VI PRÉFACE
Aussi ne se présente-t-1l point comme un appareil partout essentiellement le même, et montrant simplement des perfectionnements graduels et continus, mais avec un certain nombre de formes spéciales, bien distinctes, et dont les différences sont en rapport avec le reste: de l’organisation des types considérés. Édifiées à l’aide de matériaux initialement semblables, mais qui se développent ensuite et se combinent différemment, ces formes ne peuvent pas passer de l’une à l’autre parce que leur charpente squelettique rigide domine la disposition des éléments musculaires et Himite les changements que ces derniers peuvent subir. Le développement ontogénique montre en effet que ce ne sont pas les muscles qui font les os, comme on l’a répété à tort, mais au contraire que les muscles ne prennent leur forme et leurs attaches qu'après que les ébauches du squelette ont acquis leurs dispositions essentielles.
La première partie de ce livre est consacrée à étudier les types principaux de l’appareil locomoteur, à rechercher les conditions auxquelles ils doivent satisfaire, et à montrer leurs corrélations avec les autres parties de l’organisme.
La seconde examine les théories émises sur l’origine des membres et expose les discussions engagées à propos des comparaisons de ces derniers. Elle montre que les conceptions mystiques de l’anatomie philosophique et les rapprochements qu’elles suggéraient ont fait place à des vues plus réalistes, que l'organisme Vertébré s'affirme de plus en plus comme un type propre, n’empruntant rien aux autres dans son plan particulier, fabriquant même des ébauches spéciales pour ses membres (Grpnes), au lieu de les tirer des métamères ou d’autres parties préexistantes.
À la suite de toutes ces observations, la conception de CUvVIER qui cherchait dans l'organisme lui-même, considéré comme un système unique et clos, la véritable loi de sa formation, se présente à l’esprit avec une force nouvelle et réclame toute l’attention des chercheurs. | |