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LA CHANSON DE RENAUD

(Vagney, Vosges.)

Le grand Renaud revient, de guerre, )

Entre ses bras tient ses boyaux; j

Sa mèr[e] qu'est sur sa chambre en haut )

Qui voit venir son fils Renaud. J

— Renaud, Renaud, réjouis-toi, \ Ta femme est accouchée d'un fils. J

— Ni de ma femme, ni de mon fils, Ni de la guerre, je m'en soucie.

Préparez-moi un lit

Que j'y sois bien à mon plaisir;

Tirez les rideaux par devant

Que ma femme n'en ait pas le vent.

Mais quand ce fut vers le minuit Que le grand Renaud rendit l'esprit, Toutes ses servantes ont soupiré Et sa bonne mère a pleuré.

— Oh ! dites-moi , mère , ma mie , Qu'est-ce que j'entends clouer ici ?

— Oh ! ce sont les processions Qui font le tour de nos maisons.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

— Oh ! dites-moi, mère, ma mie, Quel habit mettrai-je aujourd'hui ?

— Toute femme qui relève d'enfant Doit mettre le noir avec le blanc.

Mais quand elle fut parmi les champs, Les pâtureaux (*) allaient disant :

Voilà la femme Renaud le Grand Qui a l'air bien triste et dolent.

— Oh! dites-moi, mère, ma mie, Qu'est-ce que ces pâtureaux nous dienl ?

— Ils dient qu'il faut courir promptement

Sans s'arrêter un seul moment.

Quand elle fut à l'église entrée L'aspergés lui ont présenté.

— Oh ! voilà bien le beau tombeau Jamais je n'ai vu le plus beau.

— Oh ! mais il peut bien être beau , C'est celui de mon fils Renaud !

Renaud est mort et enterré ,

Je n'vous le saurais plus cacher.

— Puisque Renaud est mort ici, Je veux mourir dès aujourd'hui.

Tirez mes bagues et mes anneaux Nourrissez bien l'enfant Renaud.

Xavier TiiiniAT.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

bis.

Air de la Chanson de Renaud.

Andante

izz

Le grand Re . uaud

re .vient de

guerre,

En tre ses

zz

bras

lient ses boy

aux.

Sa mère qu'est sur.

pf

jZ

sa chambre en. haut, Qui voit ve

nir

son fils Ke > naud.

Dans le département de Seine-et-Oise une variante de cette chanson est chantée sur l'air suivant : Andante.

TT~r

Ah! quand Jeao Ke . uaud i •

re

viut.

Te - nant ses

bo

jd

. aux dans ses mains

Sa bou . ne

mer'

mi le.

voit ve

nir

lui

dit Ta fenim' est

ac

cou chée d'un fils!

(!) Les variantes de la Chanson «le Renaud sont nombreuses; celle-ci ressemble beaucoup à celles qu'on trouve dans Bujeaud, II,

213, et dans Ampère, Inst. relat. aux poés. pop., 1853, p. 37. ( ' ) Petits pâtres.

Note. — Ces deux airs sont dans un mode inusité aujourd'hui. Le coloris spécial qui les distingue, provient de la place occupée par le second demi-ton dans l'octave. Ce demi-ton, qu'on rencontre entre le cinquième degré et le sixième dans la gamme niinciue , se trouve ici placé entre le sixième degré et le septième. Il faut remarquer de plus qu'ici la note sensible (al diez-e) est absente. La présente échelle, semblable au phrygien antique par la composition des intervalles, en diffère en ce qu'elle est basée sur une Ionique , tandis que le mode phrygien était basé sur une dominante. Elle n'a point sou équivalent parmi les harmonies antiques; selon M. Gevaert, son usage n'a commencé à devenir fréquent que vers la lin du Moyen-Age. On la retrouve dans un assez grand nombre de chants populaires remontant à cette époque, et dans toutes les mélodies grégoriennes du premier mode avec si naturel. [MÉL.]

