‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 33 sur 83 · SL 1SC · texte numérisé non relu

SL 1SC

crartal

caudal

m.fe. rs

F1G. 74. — Bassin de Poulet jeune, face latérale droite.

a. i. f., apophyse ilio-fémorale ; — cart., cartilage ; — e. il. p., épine ilio-pectinée ; — m. f. ce. membrane fibro-cartilagineuse ; — p., pubis; —- s. 1l. isch., Suture ilio-ischiatique; — 1. ob., trou obturateur ; — 1. sc., trou sciatique.

de l’un des détroits pelviens, mais elle constitue plutôt à la fois un arcboutant pour les deux côtés du bassin dont lilion offre une disposition un peu spéciale au niveau des vertèbres sacrées, et un appendice du bassin destiné à soutenir des viscères très lourds. Le bassin des Ratités présente d’ailleurs d’autres particularités sur lesquelles on reviendra ultérieurement. RE

Le bassin des Oiseaux est en somme caractérisé par le grand développement de l'ilion et son union avec une longue série de vertèbres, par la direction antéro-postérieure et non plus dorso-ventrale du pubis et de lischion, enfin par l’absence de toute symphyse et d’un plansher pelvien horizontal. Ce dernier est représenté, en partie seulement, par l’intervalle compris entre le pubis et l’ischion et qui répond au trou obturateur, mais toute ia partie symphysaire manque. Cette disposition, et en particulier la direction antéro-postérieure des parties latéro-ventrales du bassin (pubis et ischion) a été rapportée à l’action de la station bipède, et il est évident, comme on le verra à propos des muscles, qu’elle est effectivement très étroitement liée à ce mode de locomotion. Mais elle répond en même temps à une autre condition, l’augmentation de capacité de la cavité viscérale. En effet en inelinant dans le sens caudal les os ventraux du bassin, la nature allonge d'autant plus la cavité viscérale que la limite postérieure de celle-ci, représentée par la bande fibreuse inter-pubienne, se trouve par là même reportée. plus en arrière. Aussi,

chez les Oiseaux, la cavité viscérale se prolonge-t-elle en arrière de Ja cavité cotyloïde beaucoup plus que chez les Vertèbres tétrapodes à pubis et à ischions formant deux symphyses transversales.

Une coupe transversale passant par les deux acétabulum traverse

la partie la plus développée de la cavité viscérale, et les viscères, ou portions de viscères compris en arrière de cette coupe, représentent une partie d’autant plus importante de là masse viscérale, qu’en font partie les extrémités caudales des sacs aériens abdominaux les plus développés de tous. Il ne faut donc pas oublier que le pelvis des Oiseaux est en rapport non seulement avec la mécanique de leur station et les dispositions des bras de leviers squelettiques que celle-ci exige, mais aussi avec un agrandissement considérable de la cavité viscérale, en grande partie destiné à contenir les sacs aériens. Cette seconde condition de la forme du bassin n’est pas moins importante que la première, et nous avons vu, à propos des Dinosauriens, que Pinchinaison en arrière des os ventraux du bassin observée chez les Ornithischiens n’est pas une condition indispensable de ladaptation à la bipédie de ces animaux, puisque cette allure se rencontre chez leurs proches parents, les Saurischiens, munis d’un bassin à pubis et ischion transversaux comme chez les Reptiles ordinaires. Museles de la racine du membre et du bassin. — Les muscles du bassin des Oiseaux se laissent facilement rattacher à ceux des Reptiles, mais ils doivent à la réduction de plancher pelvien et au redressement du membre, qui occupe une direction perpendiculaire à celle qu’il offrait chez les rampants, une disposition nouvelle et certains traits particuliers. D’une manière générale, au lieu d’être horizontaux, ils sont disposés verticalement, dans un plan parasagittal, et pour cela leurs insertions pelviennes se portent sur le bord dorsal du bassin, si bien que les muscles pubo-ischiatiques purement ventraux jusqu’alors étendent leurs insertons jusque sur l’ilion du côté dorsal et perdent toute attache sur le pubis. On peut néanmoins grouper les muscles comme chez les Amphibiens et chez les Reptiles, d’après leur attache à la plaque pelvienne ou à lihion.

