‹ MélusineChapitre 108 sur 235 · LE GRAND-AU VERNE, LOIRE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

LE GRAND-AU VERNE, LOIRE-INFÉRIEURE

Des hommes et des femmes, alternés, se tiennent par la main et forment la ronde.

Un homme , ou plus souvent une femme , conduit la danse en chantant les paroles suivantes que tout le monde répète en chœur :

Je cra que j'aim'rai ben c'ti-ci (bis) :

Il est ben grand et ma aussi (bis);

Mais i n'est point quemôde , J'en aimerais mieu un aute.

J'vous quitte la main, j'vous di adieu Je m'en vas dans un autre lieu.

En chantant ces deux derniers vers , toutes les danseuses avancent d'un rang vers la droite en lâchant la main de leur danseur pour la donner au suivant.

La chanteuse recommence ainsi indéfiniment , en variant seulement le second vers pour y placer un qualificatif qui convienne au danseur auquel elle s'adresse : il est ben beau, ben jeune, ben riche, etc. Quelquefois, elle hasardera une malice, il est ben grou (gros), ben lourd, ben sot, qu'elle se fait pardonner par l'obligation dans laquelle elle est de finir le vers par les mots : et ma aussi; mais la malice n'en va pas moins juste à son adresse. C'est l'à-propos dans le choix des épithètes , qui constitue tout le mérite de la chanteuse et qui , en lui permettant de développer toutes les ressources de son esprit , entretient l'entrain et le rire bruyant des danseurs. L. B.

Page 1