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LES AVENTURES D'UN PETIT GARÇON

CONTE DE L'AMIÉNOIS (l).

Un seigneur envoya un jour son intendant chez de pauvres gens pour leur réclamer de l'argent qu'ils lui devaient. Un petit garçon qui gardait la maison , entendant le pas d'un cheval se montra à une petite fenêtre.

— Bonjour, petit.

— Bonjour, la moitié d'un homme et la tête d'un cheval.

— Où est ta mère?

— Elle est allée à la chasse , tout ce qu'elle tue elle le laisse et tout ce qu'elle ne tue pas elle le rapporte.

— Et ton père?

— Il est parti faire un trou pour en boucher deux autres.

— Je ne te comprends pas. Pourrais-tu me dire ce que fais ta sœur aînée?

— Elle est partie pleurer ses plaisirs du temps passé.

— Et ta jeune sœur?

— Elle fait cuire des allant et venant.

— Je ne comprends rien à tout ce que tu me dis, je vais en causer à mon maître. Adieu.

L'intendant rapporta cette conversation au seigneur et tous deux cherchèrent ensemble à se rendre compte de ce que pouvaient signifier ces étranges paroles. A la fin, n'y pouvant parvenir, le seigneur ordonna à son intendant d'aller trouver de nouveau l'enfant et de lui dire que ses parents seraient libérés de leur dette , s'il pouvait expliquer ses paroles.

C'est bien facile, dit le petit garçon à l'intendant. Ma mère est allée au bout du jardin faire la chasse aux

(!) Il est facile de voir qu'il y a , dans les Aventures d'un petit Garçon , deux contes soudés ensemble , dans l'un il s'agit d'un petit garçon espiègle, dans l'autre d'un petit garçon idiot.

poux de mon petit frère. Elle laisse ceux qu'elle tue, et rapporte ceux qu'elle ne peut trouver.

Mon père est allé emprunter cent francs à un voisin pour payer deux autres personnes à qui il doit de l'argent.

Ma sœur aînée est allée au cimetière pleurer son fiancé qui est mort. Elle pleure donc ses plaisirs du temps passé.

Ma jeune sœur fait cuire des pois qui montent et descendent dans la marmite.

— Très-bien, je suis satisfait de tes explications. Tu diras à tes parents que je leur remets leur dette. Ah ! j'y pense, tu as oublié de me dire pourquoi tu m'avais appelé moitié d'un homme et tête de cheval..

— C'est bien simple. Par la petite fenêtre entr'ouverte je ne voyais que la tête de votre cheval et la moitié de votre corps.

Quelques jours après, ce même petit garçon fut chargé de mettre le persil dans le bouillon et d'aller ensuite faire paître la vache. Resté seul , il prit le chien qui s'appelait Persil et le mit de force dans la marmite. « C'est égal , se disait-il , à part lui , nous aurons ce soir du fameux bouillon. » Puis il pensa à faire paître la vache; il y avait justement sur le toit de chaume de la maison, une magnifique touffe d'herbe; « c'est dommage , dit-il , de la laisser perdre ; mais comment faire pour que la vache aille la manger là-haut? »

Après avoir bien réfléchi , il ne trouva rien de mieux que de couper la tête de la vache qu'il hissa auprès de l'herbe.

Je vous laisse à penser comme ses parents , quand ils rentrèrent, se montrèrent satisfaits de l'ouvrage qu'il avait fait pendant la journée !

Le lendemain, la bonne femme envoya son fils au marché pour y vendre un cochon et un coq ; elle lui recommanda à plusieurs reprises de vendre le cochon trente francs et le coq trente sous. Arrivé au marché, notre jeune étourdi se trompa; il vendit son cochon trente sous et rapporta à la maison le coq pour lequel personne naturellement ne voulut donner trente francs.

Il reçut une volée de coups de bâtons pour sa bêtise.

Le jour suivant, la mère et le fils se mirent en route pour aller vendre la peau de la vache. Au bout d'une heure de marche, ils aperçurent, venant de leur côté, une troupe de bandits ; effrayés , la mère et le fils grimpèrent sur un chêne, tirant la peau derrière eux. Les bandits vinrent s'asseoir justement sous cet arbre et commencèrent le partage d'un sac plein d'or. En ce moment l'enfant , perché sur l'arbre , laissa tomber la peau, et la troupe des voleurs, se croyant surprise, s'enfuit et se dispersa. La mère descendit de l'arbre, ainsi que son fils , et tous deux ramassèrent l'or à poignées.