Muscles profonds du plancher pelvien. Parmi les premiers, voyons d’abord les muscles profonds, c’est-à-dire répondant aux pubo-ischiofémoraux interne et externe. Ces muscles, on l’a déjà vu, page 35, donnent chez les Vertébrés supérieurs deux sortes de muscles : les uns plus étroitement attachés au plancher pelvien dont ils ne s’écartent œuère, ce sont les obturateurs ; les autres, moins étroitement cantonnés sur la plaque pelvienne, ce sont les adducteurs d’un côté et le groupe

psoas-iliaque de l’autre. Chez les Oiseaux, où le plancher pelvien est extraordinairement réduit, le muscle pubo-ischio-fémoral interne ne donne vraisemblablement qu’un seul muscle peu développé, non représenté dans la figure 75, l’ilio-fémoral interne qui va d’une partie de la face latéro-ventrale de l'ion, située au devant de la cavité cotyloïde, à la face interne du proximum fémoral. Bien qu'il soit en dehors du bassin, puisqu'il s'attache sur la face latéro-ventrale de ce dernier, nous le faisons dériver du pubo-ischio-fémoral interne conformément aux homologies générales admises par WiLoEr (p.36). Pour GADpow, au contraire, il se rattacherait plutôt au carré des lombes ainsi que le psoas des Mammifères ; mais cette hypothèse explique moins aisément que celle de WiLper l’attache de Ges muscles au fémur. En effet s’il est très facile de supposer que le muscle pubo-ischio-fémoral interne s’étende graduellement de la face viscérale du bassin jusque sur la colonne vertébrale, celle-ci étant reliée avec le bassin par des articulations immobiles, 1l est beaucoup plus difficile de comprendre comment une partie des muscles hypoaxiaux, partant de la colonne, aurait pu passer sur le fémur, mobile,et faisant avec le bassin des angles variables, C’est pourquoi la première hypothèse paraît préférable.

Le pubo-ischio-fémoral externe donne deux muscles : 19 un muscle du plancher pelvien, non représenté dans notre figure, le m. oblurator, qui, né de la face viscérale de la membrane obturatrice et des os adjacents à cette dernière, sort du bassin par le trou obturateur et va s'attacher à la face externe du trochanter près du m. ischio-fémoral; (Arix le considère comme l’obturateur externe dont une partie aurait passé en dedans par le trou obturateur et s’étalerait à la face interne de l’ischion) et 20 deux muscles, non plus horizontaux comme l’obturateur, mais verticaux : les adducteurs (m. pubo-ischio-femorales). De ces deux muscles l’interne, plus médial, naît de la moitié proximale du pubis et de l’ischion et va au tiers distal du fémur ; l’autre, venu des parties les plus éloignées de lischion se rend à la partie proximale de la diaphyse fémorale. Bien qu’ils soient appelés pubo-ischio-fémoraux il est rare, comme le fait remarquer ALIx que ces muscles s’attachent au pubis sur lequel 1ls glissent simplement ; s’ils le font, leur adhérence à cet os est tellement légère qu'il est difficile d’y voir une insertion. Ce trait corrobore l’opinion exprimée plus haut, et d’après laquelle le pubis des Oiseaux, en arrière du trou obturateur, loin de répondre au vrai pubis ne peut être comparé qu’au ligament pubo-sciatique des Sauriens.

En dehors des adducteurs dont il recouvre en partie les insertions pelviennes, se trouve le m. ischio-femoralis que l’on compare souvent au carré crural et qui, attaché à la partie postérieure de l’ischion jusqu’à

la ligne ilio-ischiatique, se fixe par son tendon à la face externe du fémur sous le trochanter.

