‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 24 sur 83 · S. CAT · texte numérisé non relu

S. CAT

tandis que la ventrale est concave ; comme sa tête glénoïdienne est située sur le proximum de la face dorsale à qui elle est reliée par un pédicule assez étroit, elle forme à l'extrémité de l'os, sur son côté dorsal, une nouvelle courbure qui, ajoutée à la convexité de sa diaphyse, donne à l’ensemble de l’humérus la forme d’un $ ; mais ces courbures sont très inégales, celle qui répond à l'articulation scapulaire étant de beaucoup plus petite. Au-dessous du condyle proximal, sur la face ventrale de la diaphyse, se trouvent deux crêtes saillantes, circonserivant entre elles une gouttière profonde. La plus petite située sur le bord médial et antérieur a reçu le nom de trochanter latéral ; Ia plus grande, placée sur le bord latéral et postérieur a reçu celui de trochanter médial. Ces noms qui paraissent à première vue incorrects puisqu'ils s'appliquent à des parties ayant la situation inverse de celle qu’ils expriment, se justifient cependant au point de vue comparatif, parce qu’ils traduisent l’homo- logie de chacune de ces saillies. En effet, si l’on se rappelle le déplacement du coude dans le sens cranial, dont il a été question plus haut, on verra que le processus situé maintenant en dedans répond bien en réalité au trochanter latéral et mérite le même nom. Il faut toutefois prendre garde que ces processus, pas plus que les formations correspondantes jusqu'ici signalées, ne répondent point exactement aux trochanters huméraux de l'anatomie humaine parce qu’ils comprennent en plus de ces derniers les crêtes d’insertions, devenues très saillantes et confondues plus ou moins avec eux de muscles comme le grand pectoral et le grand dorsal qui n’ont rien à faire avec les trochanters huméraux chez l’ Homme. Le processus médial est toujours le plus développé, ce qui s'explique parce qu’il donne insertion aux muscles rétracteurs et abaisseurs du bras, (grand rond, sous-scapulaire et grand dorsal, ce dernier attaché à côté du trochanter médial) qui tirent celui-ci en arrière et en dehors en même temps qu'ils appliquent plus fortement contre le sol en Pabauissant, et qui produisent le déplacement correspondant du corps sur la cavité glénoïde. | Le processus latéral, plus faible, donne attache au grand pectoral et au deltoïde qui ramènent en dedans le membre après son écartement maxiium,pendant la levée au-dessus du sol, à un moment où le travail à produire est bien moins considérable. La tête distale de l’'humérus est tournée légèrement du côté ventral, elle est mousse et arrondie, et les deux condyles, qu’elle porte, très peu saillants, sont à peine séparés l’un de l’autre par un léger sillon, L’avant-bras des Tortues terrestres a une orientation tout à fait singulière. Ses deux os sont parallèles entre eux, et situés dans un plan parallèle au plan de symétrie du corps, mais le cubitus est placé en avant (il est plus cranial), le radius en arrière

(plus caudal). Cette situation n’est pas bien rendue dans la figure 53, qui représente le zeugopode trop de face, c’est-à-dire dans le plan horizontal qui est celui du dessin. L’autopode qui suit le zeugopode et le prolonge régulièrement, sans flexion dans aucun sens, est également dans un plan parasagittal, sa face dorsale regardant en dedans, du côté du. plan de symétrie, sa face palmaire en dehors. Le pouce, atrophié dans l'individu dessiné, est situé en arrière, le petit doigt en avant. Dans la marche l'animal s’appuie sur l'extrémité de ses doigts, d’ailleurs courts, réunis sous la peau, et dont la phalange onguéale seule est libre. La progression, dans ce qu’elle regarde le membre antérieur, est obtenue à la fois par le léger déplacement du coude d’avant en arrière qui coïncide avec son écartement de la ligne médiane, et ensuite par la fermeture de l’angle eubital qui, ouvert lorsque le membre se portait en avant, se referme et tire après lui l’humérus et le corps en prenant appui sur la pointe des doigts. On a déjà signalé plus haut linversion de la cavité glénoïde qui contrairement aux cas étudiés jusqu'ici, regarde un peu en avant .Cette orientation nouvelle est indispensable étant donnée celle du bras, mais 1l faut la retenir comme une preuve que dans les changements qui interviennent dans les membres, ce ne sont pas seulement ces derniers qui subissent des modifications, mais la ceinture elle-même. Si l’on se souvient maintenant que la ceinture n’est point seulement: une pièce basilaire d’appui pour le membre, mais qu’elle est en rapport avec la forme du tronc, à la musculature de qui elle fournit des attaches variables suivant les types, on comprendra que des changements aussi importants que l'orientation nouvelle de sa cavité articulaire, entraînant forcément des redistributions des lignes de force formées par les différents os, ne sont point des modifications légères et superficielles faetlement obtenues par leffet d’un fonctionnement un peu différent de ce qu’il est dans la règle, mais qu'elles exigent pour se produire un conéours dans le mode d’accroissement et de développement des diversés parties, qui ne peut être réalisé que chez l'embryon. On verra d’ailleurs au chapitre du développement qu’il en est bien ainsi.

Membre postérieur. — Au membre postérieur le fémur ressemble assez bien à l’humérus, le zeugopode est également vertical, mais il garde sa disposition primitive le tibia en avant, le péroné en arrière. L’autopode est légèrement fléchi sur la jambe de manière à former un angle pédieux, d’ailleurs peu mobile, et il présente, à un faible degré, la disposition décrite chez les Lézards, (réduction de volume des tarsiens du bord tibial, augmentation de ceux du bord péronéal). Il repose sur le sol par la face plantaire formant un appui plus large qu’à la main.

En résumé chez les Tortues terrestres les membres se meuvent à la: manière des membres transversaux, leur stylopode restant toujours dans: un plan horizontal, et leur zeugopode étant vertical. Mais les divers types voisins présentent dans leurs détails des différences importantes. Celles-c1 sont surtout marquées dans les Tortues de marais où, tout en: restant un bon instrument de locomotion terrestre l’autopode s'adapte à la nage. Chez l'Emysaure, par exemple, l’avant-bras n’a plus ses deux os dans le plan parasagittal, mais dans un plan transversal, le radius en dedans le cubitus en dehors. L’autopode est plus ou moins fléchi sur l’avant-bras et, dans la marche terrestre, il peut être posé à plat sur le sol à peu près comme la main d’un Mammifère plantigrade, tandis que dans la nage il bat l’eau d’avant en arrière grâce à la fermeture et. à l’ouverture alternatives de l’angle cubital. Il offre en même temps des. mouvementé de rotation ou d’inclinaison qui se produisent, soit dans la tête humérale arrondie, soit au niveau du coude entre le radius et le cubitus. Ces mouvements permettent le dégagement des faces de la main, qui se met dans le plan parasagittal pour laisser filer l'animal, puis se replace ensuite perpendiculairement à cette direction, en vue de prendre: sur l’eau un nouvel appui. £

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