‹ MélusineChapitre 26 sur 235 · GATEAUX TRADITIONNELS · texte numérisé non relu

GATEAUX TRADITIONNELS

lies Cornics.

(Fête de saint Corentin.)

Les Cornics (en français, petites cornes) sont faits de farine de froment et de lait. On ne les fabrique, et, de mémoire d'homme, on ne les a jamais fabriqués que dans la paroisse de Guilers, canton de Pont-Croix , à cinq ou six lieues de Quimper. On ne les vend qu'une fois l'an, à la fête de saint Corentin qui a lieu aujourd'hui le dimanche qui suit le 12 décembre (J). Leur forme triangulaire rappelle celle d'un chapeau de prêtre. Ne serait-ce pas celui de saint Corentin ? Il y a probablement plus de mille ans qu'on fabrique ce gâteau qui , s'il n'est pas délicat , a du moins le mérite d'être

historique et fort original.

R.-F. Le Men.

(!) La fête de saint Corentin est accompagnée d'une foire. Cette foire, qui est aussi celle où se louent les domestiques, avait toujours lieu autrefois la veille ou le lendemain de la fête. Depuis une vingtaine d'années, elle est fixée par l'administration au troisième samedi de décembre.

Les Sorciers voleurs de beurre*

(Morbihan.)

C'est dans la journée du 1er niai que les sorciers ont le pouvoir de jeter des sorts sur le lait et sur le beurre et de se l'approprier d'une façon mystérieuse. Voici ce qu'on pratique dans les environs de Lorient pour se garantir de leurs maléfices. On commence par faire sortir les bestiaux de l'étable que l'on nettoie à fond , puis on va chercher des ronces, du laurier, du sureau, des morceaux de cuir, etc., que l'on fait brûler tout autour de l'étable dans des pots remplis d'avance de charbons allumés. On lixe ensuite aux murs un grand nombre de branches de sureau. Quand ces préparatifs sont terminés, on fait rentrer les vaches dans l'étable, à reculons, cérémonie qui doit empêcher les voleurs de beurre d'exécuter leurs larcins (1). — Ce n'est pas tout, il faut encore se procurer une ronce ayant une racine à chacune de ses extrémités , ( ce, qui , paraît-il , peut se trouver assez facilement) et la fixer sous forme de demicercle au-dessus de la porte de l'étable.

£<a mort du Roitelet,

(Berceuse.)

Traduction française.

L'autre jour, étant allé nie promener, Je pris un Roitelet. ■

Refrain. — Rourilaineu, tra la la!

Raranla , tra la la !

Étant pris, il était de bonne prise, Et on le mit à l'étable pour engraisser. ( Refrain.]

On le mit à l'étable pour engraisser, Puis on lit chercher le boucher, pour l'égorger.

Le boucher et ses aides Appelaient à leur secours, à tue tète;

Ils appelaient à leur secours, à tue-tête, Ne pouvant égorger le Roitelet.

Quatre charrettes neuves bien ferrées Sont allées porter ses plumes à Nantes;

Et encore il en resta à la maison (des plumes) Assez pour garnir quatre grands lits.

En m'en retournant de là (de Nantes) , Je vis beau jeu (2) :

Douze mouches qui battaient (sur l'aire), Et des cousins qui enlevaient la paille.

Le chat faisait le tour de l'aire, Suivi de dix-huit souris;

Dix-huit souris et un rat, Et pourtant le chat était plein de vie !

J'ai un arbre au pignon de ma maison, Et le Renard loge dessous ,

(') Cet usage de faire rentrer les vaches dans l'étable à reculons se rattache vraisemblablement à un épisode du mythe d'Hercule et de Cacas. Voir plus loin à la Bibliographie.

(2) C.-à-d. quelque chose d'extraordinaire.

Et le Renard loge dessous , Tantôt il y en a deux, tantôt il y en a trois.

Veille/, bien sur vos poulettes blanches, Car mon Renard a la tête légère ;

Veillez bien sur vos poulettes bleues , Car mon Renard est un gaillard;

Veillez bien sur vos poulettes rousses.

Car mon Renard est friand;

Veillez bien sur vos poulettes noires, Car mon Renard mord tout de suite!

(Chanté par Jeanne-Yvonne Le Maillot, de Plouguiel, près Tréguier, — la mère de Marguerile Philippe, ma conteuse et chanteuse ordinaire.)

F. M. LUZEL

Maro al liaouenauik*

(SONIK KAVEL.)

Texte Breton.

Ann deiz ail o vale oann bel, Eul Laouenan am boa tapet.

ASKAN. — Rourilaineu, tra la la!

Raralan , tra la la !

Pa oa tapet , tapet a oa , Oe laket er c'hraou da larda.

Oe laket er c'hraou da larda, Oe klasket kiger d'hen laza.

Ar e'higer hag lie vewelienn A grie forz vvar bouez ho fenn ;

A grie forz vvar bouez ho fenn , N'oant ket vvit laza '1 laouenenn.

Pevar c'har nevez houarnet 'Zo et d' gass lie blun d'ann Naonet;

Ha c'hoaz a oa chommet er gêr Da goucha pevar gwele kaér.

0 retorn ac'hane d'ar gêr, Me am boa gwelet c'hoari gaër :

Daouzek kêlienenn o torna , llag ar fubu o tiblouza ;

Ar c'hâz 'c'h ober ann dro d'al leur, Tric'houec'h logodenn euz lie c'heul ;

Tric'houec'h logodenn hag eUr ràz, Ha c'hoaz a oa buhez er c'hàz !

Me 'ni eus eur wezenn 'n penri ma zi Ha loj al louarn iiidan-hi ;

Ha loj al louarn indan-hi, ^

Cwez a ve daou, gwez a ve tri.

Diwallit ho polizi gwenn, Rag ma louarn 'zo skanv lie benn.

Diwallit ho polizi glaz, \\;\^ ma louarn a zo eur gwaz !

Diwallit ho polizi rouz, Rag ma louarn a zo litouz ;

Diwallit ho polizi du ,

Rag ma louarn a grog d'hoc'htu !

( Kanet gant Jeann Yvonn Ar Maillot, euz a Blouguiel, tosi da Landreger. |

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