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NÉCROLOGIE

M. Damase Arbaud , né à Manosque (Basses-Alpes) en 1817 , est mort dans cette même ville , le 30 mai 187G. Il s'était fait connaître des amis de la littérature populaire, par son ouvrage : Chants populaires et historiques de la Provence, 2 vol. in-1'2. — Si nous n'avons pas fait part plutôt à nos lecteurs de cette nouvelle, c'est que nous venons seulement de l'apprendre.

BIBLIOGRAPHIE

Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines ,

d'après les textes et les monuments, contenant l'explication des termes, qui se rapportent aux mœurs , aux institutions, à la religion, aux arts, aux sciences, au costume, au mobilier, à la guerre, à la marine, aux métiers, aux monnaies, poids et mesures, etc., etc. , et en général à la vie publique et privée des anciens. Ouvrage rédigé par une société d'écrivains spéciaux, d'archéologues et de professeurs, sous la direction de MM. Gh. Daremberg et Edm. Saglio, et enrichi de 3,000 figures d'après l'antique. Il a paru cinq fasc. gr. in-4° de 800 p. avec 971 grav. (A-GAE). Paris, Hachette, 1873-77. Prix du fasc. : 5 fr.

Ce Dict. est une des plus importantes publications archéologiques qui ait été de longtemps faite en France , et elle donnera certainement une grande impulsion à ces études en résumant sous une forme claire et commode l'état de la science à notre époque. Nos meilleurs archéologues ont donné leur concours à cette œuvre, et les noms, dont chaque article est signé, sont la meilleure garantie qu'une encylopédic puisse offrir au lecteur. Pour concilier la clarté de l'exposition avec l'exigence de la critique, le texte a été dégagé de citations ; mais toutes les références et tout l'appareil scientifique ont pris place dans les notes et on a joint à chaque article la bibliographie des ouvrages spéciaux relatifs au sujel traité. Les figures sont nombreuses et reproduisent directement les monuments antiques.

Nous trouvons là un grand nombre d'articles qui rentrent dans les études de Mél. et avec la signature d'archéologues éniinents comme MM. Fr. Lenormant, de Rondiaud, Saglio, etc. Ce sonl huit d'abord des articles comme Amuletum, Arbores sacrœ, Bœlylia, qui traitent de croyances ci d'usages encore en vigueur à peu près partout; et ceux de nos lecteurs qui se sonl occupés de traditions populaires trouveront maint rapprochement à faire. Ce sont ensuite les articles suc tous les détails du culte des anciens et sur les divinités classiques. Bacchus semble avoir inspiré tout particulièrement M. Lenormant, car cet article est un des plus étendus du recueil. Les Cabires ont également été étudiés eu détail par le même archéologue. — Ce sont enfin des détails sur les fêtes, les danses, les jeux , les objets magiques, les présages, etc.

Nous donnons plus haut deux gravures que l'obligeance de

MM. Hachette nous permet d'emprunter à ce recueil. La première représente, d'après une peinture d'Herculanum , le jeu de cachecache; l'autre, un sacrifice auprès d'un arbre sacré, d'après un lias-relief du musée du Louvre. « Des cymbales sont suspendues aux branches; une prêtresse voilée et un jeune garçon tenant la double flûte s'approchent en faisant le geste de l'adoration; un enfant conduit un bélier qui va être sacrifié, et derrière l'autel se lient une seconde femme voilée portant un plateau. »

La place dont nous disposons ne nous permet pas de faire ressortir l'intérêt des articles mythologiques de ce Dict. Nous nous bornons, aujourd'hui du moins, à le signaler comme une œuvre excellente de référence à la fois et d'érudition. Nous exprimerons seulement le vœu que les archéologues s'occupent un peu des traditions populaires : ils y verraient vivre et se continuer- sans s'atténuer des usages et des croyances qu'ils croient propres à l'antiquité.

