marcher est chose si douce, Dans la campagne, au hasard.
Sans regretter sur la mousse 1/asphalte du boulevard.
Après rhiver qui nous cloue * Au coin d*un salon bien noir, Entre la neige et la boue Qui décorent le trottoir.
Oui, ta sagesse est profonde; Pars sur les sillons fleuris :
.Tout ce qu'on voit dans le monde Est aux portes de Paris.