‹ Mélodies poétiquesChapitre 95 sur 122 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Un jour, la canne en main, se promenail aux champs

Une orgueilleuse betterave ;

Elle avait une mine grave, Et contre les colons lançait des traits méchants, Lorsque, pour réclamer une part de son lucre, Dans le même sentier survint la canne à sucre, Roide comme un bambou, secouant dans les airs

Les feuilles de sa chevelure.

Riante et vive en son allure.

Mais dans son cœur si doux cachant des soins amers.

— Que viens-tu faire ici, vile plante exotique?

Dit la betterave en courroux ;

Va déposer ton sucre roux Sur les écueils lointains de la mer atlantique;

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