Muscles superficiels du plancher pelvien. Les muscles ventraux superficiels des Sauriens forment deux groupes : le groupe pubo-tibiai situé en avant sur le bord cranial de la plaque pelvienne, et le groupe pubo-ischio-tibial placé en arrière. Le premier, comme on la déjà vu chez les Crocodiliens, abandonne ses insertions sur le pubis pour les porter sur l’ilion, où il va se mêler ou s'ajouter au musele iio-tibial. Il fournit deux muscles au moins : l’ilio-tibial interne ou couturier et l’ambiens dont nous parlerons slus loin. Le groupe pubo-ischio-tibial, perdant sa partie pubienne en raison même de la réduction du pubis vrai, donne deux muscles : l’ischio-flexorius et le m. caudo-ilio flexorius. Le premier occupe le bord postérieur de la cuisse et va de l’extrémité caudale et ventrale de l’ischion au bord interne du tibia. Il correspond pour Arrx au droit interne de la cuisse. Le second, qui répond au demi-tendinéux, a d’abord comme lui une attache sur l'ischion et la conserve encore chez nombre d’Oiseaux, mais, conformément à la tendance qu'ont les muscles de ces animaux à remonter leurs insertions du côté dorsal pour s’adapter à la position verticale du membre, il gagne aussi l’ilion, et même il passe de ce dernier jusque sur les premières vertèbres caudales auxquelles il s’attache par un faisceau plus ou moins volumineux qui reste indépendant sur une assez grande longueur avant de se fusionner avec le corps du muscle. L’ilio-caudoflexorius se dirige vers le creux du genou, et, avant d’y arriver, reçoit ‘un faisceau musculaire (accessoire de lilio-caudo-flexorius) venu du distum fémoral, et qui l’aborde presque à angle droit. Ce muscle devient par là un muscle à deux chefs, pelvien et fémorai ; il ne doit pas cependant être confondu avec le biceps fémoral ou ilio-peronealis, qui chez les Oiseaux n’a qu’une insertion pelvienne et pas de chef fémoral, mais qui s'attache toujours au péroné, contrairement à l’ilio-caudo-flexorius qui s’insère au bord interne de la jambe.

Muscles insérés sur l’ilion. Les muscles attachés à l’ilion sont représentés chez les Sauriens par trois groupes : ilio-tibialis, ilio-femoralis, ilio-peronalis. Voyons d’abord ce que deviennent chez les Oiseaux les deux derniers.

Un seul musele répond chez les Oiseaux à l’ilio-femoralis des Sauriens, c’est l’ilio-femoralis-externus qui, partant du bord dorsal et externe de lion, au-dessus de l’acétabulum, va s’insérer au milieu de la face externe du trochanter fémoral. Ce muscle répond seul pour GApow aux fessiers (petit et moyen) de l’anatomie humaine.

L’illo-peronealis des Oiseaux est un large muscle plat, allant de Pilion

au péroné, et qui est homologue à la longue portion du biceps crural. Ce musele s'attache à la partie postacétabulaire de lilion, le long de la ligne ilio-ischiatique et se. porte vers le genou où son tendon passe sous une arcade fibreuse fournie par le jumeau externe, s’y réfléchit

“el téb.inl.

AE Lt

FiG. 75. — Principauæ muscles de la racine du membre postérieur, face latérale gauche (Schéma). à

ac. caud. il. fL., access. caudo-ilio-flexorius ; — ad. int., adductor internus ; — ad. ex., adductor externus ; — amb., ambiens ; — caud. 1l. fem., caudo-ilio-femoralis; — caud. il. fleæ., caudo-ilio-flexorius ; — 1. fem. éx., ilio-femoralis externus; — 1. tib. ant., ilio-tibialis anterior ; — 21. tb. int., ilio-tibialis internus ; — 12. tb. med., ilio-tibialis medius ; — 1/. per., illo-peronealis ; — 41. tb. post., ilio-tibialis posterior ; — 41. tr., ilio-trochanterii; — 1sch. f., ischio-femoralis ; — isch. fl., ischio-flexorius ; — per., péroné ; — rot., rotule ; — t:b., tibia.

et suit le bord interne du péroné Dies ou moins loin avant de s'attacher à cet os. | :

