‹ MélusineChapitre 141 sur 235 · PAYS BASQUE ESPAGNOL (PROVINCE DE BISCAYE · texte numérisé non relu

PAYS BASQUE ESPAGNOL (PROVINCE DE BISCAYE

lies feux de la Saint-Jean.

Le 23 juin, au soir, veille de la fête, une bande d'enfants, munis de quelques paquets d'herbes sèches, se réunit sur la grande place et part de là pour allei faire les feux de la Saint-Jean.

Cet usage consiste à passer successivement dans tous les champs du village, en y répétant la cérémonie suivante :

On place , au milieu du champ , quelques poignées d'herbes; on y met le feu, et la bande joyeuse les regarde brûler en chantant :

San Juan ! San Juan !

Ez dot nik besterik gogoan !

Artuak eta garijak , gorde ! gorde !

Sorgirïak eta lapurrak , erre ! erre ! Ujuju !

San Juanera guas gu !

San Juanetik etorri eta , Merinjandia gertu daukagu !

TRADUCTION

Saint Jean ! Saint Jean !

Je n'ai d'espoir qu'en toi ! (' ) Nos maïs et nos froments, protége-les! protége-les! Les sorciers et les voleurs , brûle-les ! brûle-les ! Oh ! oh ! oh !

Allons à Saint Jean ! (2) En revenant de Saint Jean , Nous trouverons le dîner prêt !

Les herbes que l'on brûle dans ces feux de la Saint- Jean sont des plantes aromatiques : romerua, le romarin; ereuntza, le laurier; ispijana, la sauge; mejoronia, la marjolaine; asto perejila, le fenouil, etc. On les cueille un an d'avance, le jour même de la Saint- Jean , et on les ramasse au grenier jusqu'au 23 juin suivant.

Les Sérénades.

Quelques heures plus tard , lorsque la nuit est faite , des groupes de jeunes gens commencent à parcourir la campagne , en chantant des Zortzikos avec accompagnement d'un orchestre improvisé , composé de flûtes , de guitares et de tambours de basque.

De temps en temps , en passant devant la maison d'une nouvelle fiancée ou d'une jeune fille dont l'un des chanteurs veut attirer l'attention , la troupe s'arrête. On plante devant la porte une longue branche fraîchement écorcée , sauf la pointe où l'on a ménagé un bouquet de feuilles richement décoré , pour la circonstance , de fleurs et de rubans , et la sérénade commence.

Les maîtres de la maison accueillent toujours bien cette joyeuse manifestation. Souvent ils ouvrent aux chanteurs , les invitent à s'asseoir et leur servent des fruits et des rafraîchissements ; puis la bruyante jeunesse reprend sa promenade nocturne, qui se prolonge, quelquefois, jusqu'aux premières lueurs du jour.

lies croix de la Saint-Jean.

Le jour de la fête , en se rendant à la messe du matin , les chefs de famille coupent quelques branches d'aubépine. Ils pratiquent , dans la tige , avec la pointe du couteau , une fente longitudinale en forme de boutonnière , dans laquelle ils introduisent transversalement un petit morceau de bois long de quelques pouces , qui forme ainsi une croix avec la branche principale.

Le prêtre , pendant la messe , bénit ces rameaux que l'on rapporte à la maison pour les placer , extérieurement , aux deux côtés de la porte du logis ainsi qu'aux portes des écuries et des étables.

Léon Bureau.

ERRATUM. — Colonne 293, ligne 20, au lieu de couvée! lisez : Il couve! Le vers est elliptique; le sens me parait être : Kulcua mikua da ! Le coucou couve !

(!) Lût. Je n'ai pas d'autre dans la pensée. (2) A la chapelle de Saint-Jean.

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