Conté en mars 1877, par Amédée Debart , âgé de 52 ans, à Warloy-Baillon (Somme).

Henry Garnoy.

LES ANCIENNES COIFFURES DU DÉPARTEMENT DE L'EURE". (2c Série.

1. Reaumont-le-Roger, Harcourt, Brionne, Fontaine-la-Forêt et la Rivière-Thibouville. — 2. Beuzeville, Epaignes, Corneilles-Lieuray, Saint-Georges et le Liévin. — 3. Costume de deuil du Roumois et du Liévin. — 4. Quillebœuf. — 5. Louviers , Pont-de-1'Arche , Gaillon , Aml'reville et la campagne de Neubourg.

(D'après les dessins originaux publiés par Philippe en 1834..)

DICTIONNAIRE DES NOMS

DONNÉS AUX HABITANTS DES DIVERSES LOCALITÉS DE LA FRANCE

(Suite.)

Corrézien (') , de la Corrèze, département. « Le patois est rapide , animé dans la bouche du Corrézien. » (Le Limousin, par Em. de la Bédollière.)

Corse, de la Corse, département. « Le Corse est de taille moyenne , bien fait , alerte , vigoureux. » ( Géogr. universelle, par Malte Brun.)

Cortinais, de Corté, ch.-l. d'arrt, dép* de la Corse. « Les Cortinais et les Cortinaises n'ont pas dégénéré de leurs aïeux. » (X. Feyrnet, dans V Illustration,

t. XLII.)

Cosnois.de Gosne, ch.-l. d'an', dép1 de la Nièvre. « Les Cosnois ne manquent ni de prévenance ni d'affabilité envers les étrangers. » (La Loire historique, par Touchard-Lafosse. )

Cotentinois, du Cotentin, pays dans le dép1 de la Manche. « Les fils deTancrèdede Hauteville, en leur qualité de Cotentinois, voulurent contribuer à l'achèvement de la décoration de la cathédrale de Coutances. » (Coûtâmes, par Aug. Chevallier.)

Coudrion, du Gobddray, c™, c°" et air* de Chartres, dép1 d'Eure-et-Loir.

Courvillain , de Courville, ch.-l. de c<>n, arrt de Chartres, dép1 d'Eure-et-Loir.

Coutançais, de Coutânces, ch.-l. d'arrt, dépt de la Manche. « Vos frères Coutançais viennent vous donner l'assurance qu'ils seraient fiers de répondre à votre appel. » (Adresse de la garde nationale de Coutânces a la garde nationale de Rouen. )

Craonnais(2), de Craon, ch.-l. de c™, arrt de Chàteau-Gontier, dép1 de la Mayenne. « La charcuterie

(i) Corrèze, ch.-l. de c™, arr1 de Tulle (Corrèze).

(2) Craon, cne, c°" de Moncontour, arr1 de Loudun (Ariége).

de Paris place en première ligne la race craonnaise. » (E. de Dampierre, Porc.)

Creusois , de la Creuse , département. « C'est à Grandpré que le bataillon des Creusois et des Auvergnats mêlés devait faire ses premières armes. » (Fr, Buchamor, par Alf. Assolant.)

Criquetotois (t) , de Criquetot-Lesneval, ch.-l. de c°n, arr1 du Havre, dépt de la Seine -Inférieure. « Les Criquetotois ne doubtèrent pas que leur requeste ne fust finalement accueillie. » (Magasin pitt., 1876.)

Croisicais, du Croisic, ch.-l. de con, arrt de Saint- Nazaire , dépt de la Loire-Inférieure. « Les Croisicais furent des premiers à se livrer à la pêche de la morue. » (Notes sur le Croisic, par Caillo jeune).

Ougandais , de Cugand , clie, con de Montaigu , arrt de la Roche-sur-Yon , dépt de la Vendée.

Cusagais, de Cubzac, cne, con de Saint-André-de-Cubzac, arr* de Bordeaux, dépt de la Gironde.

Dangeotin (2) , de Dangeau, cne, con de Brou, arr1 de Châteaudun, dépt d'Eure-et-Loir.