Carl Koehler. Die Trachten der Voelker in Bild und Schnitt. Eine historische und technische Darstellung der menschlichen Bekleidungsweise von den œltesten Zeiten bis zur Gegenwart, 3 vol. in-8° de 911 p. brochés ensemble, 1871-73. Dresde, bureaux de VEuropœiscfie Modenzeitung. Prix : 20 fr.

L'histoire du costume a donné lieu , dans ces dernières années , à un ensemble de publications vraiment imposant. Il suffit de rappeler, en ce qui concerne notre pays , Y Iconographie générale et méthodique du Costume du IVe au XIX« siècle, par M. Jacquemin (1864-06), les Modes et Costumes étrangers anciens et modernes, par Pauquet frères (1865), les Costumes historiques des XVI', XVII" et XVIIIe siècles, de M. G. Duplessis (1875), l'Art dans la Parure et dans le Vêtement, de M. Ch. Blanc (1875), l'Histoire du costume en France, de M. Quicherat (1875), etc., etc. Ajoutons qu'en ce moment même la maison Didot fait paraître un ouvrage monumental, une sorte d'encyclopédie destinée à centraliser et à résumer toutes les recherches antérieures : le Costume historique, de M. Racinet.

En Allemagne , ces études n'ont pas été délaissées non plus. Le volumineux travad de M. H. Weiss (1860-1872) a obtenu un succès fort grand , mais qui n'est peut-être pas entièrement justifié. En effet, si sa Koslùmkunde contient une foule de matériaux, que l'on trouverait difficilement ailleurs , elle ne se distingue pas par la sûreté ou la netteté des informations. L'auteur ne puise que rarement aux sources ; il se contente le plus souvent de consulter les reproductions imparfaites des anciens ouvrages ; ses propres gravures sont d'ordinaire au-dessous du médiocre.

Antérieurement, en 1858, M. Falke avait mis au jour sous le titre de : Die deutsche Trachten und Modenwelt un livre agréablement écrit et qui abonde en aperçus ingénieux. Il faut également accorder une mention aux detitsche Volkstrachten , de M. Kretschmer. Citons enfin, quoique se rapportant à un sujet plus spécial, la Geschichte der lilurgischen Gewœnder, du chanoine Bock ( 1859- 1871 ). C'est un livre justement estimé.

Ce qui a fait le succès de ces diverses publications c'est , d'un côté, le goût toujours croissant pour les collections d'étoffes, de dentelles, de bijoux, de coiffures et même de chaussures (collection J. Jacquemart), de l'autre, la tendance des peintres, des graveurs, des acteurs , à représenter les personnages ou les scènes historiques avec une fidélité qui s'étend jusqu'aux moindres accessoires. L'Exposition que l'Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l'industrie a organisée en 1874 au Palais des Champs-Elysées, n'a fait que donner satisfaction à ces aspirations diverses : elle a pleinement rempli et justifié son programme.

L'ouvrage dont nous avons à rendre compte ne fait pas double emploi avec les entreprises énumérées ci-dessus. L'auteur s'est placé à un point de vue nouveau ; il se propose de combler une lacune , tout en résumant les travaux de ses prédécesseurs sous une forme populaire. 11 a été frappé devoir que l'on n'avait tenu jusqu'ici aucun compte de la coupe des vêtements , c'est-à-dire des proportions qui donnent à chaque partie du costume son caractère particulier et qui permettent de reconstituer exactement les modes anciennes ou modernes. Celte omission occasionnait les plus graves embarras aux

décorateurs, aux custumiers, etc. M. Koehler s'est efforcé de la réparer de son mieux. Nous n'avons pas qualité pour juger les conclusions ti iules techniques auxquelles il arrive : qu'il nous suffise de dire que son travail parait fait avec soin et méthode.

