‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 22 sur 83 · SECTION III. — CHÉLONIENS · texte numérisé non relu

SECTION III. — CHÉLONIENS

Les Chéloniens sont des Sauropsidés très anciens et très spécialisés. Leur tronc, court, se développe en revanche beaucoup dans le sens transversal, de manière à prendre une forme globuleuse plus ou moins aplatie.

Les membres et leurs ceintures se placent d’abord, comme chez les autres Tétrapodes vers les extrémités du tronc et sur la face externe de ce dernier. Mais Ja carapace squelettique commençant à se former dans la région moyenne (fig. 51), s'étend ensuite secondairement vers les extrémités du tronc en recouvrant les ceintures quisemblent ainsi placées dans l’intérieur de sa cavité et par suite de la

Fc. 51. — Embryon de Trionyx A : me. A4:

japonicus d’après Mirsuxunr CAVItÉ thoracique puisque les côtes sont b. car., bord de la carapace : — m, a, COnfondues avec la carapace. En réalité membre antérieur; — m. p.,mem- j] n’en est rien, comme l’a montré

bre postérieur. ; s , :

RATHKE, d’après le développement, mais

la peau qui revêtait les ceintures se trouvant entrainée loin en avant ou en arrière d'elles par l’aecroissement du bouclier dorsal ou du plastron ventral continus avec elle, s'attache finalement sur les bords internes des orifices de l’enveloppe osseuse réservés au passage des membres et donne l'illusion que les ceintures sont profondément enfouies dans la cavité du corps.

De tels changements s’accompagnent forcément de modifications du squelette ou des muscles et les membres sont astreints à une direction particulière. En avant le bras doit se diriger du côté cranial pour trouver l'orifice de la carapace par lequel il pourra sortir. Aussi l’humérus, contrairement à la règle, doit être tourné en avant, si bien qu’il semble avoir effectué, dans le plan horizontal, un déplacement de 1800 pour amener son distum en avant, en partant de la situation exactement

inverse. En réalité le mouvement produit n’est pas aussi considérable parce qu'il ne part pas d’un point de départ aussi différent. Le bras de l'embryon au moment où commence le changement de direction caractéristique des membres des Tortues est bien dirigé en arrière, mais 1l n’est pas étroitement accolé au flanc comme l’est par exemple celui d’un Mamnufère ongulé.

Par conséquent l’angle qu'il décrira n’atteint pas, 1l s’en faut, 1800 ; mais si l’on compare sa situation définitive. à celle de l’humérus d’un Marmmifère, la différence entre elles est bien cellelà. Ainsi disposé l’humérus se meut surtout dans le plan horizontal, décrivant un angle peuétendu qui lui permet de porter son distum un peu en dehors et en arrière en partant d’un point situé un peu en dedans et en avant. La faiblesse de ce déplacement antéropostérieur, compensée Il Fic. 52, — Cistudo lutaria. Squelette vu d'en dessous, est vrai quelque peu par le bouclier ventral enlevé, d’après ZITTEL.

C., plaque costale ; — Co., coracoïde ; — e., entoplastron ; — PRES 0 : ; ; ; ;

les mouvements de la- Ep., épiplastron ; —- F., péroné ; — Fe., fémur ; — H, vant-bras, est la cause humérus ; — Hyp., hypoplastron ; — JL, ilion ; — Js., : ischion ; — M., plaques marginales ; — ANu., plaque

de la lenteur bien RRUE nuchale ; — Pro., procoracoïde ; — Pu., pubis ; — Py., plade la marche de ces ani- que pygale ; — °R., radius ; — Sc., scapulum ; — T.,

tibia ; — U., ulna (cubitus) ; —- Æp., xiphiplastron.

maux. La disposition du bassin rappelle celle des Sauriens, en ce que la symphyse pubienne est aussi très nettement séparée de la paroi abdominale au dessus de laquelle elle ‘passe librement. La lame ventrale de lischion a sa moitié caudale dirigée verticalement en bas pour venir s’appuyer et se confondre, au moins par union ligamentaire, avec la paroi abdominale représentée par le plastron. La différence de niveau entre la lame pubienne de la symphyse et le bord ventral de l’ischion est beaucoup plus marquée que chez les Sauriens et très frappante lorsqu'on examine le bassin par sa face ventrale. |

Au membre postérieur il n’y a point une opposition aussi grande entre le fémur des Chéloniens et celui des autres Sauropsidés. Seule l’'excursion de son distum en avant de la cavité cotyloïde est plus limitée, mais néanmoins le genou peut-être dirigé un peu en avant si bien que les deux membres au lieu d’être divergents à leur racine sont plutôt parallèles ou comme on dit, ssotropes, disposition d’ailleurs défavorable à la marche et qui, jointe au fait que le centre de gravité est près du bord caudal du polygone de sustentation, détermine la vacillation bien connue des Tortues terrestres marchant. Comme l’humérus, le fémur ne décrit qu’un faible mouvement angulaire qui porte son distum d'avant en arrière d’une quantité un peu supérieure à celle que peut atteindre l’humérus,

En dehors de ces traits communs à tous les Chéloniens, il faut examiner à part les Tortues terrestres et les marines, dont les membres ont des orientations un peu différentes.

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