‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 35 sur 83 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les Mammifères constituent un groupe remarquablement homogène et d'autant mieux limité que certains caractères des Monotrèmes, considérés comme indiquant une transition vers les Fépries, peuvent être envisagés d’une tout autre manière.

Je fais allusion ici à la ceinture scapulaire de ces animaux regardée par CUvIEK lui-même comme voisine de celle des Sauriens. Or, en tenant compte des rapports des ceintures avec le cœlome, comme nous l’avons fait, et de la constitution du zono-thorax des Sauropsidés, il est facile de voir que la ceinture pectorale des Monotrèmes ne présente qu’une ressemblance apparente avec celle des Sauriens, et que leur thorax, comme leur bassin sont rigoureusement construits d’après le type mammalien. Loin d’être une forme intermédiaire, cette ceinture ne représente qu’une anomalie, au sens où l’entendait bE BLAIN VILLE, C’està-dire un cas hors série. Cette prétendue ressemblance reptilienne enlevée, les Monotrèmes participent de tous les caractères essentiels des Mammifères jusques et y compris la présence d’un sinus urogénital en rapport étroit avec le plancher pelvien, fait qui se présente pour la première fois chez les Mammifères.

Ces caractères mammaliens sont : la présence de poils et de glandes du lait (nous ne disons pas mammaires qui fait allusion à une forme particulière de l'appareil galactophore et de l'embouchure de la glande sur la peau) ; celle de globules rouges sans noyau ; un thorax entièrement limité pa” les côtes et fermé en arrière par un diaphragme musculaire permettant d'obtenir le vide pleural ; un bassin à ilion dirigé d'avant en arrière à partir de son Haie vertébrale, avec plancher pelvien situé, pour sa plus grande partie, en arrière de la cavité cœlomique ; muscles ventraux de l'abdomen s’attachant exclusivement au bord antérieur du bassin, c’est-à-dire au pubis et à une arcade crurale iliopubienne et non pubo-sciatique comme chez les Sauriens ; ceinture scapulaire ne contribuant jamais à former aucune partie du thorax et réduite à sa partie dorsale ou scapulaire, les parties ventrales manquant tout à fait ou ne réapparaissant que par néoformation, lorsque le besoin

Ce

s’en fait sentir par suite de la transposition, en avant du thorax, des membres antérieurs pourvus en même temps d’une orientation nowelle ; mode spécial d’ossification par une série de centres distinets ne tardant pas à se souder entre eux et arrêtant par là toute croissance ultérieure de l’os ; température fixe en dehors des cas d’hibernation ou analogues ; élimination d’urée : dents à plusieurs racines et à couronne compliquée.

Ces caractères suffisent pour justifier l’union de tous les Mammifères en un groupe que l’on peut opposer très légitimement à celui des Sauropsidés. Comme ceux-e1 les Mammifères comportent des adaptations à des genres de vue extrêmement variés et comprennent des êtres marcheurs, grimpeurs, pisciformes, voiliers, mais chacune de ces adaptations se fait en empruntant tous les matériaux de sa structure au type mammifère, et sans rien demander aux autre groupes des Tétrapodes. Ainsi l’adaptation au vol se fera, et pourra atteindre chez certains Chiroptères un haut degré de perfectionnement, sans imiter rien de la structure des Oiseaux ; et en dehors des conditions mécaniques générales qui s'imposent à tous les voiliers, telles que insertion des ailes près du bord dorsal, au-dessus du centre de gravité, abaissement de ce dernier, brièveté du tronc ramassé en un ovoide à gros bout antérieur (AMANS) (1888 et 1913), il n’y aura rien de commun entre les Oiseaux et les Chiroptères.

A cause même de l’uniformité de structure de tous ces animaux, nous pourrons donner aisément dans une description d’ensemble les caractères principaux de leurs ceintures et de leurs membres. Nous étudierons ensuite à part quelques ordres pour montrer comment chacun d’eux est une combinaison organique spéciale caractérisée non seulement par la forme particulière des membres et de leurs ceintures, mais par les corrélations de divers appareils de la nutrition qui accompagnent ces changements des organes locomoteurs.

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