Ei bist per un rastoul
Très peiches que s'agouludaboun ,
E un pijoun
Jouga dal bioouloun.
Fasio dansa un bol d'agassos
Que pourtaboun dé moustatchos.
Lé paouré passérat
Né risio coum'un fat.
Soun un paouc blagur,
Mé né soun paï mentur.
Traduction.
1. — J'ai vu un chat blanc Assis dans une voiture ; Il faisait le charlatan , Guérissait de la brûlure.
Le même petit plat ( contenant un onguent) Guérissait de la douleur.
Empressés comme un âne quand il recule,
Avalez cette pilule.
Je suis un peu blagueur,
Mais je ne suis pas menteur.
J'ai vu sur un roc
Une vache qui chantait,
Et dans un sabot
Un bœuf qui se cachait ,
Et sur un sapin
Un nid de lapins;
La mère qui les faisait manger,
Le père qui les caressait.
C'était le pic
Qui avait fait le nid.
J'ai vu dans un champ de chaume
Trois poissons qui se vautraient,
Et un pigeon
Jouer du violon;
Il faisait danser un vol de pies.
Qui portaient des moustaches ;
Le pauvre oiseau
En riait comme un fou.
Je suis un peu blagueur,
Mais je ne suis pas menteur.
lia Crabo é lé Loup.
Parodie de la Préface de la messe.
(sur l'air de la Préface.)
(CARCASSONNE
La crabo es su la mountagno é le loup al pé.
Lé loup i dits : Descendez , descendez !
La crabo y respoun : Je ne veux pas descendre , parce que tu me mangerais.
Lé loup i dits : Je ne mange pas de viande le vendredi ni le samedi.
La crabo es tan bestio quelle descendit.
Lé loup té l'ampougno per la garganto et t'i fa canta : missa est !
Les pastres ba'ntendéroun , se méttéroun les esclots , é cantéroun toutis ensemble : Lauda tibi , Ghriste !
Traduction.
La chèvre est sur la montagne et le loup au pied. — Le loup lui dit... — La chèvre lui répond... — La chèvre est si bête... Le loup te l'empoigne à la gorge et lui fait
chanter ! — Les bergers entendirent cela, ils mirent
leurs sabots , et ils chantèrent tous ensemble...
Litanies des jeunes Filles.
Sur la dernière page du livre de dépenses d'une blanchisseuse , l'un de nos confrères a trouvé une invocation dont nous pouvons garantir l'authenticité :
Kyrie, je voudrais.
Christe , être mariée.
Kyrie, je prie tous les saints.
Christe, que ce soit demain. Sainte Marie, tout le monde se marie.
Saint Joseph , que vous ai-je donc fait. Saint Nicolas, ne m'oubliez pas.
Saint Médéric, que j'aie un bon mari.
Saint Barthélémy, qu'il soit joli.
Saint Bruno , qu'il soit beau.
Saint Jean, qu'il m'aime tendrement.
Saint Brice , qu'il aime à rire.
Saint Michel , qu'il me soit fidèle.
Saint André, qu'il soit à mon gré.
Saint Honoré, qu'il n'aime pas à jouer. Saint Séverin, qu'il n'aime pas le vin. Saint Clément , qu'il soit diligent.
Saint Boniface, que mon mariage se fasse. Saint Augustin , dès demain.
{Bonhomme Normand, 10 août 1872.)
For mulet te scolaire de 1612.
Le plus ancien recueil de Noëls connu à Nantes est le manuscrit , en écriture gothique , de la Bibliothèque de la ville qui porte au frontispice la Vierge Marie , habillée en basse bretonne , et qui a pour titre :
Le présent papier de Noël Est et appartient A un jeusne homme, Lequel se nomme Par son nom Et surnom Guillaume Cabeldu.
Ceux ou celles qui le présent papier trouveront' Audit nommé le rendront
En payant le vin Le jour de feste de saint Martin.
Escrit du xxe de novembre an de Notre-Seigneur mil six cent douze, sub le sigillo meo.
Guillaume Cabeldu.
Le signataire est probablement quelque écolier du temps.