Les Trachten der Vœlker embrassent l'histoire du costume depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Elles commencent par les Egyptiens et ne s'arrêtent qu'à la fondation du nouvel empire germanique en 1871. La description de la toilette, on pourrait presque dire de l'uniforme , revêtue par les demoiselles de Berlin lors de l'entrée triomphale des troupes allemandes, le 1G juin 1871 ( Fest-Kleider deulscher Jungfrauen beim Eimuge der siegreichen Truppen) termine l'ouvrage. C'est là un chapitre dont on se serait fort bien passé et qui donne au troisième volume un air d'actualité fort déplaisant,

Des croquis sommaires et parfois assez lourds, mais d'ailleurs d'une grande clarté, servent d'illustration aux Trachten; ils sont au nombre de près de 800 et pourront rendre des services en tenant compte du programme, avant tout pratique, adopté par l'auteur. On remarquera de nombreux patrons accompagnés de cotes.

A un ouvrage tel que celui de M. Koehler, s'adressant d'un côté aux hommes du métier, j'entends les peintres, les costumiers, etc., de l'autre au grand public, on ne saurait demander d'être absolument complet. Il est cependant une lacune qui sera singulièrement sensible aux lecteurs de Mélusine : M. Koehler a négligé (sauf quelques pages consacrées au XVIe siècle allemand, 111, 191-195) le costume populaire , cette source intarissable des motifs les plus pittoresques. Mélusine n'a pas été la dernière à signaler l'intérêt de ces modes originales , dont nos campagnes nous offrent encore tant de spécimens. La première livraison de notre recueil contenait la gravure de la toilette de relevailles d'une Bretonne. Cette série ( Costumes traditionels de l'ancienne France) sera continuée. Les modes alsaciennes ont également fait l'objet de notices plus ou moins étendues. (Musée Universel, février 1873). M. Valerio a consacré à celles des paysans de l'Autriche deux suites de gravures ( Souvenirs de la Monarchie autrichienne, et Populations danubiennes). Celles de l'Allemagne enfin sont connues par les deutsche Volkstrachten de M. Kretschmer. C'est plus qu'il n'en faut pour établir l'intérêt du sujet et pour faire désirer la publication d'un travail d'ensemble sur une matière si digne d'étude. E. M.

Lou franc Prouvençau, almanach de la Provence , in-12. Draguignan, l,e année (p. 1876), 144 p.; 2e année (p. 1877) , 144 p. Prix: 50 c. chaque année.

On trouve dans la lre année de cet Alm. le calendrier en provençal avec des proverbes et des pronostics pour chaque mois , la liste des roumeirages , des fiéros et des marcas du dép' du Var; p. 122, une étude intéressante de M. J.-J. Aubin sur les sobriquets provençaux ; le reste de l'Alm. contient des historiettes , des comédies en provençal et quelques proverbes; en voici un qui est joli (p. 122) :

Vau miès un teni-teni

Que dous veni-veni.

Dans l'Alm. p. 1877 on remarque une étude sur les cérémonies de baptême en Provence depuis le Moyen-Age jusqu'à ce jour (p. 37-48); l'étymologie du mot félibre par Jean Aicard (p. 66); une bibliographie des pièces dramatiques en patois jouées dans le midi de la France (p. 92-98). E. R.

Joret. Essai sur le patois normand du Bessin. (Mém. de la Soc. de linguist. de Paris, t. III, fasc. 3, p. 210-247.)

Dans son introduct. notre savant collaborateur, M. J. démontre que les patois mod. de la Normandie peuvent être d'un grand secours pour l'étude du dialecte normand au Moyen-Age; puis il passe en revue les différents vocabulaires patois publiés jusqu'ici en Normandie. Les chapitres qui suivent sont consacrés à la Phonologie et à la Flexion d'un patois spécial de cette province , celui du Bessin ; le Vocabulaire sera publié plus tard.

Le Gérant, EUGÈNE ROLLAND.

Chartres. — Edouard Garnier , Imprimeur.

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