‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 23 sur 83 · Tortues terrestres · texte numérisé non relu

Tortues terrestres

Les Tortues terrestres rentrent dans la catégorie des animaux semirampants, on pourrait dire à membres transversaux si la direction craniale de leur humérus ne paraissait s’y opposer. Mais cette opposition n'est qu’apparente et c’est bien du type transversal que ces membres se rapprochent le plus. En effet aux deux membres le zeugopode est vertical et soulève l’animal au-dessus du sol de toute sa hauteur. Chez la Tortue grecque, que nous prendrons pour type (fig. 53), la face primitivement dorsale du stylopode reste également dorsale aux deux membres ; elle porte une tête arrondie, munie d’un col et qui vient se placer dans la cavité glénoïde ou dans la cavité cotyloïde qui regardent quelque peu en bas, surtout la dernière, pour pouvoir surmonter la tête articulaire et pour supporter le corps. Il semble donc que le stylopode a gardé dans ce cas la disposition primitive, sauf que sa tête au lieu d’être terminale est passée sur sa face dorsale, transformation facile à expliquer si l’on réfléchit que dans ces animaux la cavité articulaire des ceintures est devenue portante et doit supporter le poids assez lourd des viscères et de l’enveloppe osseuse du corps.

Membre antérieur. —. Au membre antérieur la ceinture est formée de trois pièces : l’une dorsale vient s’appuyer contre la colonne vertébrale, c’est le scapulum ; les deux autres ventrales s'appuient contre le plastron. Le scapulum fournit la plus grande partie de la cavité glénoïde

qui est eee en dehors, en avant, contrairement à ce que nous avons vu jusqu'ici, et un peu en bas, du côté ventral, de manière à être portante. À sa partie ventrale avant de former la facette de la glénoïde qui lui appartient, le scapulum émet un prolongement dirigé en dedans et qui constitue la plus craniale des deux pièces ventrales de la ceinture. Cette pièce est habituellement considérée comme le procoracoide, mais certains auteurs, tenant compte de ce qu’elle n’est jamais séparée Fic. 53. — Testudo graeca. Ceinture pectorale et membre du scapulum par antérieur gauche, face ventrale.

c., Coracoïde ; — cub., cubitus ; — mes. sc., mésoscapulum ; — une suture, la regar- s. car., Section de la carapace ; — sc., scapulum ; — tr. L., trodent comme une chanterlatéral; — tr. m., trochanter médial; — rad., radius ; — simple apophyse 1 V., cinquième doigt.

ce dernier, comme un acromion. D’autres l’ont comparée à La clavicule. Étant donnée sa continuité parfaite avec le scapulum, on peut admettre qu’elle répond à la barre osseuse qui existe au devant de cet os chez beaucoup de Sauriens, et qui limite ventralement la fenêtre scapulaire (mésoscapulum de W. K. Parker). Le coracoïde, toujours bien séparé du scapulum par une suture, est un os triangulaire dont le sommet, tronqué, forme la partie postérieure de la cavité glénoïde, tandis que sa base, tournée vers la ligne médiane ventrale, s’arrête toujours avant d’arriver à cette dernière, et ne s’unit jamais au coracoïde opposé, contrairement à la règle. Corrélativement à la direction craniale de la cavité glénoïde le coracoïde a son grand axe dirigé en sens inverse de ce qu’il est chez les Sauriens. En effet cet axe ne va pas de dedans en dehors et en arrière comme chez ces derniers, mais bien de dedans en dehors et en avant.

Les deux extrémités médiales du procoracoïde et du coracoïde s’appuient sur le plastron sternal ; elles sont réunies entre elles par un ligament qui ferme la fenêtre comprise entre ces deux os (fig. 54).

L’humérus présente une courbure contenue dans un plan vertical de telle façon que la plus grande partie de la face dorsale est convexe,

Page 1