(Mellinet, De la Musique à Nantes, 1837.)
Formulette de la Semaine, de 1720.
Manière dont le Gascon nourrit sa famille pendant une semaine.
Dimanche, une esclanche, Lundi, froide et salade, Mardi, j'aime la grillade, Mercredi , hachée , Jeudi, bon pour la capillotade, Vendredi , point de gras ; Samedi, qu'on me casse les os, Et les chiens se crèveront Des restes de mon mouton.
Lettre de Prior à Swift, 4 mars 1720, citée dans les œuvres de Swift, édition Walter-Scolt , 182*, vol. XVI, p. 337.
Forraulette que l'on récite quand l'on épouille les enfants.
(paris.)
J'ai des poux dedans mou dos, Les capitain'en gros ,
Jo les prends, je les tortille,
Je les fais crever de rire;
Jo les mets sur un tonneau.... (sur le pouce.)
BIBLIOGRAPHIE
Cli. Ploix. L'Océan des anciens (Extrait de la Revue Archéologique). Paris, 1877, pet. in-8°.
M. Ch. Ploix à qui l'on doit déjà de remarquables études de mythologie grecque, publiées dans les Mémoires de la Société de Linguistique et dans la Revue de Linguistique, nous donne, ici, à la fois une analyse et une interprétation de la conception première de l'Océan. Il démontre d'abord, par des preuves concluantes, que l'Océan mythologique n'a rien de commun avec la mer, puisqu'il est, non pas de l'eau salée, mais un fleuve, père de Imites les rivières, de toutes les sources, de toutes les eaux potables. Mais comment les anciens étaient-ils arrivés à imaginer, autour de la terre, l'existence de cette vaste étendue d'eau douée? Jusqu'alors on n'avait pas rendu compte de l'origine de celle idée. M. P. en donne une explication très-vraisemblable. — C'est l'eau tombée des nuages qui entretient les sources et les cours d'eau. Or, ces nuages semblent se former à l'horizon. « 11 était donc naturel de supposer à l'horizon ( ou aux extrémités de la terre) un grand réservoir plein de liquide... Donc, autour de la terre, toute une ceinture liquide d'où sortaient les nuages. Les Grecs appelèrent Okeanos ce réservoir circulaire. »
M. P. explique par la même idée l'Achéloos des Grecs et l'espèce de mer qui porte dans le Rig-Véda de nom de samudra (eaux réunies). Il propose d'interpréter dans le même sens la Gangâ et la Sarasvati des hymnes védiques. Nous n'avons pas la compél nécessaire pour apprécier la valeur de cette dernière hypothèse; mais nous accorderons volontiers à M. P. que Poséidon et Neptune sont des variantes de la conception de l'Océan, qu'avant de devenir les dieux de la mer, l'élément liquide par excellence , ils ont été les dieux des nuages et de la pluie.
Nous ne pouvons que recommander vivement aux lecteurs de Mélusine cette intéressante brochure. P. D.
A. de Barthélémy. Le Dieu Taranis , 12 p. in-8°. (Extrait du Musée Archéologique). Paris, veuve Morel. 1877.
Ce nouveau travail de M. A. de B. complète un article publié par lui en 1870 dans la Revue Celtique, sur la Divinité gauloise assimilée à Dis Pater à l'époque Gallo - Romaine. M. de B. avait retrouvé cette divinité dans une série de statuettes dont notre gravure donne un spécimen conservé au musée de Beaunc. On y voit un Dieu barbu, à la tête olympienne, qui s'appuie sur un marteau à long manche.
M. de B. décrit aujourd'hui une statuette plus curii trouvée en 1866 à Vienne (Isère). Derrière la i' i une tige, terminée par un marteau d'où partent six rayons terminés eux-mêmes par de petits marteaux. Nou i nner, dans un de nos prochains numéros, la représentation de ce curieux monument.