Le groupe ilio-tibial représenté chez les Amphibiens par un simple muscle, Pilo-tibialis, se complique chez les Oiseaux par le transfert sur Piion du groupe pubo-tibial et par des différenciations’' secondaires extraordinairement nombreuses. Le groupe pubo-tibial donne deux muscles, l’ilio-tibialis internus et lambiens. Le premier va des apophyses épineuses des deux dernières vertèbres dorsales et du bord antérieur de lPilion au genou et à la rotule, pour se terminer sur la crête antéro-

interne du tibia. Il est situé en partie sur la face interne de la cuisse dont il forme le tranchant du bord antérieur, et 1l répond au couturier de lPanatomie humaine. L’ambiens se fixe sur l’épine 1lio-pubique, ou, lorsque celle-ci manque, à la surface précotyloïdienne correspondante, puis gagne la face interne du genou pour passer en avant de ce dernier dans un tunnel creusé dans l’épaisseur de l’aponévrose et venir se continuer dans le fléchisseur superficiel des doigts.

Le groupe 1ilio-tibial se partage pour Gapow en deux lames, une profonde et une superficielle. |

La lame profonde donne les muscles 1lo-trochantériens et les muscles du triceps fémoral. Superposés au nombre de trois, les muscles iliotrochantériens s’insèrent sur la surface externe de la portion préacétabulaire de lPilion et se portent sur la ligne moyenne du trochanter externe du fémur, où ils s’attachent les uns au-dessus des autres. Pour un grand nombre d’auteurs, depuis VicQ D’AZYR, ils représentent le petit et moven fessiers de l’anatomie humaine. Pour Gapow ces muscles ne répondent point aux fessiers pour deux raisons : d’abord parce qu'ils s’attachent à une parte de lilion qu'il regarde comme manquant aux Mammifères, la partie préacétabulaire étant une acquisition spéciale à certains Sauropsidés, ensuite parce qu'ils ne sont pas innervés comme les fessiers, par le sciatique mais par le plexus crural. Les muscles du triceps sont représentés par le m. rectus femoris plus ou moins confondu à sa partie supérieure avec l’ambiens et par les deux vastes.

La lame superficielle du groupe 1lo-tibial se partage en m. uio-tibialis anterior ou externus, m. ilio-tibialis medius et m. 1lio-tibialis posterior. Ces trois muscles forment avec le couturier la vaste nappe superficielle museulo-aponévrotique de la cuisse. Cette nappe musculaire a été considérée par Vice D’AzYrR comme répondant à la fois au couturier, au muscle du fascia lata, et au grand fessier. Dans un sens large cette opinion est pleinement justifiée, mais 11 faut distinguer plus soigneusement, à la lumière des observations récentes, les différentes parties qui la composent. Le muscle couturier des Oiseaux (m. iho-tibialis internus) doit être rapporté au groupe pubo-tibial comme on Pa vu plus haut, mais le muscle qui lui tait suite sur le côté externe de la cuisse appartient sans conteste au groupe ilio-tibial, &’est lilio-tibialis anterior dont les fibres les plus superficielles sont parfois décrites sous le nom d’ulio-tibialis externus. Celui-ci naît du bord dorsal de lion par une aponévrose très mince qui laisse plus ou moins transparaître les muscles ilio-trochantériens, puis il s’épaissit en une lame charnue recouvrant la partie antérieure de la face externe de la cuisse. Sa partie profonde, qui suit la face antérieure du fémur, reçoit les fibres des muscles vastes qui

viennent se porter avec les siennes propres sur la rotule. Elle répond évidemment en partie par ses fibres préfémorales au m. rectus femoris ou droit antérieur de la cuisse, mais ce muscle est peu distinct comme tel à cause de sa continuité avec les fibres superficielles qui forment l’ilotibialis externus, et 1l a été méconnu par divers auteurs dont quelquesuns ont considéré l’ambiens comme représentant le rectus femoris, erreur qui doit être évitée.

