‹ MélusineChapitre 28 sur 235 · È7TC · texte numérisé non relu

È7TC

Auguste Hock. Œuvres complètes. T. I, Poésies. T. II, Mœurs et Coutumes au pays de Liège. T. III , Croyances et Remèdes populaires au pays de Liège. T. IV, La Famille Malhol, Mœurs bourgeoises du pays de Liège. 4 vol. pet. in-8". Liège, 1872-1876.

Nous n'avons pas à nous occuper du premier volume qui contient les poésies personnelles de l'auteur. — Le IIe vol. traite des mœurs liégeoises au commencement de ce siècle, on y trouvera beaucoup de choses intéressantes, par ex. : p. 1C6, une formulette de carnaval; p. 113, une description curieuse de l'enterrement de mardigras; p. 288, des détails sur la fête de saint Nicolas, etc. — Le IIIe vol. est particulièrement intéressant pour nous; il est consacré aux superstitions de tout genre du pays de Liège, et spécialement aux remèdes populaires ; nous en citerons différents passages : Voici comment vous pouvez faire revenir le lait aux vaches : Signezvous , entrez, à reculons dans l'écurie et prononcez ces paroles : « Bonjour ma vache » ; mettez-vous à traire la vache. Le premier jour, le lait qui sort doit passer par la fenêtre avec précaution; on le dépose sur le four, du côté de l'orient, puis on dit « Sois bonne , ma vache » , et on la trait de nouveau. On revient une troisième fois à l'écurie en marchant obliquement , on pose la main gauche sur la corne droite , en disant : « Merci, ma vache. » Ensuite on peut traire, le lait vient en abondance; p. 54- , on lit que dans toute loge de Francs-Maçons , un membre doit mourir dans l'année de mort naturelle ou se suicider; p. 100, on voit que dans certains villages on souhaite la bonne année nonseulement aux gens mais aux choses, par ex. : au feu, au puits, aux prairies; p. 146, on trouve des détails curieux sur la rage et sur saint Hubert; p. 158, il est question d'une Vierge noire; p. 175, on trouve des détails sur saint Antoine de Padoue qui fait retrouver les objets perdus; p. 177, l'auteur rapporte une superstition qui existe aussi en France, la voici : // faut se garder de laisser traîner les cheveux sur le peigne ou par les chemins , on doit les brûler ou cracher dessus avant de les jeter. Sans ces précautions , une sorcière pourrait se servir de vos cheveux pour vous ensorceler; p. 181 , on lit que la veille de Noël on laisse un pain en plein air; ce pain est alors bénit tout naturellement, et c'est lui qu'on mange en premier le jour de Noël; p. 214, il est dit qu'à Maëstricbt les jeunes garçons et les jeunes filles font des neuvaines à saint Amour pour être aimés avec fidélité; p. 216 se trouve une série de présages dans le genre de celui-ci : Si vous rencontrez des cochons en allant en visite , c'est signe que l'on vous fera mauvais accueil ; p. 220 , on lit que les petites filles ou les demoiselles qui sifflent font pleurer la sainte Vierge. — Dans le IVe vol. , l'auteur revient sur les mœurs particulières à la ville de Liège; p. 144, on trouve une curieuse superstit. relative aux envies de femmes enceintes.

Pour nous résumer, le Ie' volume n'est pas de notre compétence. Le IIe et le IVe sont particulièrement curieux pour un Liégeois, et

Chartres. — Ldouard

le IIP est d'une grande importance pour l'étude de la littérature traditionnelle. E. R.

Conway. Human Sacrifices in England, Four discourses,

64 p. pet. in-8". Londres, Trùbner, 1S70. Le titre mythologiqne de cette brochure est une déception. Ces quatre discours sont quatre sermons, et ces sacrifices humains en Angleterre sont les vies des misérables prises et détruites par l'engrenage de la société moderne. Deux passages seulement méritent d'être cités : l'un, p. 20, sur les mesures répressives prises en Ecosse par les apôtres de la Réforme contre le culte des fontaines, et p. 34 et sq. ce que M. C. dit du célèbre char de Jaggernaut dans l'Inde. On raconte généralement que dans la procession où l'on promène le char de ce Dieu ( dont le nom n'est qu'un des noms de Vichnou), les fidèles se font volontairement écraser sous ses roues. Eh bien ! cette croyance est un mythe sorti de l'imagination crédule de qq. missionnaires qui ont propagé cette histoire en Occident. Celte rectification, due à M. C, ayant été contestée, celui-ci est revenu sur la question dans une lettre adressée à YAcademy ( 4 nov. 1876, p. 454) en apportant des témoignages incontestables de fonctionnaires anglais dans l'Inde. Les fidèles croient mériter le ciel en tirant un char qui porte le dieu : il n'est pas étonnant qu'il arrive qqfois des accidents dans une foule de plusieurs centaines de personnes traînant un char immense avec des cordes. Ces accidents néanmoins sont rares, et M. C. peut dire sans exagération qu'il meurt moins de monde par le char de Jaggernaut que par les cabriolets de Londres. M. C. rappelle que lorsque le prince de Galles alla rendre grâces à Dieu dans la cathédrale de Saint-Paul après sa guérison , plusieurs personnes périrent étouffées dans la foule : cette nouvelle, observe-t-il , apportée aux antipodes, aux prêtres d'une religion hostile au christianisme et mal comprise par eux, pourrait donner naissance à une légende analogue de sacrifices humains dans l'église d'Angleterre. — On voit par là avec quelle prudence, nous dirions presque avec quel scepticisme , il faut accueillir les récits des voyageurs et des missionnaires sur les religions étrangères et lointaines. H. G.

Lesson (P. -A.). Traditions des îles Samoa (Polynésie). Paris, Leroux, 1876, in-8°, 16 p. (Extr. de la Rev. d'Anthrop. )

M. L., dans ce petit travail, rapporte les traditions des îles Samoa sur la création de l'homme , sur l'origine du feu , des cochons , du cocotier, des serpents , etc.

Vapereau. Dictionnaire universel des Littératures. Paris, Hachette, 1877, gr. in-8°. Livr. 1-5 (A.-G.) L'utilité des encyclopédies est de mettre à la portée de tous, dans l'ordre commode de l'alphabet, les faits et les résultats des recherches scientifiques , de vulgariser l'œuvre de l'érudition et de la critique , et de frapper pour ainsi dire la science en monnaie de billon. Un Dict. des littéral, serait d'autant mieux venu, que le public français cherche de plus en plus à s'instruire sur les choses de l'étranger. Il est malheureux que la tentative de M. V. soit loin d'être réussie. Les articles relatifs à l'époque classique de notre littérat. et en général aux époques classiques des grandes littérat., nous ont paru bien faits, mais c'est justement ce dont on a le moins besoin. Dès qu'on remonte à la littérat. franc, du Moyen- Age , ou qu'on aborde les littérat. plus modestes ou plus éloignées de nous, on s'aperçoit que les sujets traités ne sont pas familiers aux collab. de M. V., ou même ne leur sont pas directement accessibles. Ainsi les littérat. slaves (et bien d'autres encore! ) sont traitées avec un manque complet de compétence. — Ce qui touche à la philologie est mal présenté, quand ce n'est pas inexact. — La bibliographie qui accompagne chaque article est en général incomplète et arriérée. — Il est inutile de dire que la littérat. popul. est à peu près absente du Dict. de M. V. qui ne soupçonne sans doute pas son existence. — En somme , l'idée de ce Dict. est heureuse , mais l'exécution en est tout à fait insuffisante. H. G.

Le Gérant, EUGÈNE ROLLAND.

Garnif.r, imprimeur.

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