On connaît la signification symbolique du marteau : c'est le tonnerre. Tel est le sens du marteau du Dieu germanique Thôrr; et c'est à cet ordre d'idées que se rattachent les croyances populaires encore vivantes sur les « pierres de tonnerre. » M. de B. en conclut, avec une vraisemblance voisine de la certitude ce nous semble,
Chartres. — Edouard Garnier, Imprimeur
que ces statuettes représentent le dieu gaulois Taranis dont le nom est en effet tiré du nom celtique du tonn
M. de B. émet une seconde hypol is celle -ri ne nous
parait pas encore prouver. Il pense que dans le sud -est de la Gaule le même Dieu aurail été confondu avec le Deus S.i
el son principal argument es! qu'on a trouvé à Saint- Gilles, près d'Arles, un autel dédié Dec Silvano, sur une deux laces duquel on voil un marteau dans lequel sont plantés trois
lits marteaux. Dans la même région, on a trouvé- eni d'autres autels à Sivain avec le même symbole. La rencontri
use, mais il faudrait savoir quel attribut de Silvanus a été la cause de cette i oilation.
Quoiqu'il en soil de ce point spécial, le travail du savant archéologue se recommande à l'attention des mythologues el nous ne pensons pas qu'on lui conteste l'ingénieuse restilution du mythe de Taranis. ]j. g.
Rad Iugoslavenske Akademije znanosti i umjetnosti, tome XXX-XXXV1II. Zagreb. 1877, librairie Lavoslav Hartmanm.
Le recueil de l'Académie des Slaves méridionaux ouverte en 18G7 à Agram (Croatie), va prochainement arrivera son quarantième volume. La collection renferme plus d'un travail de nature à iniéteurs. Nous signalerons seulement dans les deux derniers volumes deux mémoires fort importants. Dans le tome XXVII,
ce titre modeste : Matériaux pour la poésie populaire des Slaves, M. Jagich, professeur à l'Université de Berlin, a ri tous les documents qui conslatent l'existence de la poésie pi laire antérieurement aux temps modernes. La conclusion qui ressort de ce travail, c'est que les Slaves de religion catholique, les Tchèques, les Polonais, n'ont jamais eu de poésie épique comparable aux pesmas des Serbes, aux bylinas de la grande Russie, ou aux dumas de la petite Russie.
Dans le tome XXXVI11 un musicien distingué, M. Kuhacz-Koch, consacre une monographie détaillée à l'histoire de la musique populaire chez les Slaves méridionaux. Il étudie la vie et les procédés poétiques ou musicaux des Gu&lars, ces rhapsodes errants de la jougo-Slavie. Plusieurs figures exécutées avec beaucoup de soin reproduisenl les principaux types de la GirJa. On sait que cet instrument de musique a fourni à Mérimée le sujet d'une de ses prin-
!S mystifications littéraires (La GirJa ou choix de poésies
illyriques recueillies dans la Dalmatie, la Bosnie et autres pays
où l'auteur de Colomba n'avait jamais été. Ajoutons que le nom île Clara Gazul, dont Mérimée a publié le prétendu théâtre, n'était probablement qu'un anagramme de GirJa). M. Kuhacz-Koch a
avec la compétence qui lui est particulière un certain nombre de préludes recueillis par lui chez les Gu-Jars les plus habiles. Nous regrettons que le défaut d'espace ne nous permette pas d'en oduire quelques-uns. Nous savons d'ailleurs que le savant musicien un nombre considérable d'airs populaires Sud-Sl et qu'il a l'intention de les publier. Nous lui souhaitons le meilleur succès et nous le remercions des matériaux que nous fournil son intéressant travail. li complète heureusement celui de M. Jagich.
Louis Léger.
Kosovo. Serpske narodne piesme... Kosovo, chants populain > serbes, mis en ordre par Stoïan Xoyakovitch. Belgrade 1876, xm-44 pages. Imprimerie de l'État
Tous ceux qui 'occupent d ! : re populaire connaissent, ne
par les traductions île MM. ibeii Di on et
. :'n grand de ces poèmes ont
pour objet la bataille de où succomba l'i ;!e la
i. M. Novakovitch a eu l'idée de groupei ces chants
de façon à ri iée complète. L'arrangement
qu'il a ado] .Un essai de ce genre avait
ance il y a quelques années par le baron el' Avril.
Le Gérant, Eugè.ne ROLLAND.