‹ MélusineChapitre 86 sur 235 · PACY-SUR-EURE, EURE · texte numérisé non relu

PACY-SUR-EURE, EURE

(Voir Mél. col. 148).

J'ai été aux champs, — j'ai vu Rouli-Roulant, — j'ai rencontré Minette — qui m'a pris ma petite roulette. — J'ai dit : rends-moi ma roulette ; — je ne te rendrai pas ta roulette — avant que tu ne me donnes une petite croutette. — J'ai été voir mon père: — mon père, donne-moi une petite croutette ; — ■ je ne te donnerai pas de petite croutette — avant que tu ne me donnes les clefs du four. — J'ai été voir le four : — four , donne-moi tes clefs ; — je ne te donnerai pas les clefs — avant que tu ne me donnes une tête de loup. — J'ai été voir le loup : — loup, donne-moi ta tête; — je ne te donnerai pas ma tête — avant que tu ne me donnes une cuisse de veau. — J'ai été voir le veau : — veau, donne-moi ta cuisse ; — je ne te donnerai pas ma cuisse

— avant que tu ne me donnes du lait. — J'ai été voir la vache: — vache donne-moi du lait; — je ne te donnerai pas du lait — avant que tu ne me donnes de l'herbe. — J'ai été voir le pré : — pré, donne-moi de l'herbe ; — je ne te donnerai pas de l'herbe — avant que tu ne m'engraisses. — J'ai été voir le porc : — porc, donne-moi de la graisse; — je ne te donnerai pas de la graisse — avant que tu ne me donnes du gland. — J'ai été voir le chêne: — chêne, donne-moi du gland ; — je ne te donnerai pas du gland — avant que tu ne me donnes du vent. — J'ai été voir le temps:

— temps, donne-moi du vent; — je ne te donnerai pas du vent — avant que tu ne me donnes de l'eau.

J'ai été voir la mer: — la mer m'engnote, — j'engnote le temps; — le temps m'envente, — j'envente le chêne; — le chêne m'englane, — j'englane le porc; — le porc m'engraisse, — j'engraisse le pré; — le pré m'enherbe, — j'enherbe la vache; — la vache m'enlaite, — j'enlaite le veau; — le veau m'encuisse, — j'encuisse le loup; — le loup m'entête. — j'entête le four; — le four m'enclée , — j'enclée mon père; — mon père m'encroûte, — j'encroûte minette, — minette me î-end ma petite roulette.

Ed. Isambard.

FORMULETTES

(paris).

On met un petit enfant debout, on le fait gesticuler des bras et on lui récite les vers suivants : PrêehUprêcha Ma chemise entre mes bras, Mon chapeau sur nia tête, J'entrai dans un petit cabinet, J'ai vu la Mort qui rôtissail ; Je lui demandai un petit lardon, Elle m'a donné cenl coups de bâton !

Est-ce bien fait mon maître?

L'enfant se retourne et répond de toutes ses forces:

Oui, grosse bête.

(variante ciiartraine.)

Prêchi-prêcha Ma chemise entre mes bras, Mon chapeau sur mes cheveux, En disant: bonjour, Messieurs.

J'entrai dans un p'tit cabinet, J'ai vu la Mort qui rôtissait ; Je lui d'mandai un p'tit lardon , Elle m'a donné cent coups d'bàton.

J'ai descendu un peu plus bas, J'ai vu Judas qui fricassait des pois , J'iui en d'mandai une p'tite cueillerée , Il m'a tout fichu par le nez.

Est-ce bien fait mon maître ? — Oui, grosse bête.

lia semaine de l'écolier paresseux.

(BESANÇON)

Lundi , mardi , fête ; Mercredi , peut-être ; Jeudi, la Saint-Nicolas; Vendredi, je n'y serai pas; Samedi, je reviendrai ; Et voilà la semaine passée !

P. Bonnet.

(somme).

Lundi , mardi , fêtes ;

Mercredi , peut-être ;

Jeudi saint Thomas ;

Vendredi, je n'y serai pas;

Samedi , la semaine sera passée ;

Dimanche, je n'y aurai pas encore été.

Henri Caknoy.

Serment par la salive,

(département du nord).

Pour jurer , l'enfant saque son filet.

Saquer son filet c'est tirer avec les deux doigts de la main droite la peau vis-à-vis du larynx et jeter en même temps un peu de salive à terre ; si l'on employait la main gauche, l'acte serait nul. Ces gestes signifient qu'on tire son âme de son corps et qu'on la livre pour gage de la sincérité de ce qu'on affirme. Quelquefois l'enfant passe le pied sur la salive pour indiquer qu'en cas de parjure, il foule lui-même son âme aux pieds. C'est le plus terrible serment des enfants ; ils le garderaient même sous les verges. Il est si mystérieux qu'un garçon pieux n'oserait jamais le prêter et qu'une jeune fille qui se le permettrait, serait regardée de ses compagnes comme une lamesse, ou si l'on veut, une effrontée, une impie, une maudite de Dieu.

Ext. de YHisl. du village d'Estie , par l'abbé L. Boniface. Cambrai, 1863; p. 296.

Formules magiques pour savoir qui on épousera»

(SAONE -ET -LOIRE ).

Les jeunes filles qui veulent savoir qui elles auront pour époux doivent, le dernier jour de février, se mettre à minuit sur le seuil de la porte et prononcer ces paroles :

Adieu février'! bonjour, mars ; Fais -moi voir en mon dormant Qui j'aurai pour époux dans mon vivant !

Après ces paroles, il ne faut parler à personne, et l'on est sûr de voir en songe la personne que Ton doit épouser.

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