Les autres muscles issus du groupe ilio-tibial sont les m. ulio-tibialis medius et ilio-tibialis posterior. Le premier répond au tenseur du faseia lata et à ce fascia lui-même par sa partie aponévrotique, laquelle en passant au-dessus du muscle vaste externe, sur le côté correspondant de la cuisse, s’accole plus ou moins étroitement à lui. En arrière du tenseur, et le continuant sans interruption jusque vers la partie caudale de Ta crête ilio-ischiatique, se trouve l’ilio-tibialis posterior ou grand fessier ou encore fessier postérieur. Ce muscle forme la partie la plus étendue de la nappe superficielle de la cuisse. Il est aussi beaucoup plus épais que le tenseur du fascia et que l’ilio-tibial externe et son action est assez puissante. Se terminant sur le fascia lata et sur laponévrose du genou (face externe) puis par elle, sur la crête externe du tibia et sur l’aponévrose jambière, il forme le muscle extenseur superficiel de la jambe (Arrx}). Doit-on le comparer au grand fessier de l’anatomie humaine ? Évidemment non, il en diffère surtout par ses insertions distales qui sont beaucoup plus superficielles puisqu'elles n’atteignent le fémur que d’une manière indirecte, par l'intermédiaire du vaste externe à qui il se soude plus ou moins par le fascia lata. C'est pourquoi le nom de fessier postérieur convient mieux. Le groupe musculaire ilio-tibial reçoit son innervation, de diverses sources sa partie antérieure est innervée par le plexus crural, la postérieure par le plexus sciatique ; la séparation se fait au niveau de lilio-ibialis externus qui est à cheval sur les deux plexus et reçoit des nerfs de chacun d’eux.

Enfin, 1l reste un dernier muscle à signaler à la cuisse et que nous n'avons pas décrit en même temps que ses voisins immédiats à cause de son origine spéciale, c’est le caudo-ilio-femoralis. Il répond évidemment aux muscles caudo-cruraux des Vertébrés inférieurs et l’un de ses faisceaux naît comme chez ces derniers des vertèbres caudales, en particulier des dernières. A cause de la faiblesse de ces vertèbres le faisceau caudal du muscle caudo-ilio-fémoral est peu important et il ne jouerait certainement aucun rôle dans les mouvements de la jambe s’il n’était renforcé par un gros faisceau né de l’ilion qui se joint à lui et qui se rend à la partie moyenne de la diaphyse fémorale en dehors des adducteurs

qu'il recouvre en partie. Ce dernier faisceau peut incontestablement soit maintenir le fémur dans son obliquité moyenne, soit le tirer en arrière ; 1l prend dans cette action son point d’appui en arrière, sur lion. Son faisceau conjoint, le caudal, n’agit au contraire qu’en sens inverse, comme abaisseur de la queue en prenant son point fixe au fémur.

Contrairement aux muscles du bassin des Reptiles rampants qui se trouvaient groupés essentiellement en une masse horizontale, c’est-àdire disposée dans le plan même où se meut principalement le fémur, ces mêmes muscles, chez les Oiseaux, sont disposés en une masse verticale et les mouvements du fémur sont eux-mêmes limités à de faibles oscillations en avant et en arrière dans le même plan vertical. L'écart qu'il peut subir et qu'il présente dans certaines attitudes est en effet insignifiant et ne modifie que très peu l’orientation toujours parasagittale du membre. Mais dans cette situation le fémur forme avec l’axe du corps ou avec celui du bassin un angle à peu près constant, l’angle zono-stylique ou ilio-fémoral situé entre le fémur et la partie préacétabulaire de l’ilion. Cet angle se comporte comme les angles poplité et pédieux à la manière d’un ressort actif, de façon à maintenir à peu près constante la position du fémur pendant la station, c’est-à-dire, à empêcher le distum fémoral d’être relevé dorsalement par le poids du corps. Pour cela le fémur est maintenu dans sa position moyenne, soit par des muscles directs, tendus entre le bassin et le fémur (m. adducteurs et m. caudo-ilio-fémoral), soit par des muscles indirects, s’insérant à la jambe, mais qui, en tirant celle-ci en arrière, empêchent le déplacement en avant du genou et contribuent ainsi au maintien du fémur dans sa position moyenne. Ce sont l’ilio-peronealis (biceps), le caudoilio-flexorius (demi-tendineux) et l'ischio-flexorius (droit interne). Tous ces muscles sont en même temps rétracteurs du fémur.