FORMULETTES

(Sens, Yonne.) Los enfants chantent en rond, quand la pluie menace.

Pleut , pleut , pleut ,

Mouille , mouille, C'est le temps de la grenouille ; La grenouille a fait son nid Dans l'étable de la brebis.

La brebis en est malade, Les agneaux en sont guéris.

(Sens, Yonne.)

Cache pied, Cache main; (Var. Cloche pied , Cloche main;) En revenant De Saint-Martin, J'ai rencontré Un p'tit lapin,

Je l'ai mis Dans mon sabot.

Il m'a dit Qu'il avait trop chaud ; Je l'ai mis Dans mon soulier, Il m'a dit Qu'il avait trop froid ; Je l'ai mis Dans mon gilet.

Il m'a dit Qu'il allait pisser. {Var. se sauver.)

(Sens, Yonne.)

Raisin, raisin A bon marché, Les quatre cent Pour un denier ;

C'est le ci

C'est le là,

Ma grand'mère

Nous y voilà.

(Sens, Yonne.)

Ronjour lundi, Comment va mardi ?

Très-bien, mercredi , Je viens d'ia part de jeudi

Dire à vendredi Qu'il s'apprête samedi Pour aller à la messe dimanche.

(Sens, Yonne; Seine-eï-Oise. )

Un, deux, trois La culotte en bas ; Quatre, cinq, six Levez la chemise ;

Sept, huit, neuf Tapez comme un bœuf; (Var. sur le bœuf) Dix, onze, douze J'ai (Var. il a) les fesses toutes rouges.

Paroles «l'élimination an Jeu.

(Pays messin).

Une pomme d'or Et faite en or ; Saint Pierre , saint Simon Gardez bien notre maison.

S'il y vient un pauvre Donnez-lui l'aumône ; S'il y vient un capucin Donnez-lui un verre de vin ; S'il y vient un larron Donnez-lui cent coups d'baton.

BIBLIOGRAPHIE

Tiiituat (Xavier). La vallée de Cleurie; statistique, topographie, histoire, mœurs et idiomes des communes du Syndicat de Saint-Amé, de Laforge, de Cleurie et de quelques localités voisines, canton de Remiremont (Vosges). Mirecourt, 1869, in-12 de 458 p. Les deux premières parties de cette intéressante monographie sont consacrées à l'hydrographie, à la météorologie, à l'histoire naturelle, à l'histoire et à l'administration de la vallée de Cleurie. La troisième partie nous intéresse particulièrement; nous y trouvons des chapitres intitulés : Costumes anciens et modernes, mariages, funérailles, pèlerinages, coutumes, veillées, superstitions, dictons populaires , empiriques , sorciers , sabbat. , dragons , loups-garous, etc. Le volume est terminé par une étude de la grammaire du patois du pays et par un vocabulaire. E. R.

Perron ( IV). Proverbes de la Franche-Comté. Besançon, 1876, in-S" de 152 p.

On trouve dans ce volume des proverbes en grand nombre ainsi classés : Proverbes astrologiques, proverbes dogmatiques. Un chapitre est consacré aux sobriquets de profession , un autre aux sobriquets géographiques de la Franche -Comté. Incidemment M. P. nous fait connaître beaucoup de superstitions et d'usages. — Voici quelques *-\t i-iii s de cel intéressai ouvrage :

Vent qui gèle Bise qui dégèle Et femme qui parle latin Ne causent qu'ennui et chagrin.

Arc-en-ciel du malin, Pluie sans fin ; Arc-en-ciel du soir, Il faut voir.

Quand on a une belle femme, on n'a pas de beaux cochons. — Pourquoi? — Parce (pie les cochons au lieu de manger s'amusent à la regarder.

Femme maligne et poule qui pond Font grand bruit à la maison.

Suisse, mangeons ton pain.

— Je n'ai pas faim.

— Mangeons le mien ;

— Je le veux bien ! U.ll^L (Jiiand nnjm!nagc bâtit, il perdun de ses membres dans l'année.

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