FABLE
Un jour, la canne en main, se promenail aux champs
Une orgueilleuse betterave ;
Elle avait une mine grave, Et contre les colons lançait des traits méchants, Lorsque, pour réclamer une part de son lucre, Dans le même sentier survint la canne à sucre, Roide comme un bambou, secouant dans les airs
Les feuilles de sa chevelure.
Riante et vive en son allure.
Mais dans son cœur si doux cachant des soins amers.
— Que viens-tu faire ici, vile plante exotique?
Dit la betterave en courroux ;
Va déposer ton sucre roux Sur les écueils lointains de la mer atlantique;