Comme antagonistes aux rétracteurs du fémur se trouvent les museles qui aboutissent à la rotule (couturier, ilo-tibial externe et muscles du triceps crural). Enfin la couche superficielle ilio-tibiale (iho-tibial externe, tenseur du fascia lata, ilho-tibial postérieur), agit à la fois dans lextension de la jambe sur la cuisse, en antagoniste par conséquent des muscles rétracteurs, comme écarteur ou abducteur du membre, mais surtout comme organe de contention des muscles de la cuisse par sa portion aponévrotique et cette contention joue un rôle beaucoup £lus considérable qu’on ne l’imagine parfois, en donnant un point d'appui périphérique aux masses musculaires et en leur fournissant le cadre de soutien fibreux qui paraît si important pour l’accomplissement de leurs fonctions.

Les muscles ilio-trochantériens, comme Îles muscles ïlio-fémoral externe et interne, et l’obturateur n’agissent que comme rotateurs dans un sens ou dans l’autre, ou pour modifier légèrement la direction des os. Ce sont des muscles manœuvriers (AMANS) très importants pour le fini et la perfection de la fonction, car les mouvements des membres ne s’accomplissent pas uniquement dans des plans géométriques comme ceux que nous avons indiqués à la page 9, mais ils comportent des changements de direction plus ou imoins marqués dans les divers temps de leur course. Toutefois, comme :1l est aisé de comprendre que ces manœuvres sont assez différentes suivant les espèces, leur forme et leur manière d'agir, on devine que les muscles qui les exécutent diffèrent aussi, soit dans leur développement relatif, soit dans leurs insertions. C’est pourquoi nous ne nous arrêtons pas davantage sur eux, nous contentant d’avoir attiré lattention sur les grands muscles qui sont les moteurs principaux, l’arbre de couche (Amaxs) de la fonction.

Muscles abdominaux. -— 1,'attache de ces muscles au bassin présente quelques particularités liées au développement de la portion préacétabulaire de l’ilion. Celle-ci en effet, — bien différente de la partie la plus craniale de lion des Sauriens qui s’arrête toujours du côté dorsal au niveau de la côte sacrée et ne s’étend pas en dessus d’elle, — se développe du côté dorsal, recouvrant les dernières côtes, si bien que dans la région la plus antérieure du bassin lion n’est point relié à la colonne par les côtes sacrées, formations ventrales, mais par les apophyses transverses, formations dorsales et qui labordent elles-mêmes en dessous, c'est-à-dire par sa face ventrale. L’ilion s’écarte done par conséquent dans cette région de la paroi de lPhyposome pour passer dans l’épisome qu'il recouvre partiellement, surmontant les muscles dorsaux, et cet écartement est surtout marqué à son bord médial et à son extrémité. craniale. Naturellement les muscles de la paroi abdominale ne le suivent pas dans ce déplacement et gardent leurs connexions primitives, Il en résulte qu'ils sont disposés de la manière suivante : l’oblique externe. naît de la face externe de la plupart des côtes et de leurs apophyses. uncGinées ; arrivé dans la région du bassin, 1l s'attache largement au bord caudal de la dernière côte, mais 11 ne s’insère point à lilion qu'il laisse entièrement de côté, pour se porter plus en arrière vers le pubis auquel il s'attache. Au-dessous du bord ventral de lion l’oblique externe est continué par une lame fibreuse qui naît des côtés de la colonne vertébrale et s'étend en bas et en arrière, s’attachant au bord ventral de l'ilion immédiatement au devant de l’acétabulum. Cette toile fibreuseest renforcée, en bas, par les fibres de l’oblique interne qui se portent

du-bord ventral du pubis vers les côtes, en haut par quelques fibres

musculaires allant du proximum de la dernière côte à la face ventrale

forme seule la pa-

de lion ou aux bords latéraux de la colonne, et qui répondent au carré des lombes. Mais are cr.

ces fibres n’occu- es PRE

pent qu’une partie nee

de la membrane fibreuse, et 1l reste au-devant du bord ventral de l’ilion et :

del’acétabulumun 4-16 espace dans lequel cette : membrane

roi abdominale.