Daoulasien, de Daoulas, ch.-l. de c0", arr* de Brest, dép1 du Finistère. (Daoulas et son abbaye, par P. Levot. )

Dauphinois, du Dauphiné, ancienne province. «La pogne est en automne le régal favori des Dauphinois ou plutôt des Dauphinoises. » (Excursions dans le Dauphiné, par Ad. Joanne). On trouve aussi la forme delphinal, mais rarement appliquée aux habitants. « Notes inédites de Villars sur quelques botanistes

I1) Les habitants de trois autres communes du département de la Seine-Inférieure portent le même nom : Criquetot-le-Mauconduit, con de Valmont, et Criquetot-sur-Ouville, con d'Yerville, arr' d'Yvetôt; — Criquetot -sur-Longueville, c°" de Longueville, arr1 de Dieppe.

(2) Un grand nombre de communes du département d'Eure-et- Loir ont adopté la terminaison en otin pour désigner leurs habitants. Nous citerons encore entre autres Iîailleau-l'Evèque, cne du c°" et de l'arr1 de Chartres , dont les habitants portent le nom de Baillotins. On les appelle aussi quelquefois Baillolais, mais ce dernier nom est beaucoup moins usité : « La Balllolaise, société d'assurances mutuelles contre la mortalité des bestiaux. »

dauphinois. Lecture faite à l'Académie delphinale, par Antonio Macé. »

Decizois , de Decize, ch.-l. de con, arr' de Nevers, dép* de la Nièvre. « La plume n'ose retracer tous les raffinements de cruauté qui s'exercèrent sur les malheureux Decizois. » (Le Nivernois, par Morellet. )

Déolois, de Déols, cne, con et arr1 de Châteauroux, dép1 de l'Indre. (Journal illustré, 1869.)

Dieppois, de Dieppe, ch.-l. d'arr', dép1 de la Seine- Inférieure. « Les Dieppois étaient, il y a cent ans, les plus expérimentés pilotes et les plus habiles et hardis navigateurs de l'Europe. » (Le Normand, par Em. de la Bédollière. )

Dignois, de Digne, ch.-l. du dép1 des Basses-Alpes. « Le commerce des Dignois se borne à la vente des prunes qu'ils récoltent sur leur territoire. » (Hist. des villes de France, par Ar. Guilbert. )

Dijonnais, de Dijon, ch.-l. du dép* de la Côte-d'Or. « En 1441 , les Dijonnais obtiennent de Philippe-le- Bon l'ordre d'arracher tout le long- de la côte les vignobles situés dans la plaine. » (Dick Moon en Franc, par Fr. Wey.)

Dinannais, de Dinan, ch.-l. d'air1, dép1 des Côtes-du- Nord. « On dit que les habitants de Saint - Malo éprouvent comme une répulsion instinctive pour les Dinannais. » (Hist. des villes de France, par Ar. Guilbert.) On trouve aussi Dinandois.

Dinardais, de Dinard, h., cne de Saint-Enogat, con de Pleurtuit, arr* de Saint-Malo, dép1 d'Ille-et-Vilaine.

Diois, de Die, ch.-l. d'arr1, dép1 de la Drôme. « Les Diois recommencèrent bientôt leurs entreprises contre le pouvoir épiscopal. » (Die, par Aug. Chevallier.)

Dolois, de Dol-de-Bretàgne, arr1 de Saint-Malo, dép' d'Ille-et-Vilaine. « Les violences de Jonkeneus II le firent chasser de la ville par les Dolois. » (Hist. des villes de France, par Ar. Guilbert.)

Dolois, de Dôle, ch.-l. d'arr1, dép1 du Jura.

« Evitons un malheur terrible; Aux Dolois il serait possible. »

(La ville de Dôle, par H. Eloy.)

Domfrontois (4), de Domfront, ch.-l. d'arr*, dép1 de l'Orne. « Martel, pressé par les Domfrontois d'accourir à leur secours, avait rassemblé ses forces. » (Mém. hist. sur Alençon, par Od. Desnos).

Dongeois, de Donges , cne, con et arr1 de Saint-Nazaire, dép1 de la Loire-Inférieure.

