‹ MélusineChapitre 172 sur 235 · X. Thiriat · texte numérisé non relu

X. Thiriat

(4 suivre.)

CHANSONS

lia Chanson «lu Laboureur*

La Chanson du Laboureur paraît avoir été très-populaire en Forez et en Velay. Bien des laboureurs, en traçant leur sillon, la redisent encore, mais il en est peu qui la savent en entier et qui la chantent en donnant aux couplets un ordre acceptable. C'est après avoir eu recours à plusieurs chanteurs que je puis présenter au lecteur une leçon assez complète et dont l'ordre n'a rien d'inadmissible.

Je regrette de ne pouvoir joindre la musique aux paroles. Les deux formes d'expression s'associent intimement et communiquent à ce chant un caractère d'une rustique grandeur.

Qui veut savoir la vie

Le jour de sa naissance

du pauvre laboureur, ne fut bien malheureux.

Qu'il pleuc (4), qu'il vente, qu'il neige, orage ou autre temps, On voit toujours sans cesse le laboureur aux champs.

Le pauvre laboureur S'est habillé en toile

est tout décourtisan (a) , comme un moulin à vent.

Faut faire des arsoulètes (3) de toile de métier

Pour empêcher la terre d'entrer dans vos souliers.

Le pauvre laboureur Les a mis à la charrue

n'ayant que deux enfants, à l'âge de dix ans.

Passant devant sa porte, ce gros riche sergent (4)

Il crie à haute tête : « Apportez mon argent ! »

Le pauvre laboureur est toujours mal prisé,

Quand se vient mettre à table est toujours le dernier.

Faut prendre patience , ô pauvre laboureur !

Si ta misère est grande c'est pour t'en faire honneur.

Y a pas ni roi , ni prince , ni prêtre , ni seigneur, Qui vivent sans la peine du pauvre laboureur !

Chanté à Fraisses (Forez), par Denis Giraud, Jacques Granjeasse et Jean-Marie Just.

ÉE

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