C’est un point

faible de cette pa- DE Dél YOI, Mails comme Fic. 76. — Muscles latéraux de l'abdomen et arcade crurale, - L jace latérale sauche (Sché à la cuisse ÿ accolée de a " e Saucne ( chéma) : à

RS :.) arc. cr., fausse arcade crurale ; — ap. unc., apophyse uncinée ; —de le re ob. int., oblique interne ; —- ob. ext., oblique externe ; — tr. 'cot., couvre largement, trou cotyloïdien ; — tr. ob., trou obturateur ; —- tr. sce., trou

sciatique.

il n’en résulte aucune conséquence fâcheuse.

Cette disposition des muscles obliques externes, qui ne s’attachent plus à l'ion mais seulement au pubis, est assez différente de ce que l’on observe chez les Reptiles, et il n’y a jamais chez les Oiseaux un interstice crural hmité par l’oblique externe ou par une bande fibreuse en dérivant, d’une part, et le bord cranial du bassin de l’autre, comme chez les Sauriens, et destiné comme lui au passage de muscles. L'absence d'arcade crurale vraie est en rapport avec celle des muscles pelviens internes passant de la cavité du bassin au membre en se réfléchissant sur le bord du pelvis. Ces muscles font 1c1 totalement défaut et le seul muscle interne du bassin est représenté par l’obturateur qui, traversant le trou de même nom, va s’étaler à la face interne de l’ischion.

Mais s’il n'existe pas d’areade crurale destinée à livrer passage aux museles, comme e’était le cas chez les Urodèles et les Reptiles rampants, il y a cependant une perforation peu étendue de la paroi abdominale, siégeant juste .au-devant de l’acétahulum, et qui donne passage

- à l'artère crurale. On observe donc pour la première fois chez les Oiseaux

un anneau crural destiné au passage d’un tronc vasculaire et creusé dans la paroi abdominale entre celle-er et le bassin, alors qu'il existait

seulement jusqu’à eux une arcade donnant passage à des muscles, mais à aucun vaisseau important. Toutefois, comme chez les Urodèles, les Sauriens et les Crocodiliens, la principale artère de la jambe des Oiseaux est encore située derrière le bassin, et gagne le membre par le trou sciatique ; c’est l'artère ischiatique, qui s’étend seule jusqu’à l’extrémité du membre, et les artères du membre postérieur présentent par là une disposition plus voisine de celle des Sauropsidés que de celle des Mammifères où le vaisseau principal est l’antérieur (artère fémorale). En dehors de la région pelvienne qui vient d’être décrite les muscles abdominaux se comportent de la manière suivante : les obliques externes nés des côtes se portent d’une part à toute la surface externe du pubis, d’autre part sur l’aponévrose qui forme la large ligne blanche. Quelquefois (Canards), certains de leurs faisceaux les plus médiaux s’attachent aux bords latéro-caudaux du sternum et s'étendent de là presque en ligne droite vers le pubis, formant avec les muscles droits, qui en sont peu distincts, et l’aponévrose de la ligne blanche, une plaque quadrilatère tendue entre le bord caudal du sternum et l’arcade pubienne fibreuse. Le bord caudal de cette plaque est échancré sur son milieu dans l’étendue correspondant à la symphyse pubienne absente. Toutefois le bord de cette échancrure est renforcé par des faisceaux fibreux allant d’un pubis à l’autre et qui représentent comme une symphyse fibreuse. Les muscles droits que certains auteurs avaient mis en doute à cause de l’absence de cette symphyse sont représentés par les fibres les plus médianes de cette lame ; celles-ci sont recouvertes par l’aponévrose de l’oblique externe en dehors, et doublées en dedans par l’oblique interne et le transverse. L’oblique interne né du bord externe du pubis et du bord latéral de l’ilion, au-devant de l’acétabulum, se dirige d’une part au bord postérieur des dernières côtes vraies, d’autre part à la ligne blanche, ou mieux au bord latéral du droit interne.

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