Donziois (2), de Donzy, ch.-l. de con, arr1 de Cosne, dép1 de la Nièvre. « Le Donziois pieux vous montre , en se signant, le coin de terre qu'imbiba le sang des onze martyrs. » (La Loire historique, par Touchard- Lafosse. )

Dorien(3), de la vallée de la Dore, dép1 du Puy-de- Dôme.

Douaisien, de Douai, ch.-l. d'arr*, dép* du Nord. « L'amour des lettres était généralement répandu

(') Domfront, cne, con de Maignelay, arr' deClermont (Oise). — Domfronï-en-Champagne, cn% con de Conlie, arr' du Mans ( Sarthe ).

(2) Donzy-le-Perthuis et Donzy-le-Royal , cne, con de Cluny, arr' de Mâcon (Saône-et-Loire).

(3) Le Mont-Dore, cne, c°n deRochefort, arr' de Clerraont- Ferrand (Puy-de-Dôme).

dans les hautes classes de la Société douaisienne. » ( Bibliographie douaisienne, par Duthillœul. ) Nous avons rencontré aussi la forme Douysien : « Les œuvres poétiques de Jean Loys, douysien, 1612. »

Doublaud, de la Double, pays dans le dép1 de la Dordogne. « Ribérac est le principal marché des Doublauds, ou gens de la Double. » (Géogr. universelle, par El. Reclus.)

Doullendinois , de Doullens, ch.-l. d'arr1, dép1 de la Somme.

Dourdanais, de Dourdan, clvl. de con, arr' de Rambouillet, dép' de Seine-et-Oise. « L'Hôtel-Dieu de Dourdan, dont le Dourdanais sait et apprécie les touchants services. » (Chroniques de Dourdan, par Jos. Guyot. )

Draguignanais, de Draguignan, ch.-l. du dép* duVar. « Les Draguignanais se prononcèrent contre Charles de Duras pour le comte-roi Louis II. » (Hist. des Villes de France, par Ar. Guilbert.) On trouve quelquefois Dracénien.

Drouais, de Dreux, ch.-l. d'arr', dép1 d'Eure-et-Loir. « Porte Drouaise , » à Chartres. « Les Druides, c'est le titre que les Drouais s'obstinent à prendre, quoiqu'en réalité il n'ait jamais appartenu qu'aux prêtres gaulois. » (Hist. de la ville de Dreux, par Mme Phil. Lemaître). Les habitants de Dreux prennent indifféremment le nom de Drouais et celui de Druide : nous avons également trouvé l'appellation de Dreuxien qui est certainement un barbarisme. « J'ai hésité si je devais répondre sur un sujet qu'on a voulu rendre comique dans la querelle des Champenois et des Dreuxiens. » (Mercure de France, 1728.)

Druyde, de Druy-Parigny, clie, con de Decize, arr1 de Nevers, dép* de la Nièvre. « La paroisse de Druy est dite des Druydes. » (Guy Coquille, Hist. du Nivernais.)

Duesmois, de Duesme-sur-Seine, cne, cotl d'Aignayle-Duc , arr1 de Châtillon-sur-Seine , dép1 de la Côted'Or.

Dunien, de Dun- sur-Meuse, ch.-l. de con, arr1 de Montmédy, dép1 de la Meuse. « Les territoires duniens sont différenciés des crêtes du Staduninse clans la formation crétacée. » (Hist. de Montmédy, par Jeantin.)

Dunkerquois, ds Dunkerque, ch.-l. d'arr', dép' du Nord. « Les Dunkerquois étaient de zélés catholiques. » (Dunkerque, par Ar. Guilbert.)

Dunois (J), de Chateaudun, ch.-l. d'arr1, dép1 d'Eureet-Loir. « Porte Danoise, » à Orléans.

Dunoison , du Dunois , pays du dép1 d'Eure-et-Loir. « Il y avait là des vignerons bas-percés du plat pays , côteà-côte avec des Beaucerons, métayers cossus. On y voyait des Percherons, villageois à tous crins, des Monldoublotiers , curieux à mal faire, et des Dunoisons, criards à plaisir. » (Mémoires de Mme de Créquy.)

Ebroïcien, d'EvREUX, ch.-l. du dép' de l'Eure. « Il serait difficile aux Ebroïciens de se dire calomniés à l'endroit de la piaffe. » (Blason popul. delà Normandie, par A. Canel.)

(!) Les habitants de six autres communes du nom de Dun ont la même appellation.

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