‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 37 sur 83 · AL · texte numérisé non relu

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ép.il.a t tr. ob.

F1c. 115. —- Bassin de Lapin jeune, face latérale gauche. cr. ul., crête iliaque ; — cr. lat., crête latérale ; — ép. ul. a. t., épine iliaque antérieure et inférieure ; — ép. 1. a. s., épine-iliaque antérieure et supérieure ; — ép. sc., épine sciatique ; —f. gl., face glutéale ; — f. 1l., face iliaque ; — 0. a., os acétabulaire ; — tr. 0b., trou obturateur ; — tub. se., tubérosité sciatique ; — sacr., sacrum.

la cavité articulaire et le pubis. Chez la Taupe même il est assez développé pour séparer entièrement l'ilion de l’ischion (LECHE). I se rencontre chez la plupart des Mammifères et ne paraît manquer que chez les Monotrèmes, les Prosimiens et les Chiroptères. Cet os ne tarde pas à se souder à l’un quelconque des trois os du bassin et disparaît comme individualité anatomique. Si sa fusion se fait avec le pubis, ce dernier est ainsi admis à participer à la formation du cotyle, mais c’est le cas le plus rare. D'ailleurs la fusion de l’os acétabulaire avec l’un ou l’autre des trois os peut s’observer dans un même groupe, ainsi chez les Primates il se soude avec le pubis chez l'Homme, avec l’ilion chez le Cynocéphale, avec l’ischion chez le Macaque (LECHE), ce qui exclut l’hypothèse tendant à le considérer comme l’épiphyse d’un des os du bassin et doit le faire comparer à une pièce indépendante, comme le cartilage pubien des Crocodiles (vovez p. 105).

Toutefois le mode d’ossification du pubis des Monotrèmes observé par HowEs a suggéré à ce dernier une autre hypothèse. Le pubis osseux se développe dans le pubis cartilagineux par deux os parallèles, situés l’un au bord ventral du pubis, entre l’épine 1lio-pectinée et le bord médial de l’os marsupial, l’autre dorsalenient au premier et s'étendant d’une part jusqu’à la surface articulaire destinée à l’os marsupial, d'autre part vers le cotyle (fig. 116). Cet élément dorsal qui paraît en relation mécanique avec l’os marsupial lequel reçoit là

pression des viscères, et à qui il forme un soutien, se développe le plus et forme, devant le cotyle, un prolongement carré qui exclut l’autre ossification pubienne du cotyle comme le fait l’os acétabulaire chez le Lapin. Or, si l’on compare cet os dorsal à l’os acétabulaire et l’os ventral au reste du pubis, on voit qu'il y aurait inversion du développement entre les Monotrèmes et vraisemblablement aussi les Marsupiaux d’une part, et les Placentaires d’autre part. Chez les Monotrèmes, où l’os marsupial est conservé et offre le plus grand développement connu, l’élément cotyloïdien du pubis est prééminent. Chez les Placentaires, où manque l’os marsupial, l'élément cotyloïdien devient subordonné à l’autre, vestigial et variable dans ses rapports et dans sa soudure avec les autres os du bassin. La double ossification du pubis et la possession d’un os cotyloïdien serait un caractère exclusif des Mammifères.

Sur le frais la capacité du cotyle est F1G. 116. — Développement du agrandie par l’adjonction du bourrelet coty-

RE Orne Joïdien fibro-cartilagineux qui s'étend au-delà

d’après Howes.

art. o. m., articulation de l'os de l’équateur de la tête fémorale, de manière

marsupial; — cot., cotyle; — à enfermer en quelque sorte celle-ci dans le

il, ilion ; — isch., ischion ;

— p’., ossification dorsale du cotyle.

pubis (os acétabulaire) ; — [La surface articulaire de ce dernier est

pe ossification ventrale Ltée à une bande plus où moins lar 1

pubis. P ge qu

suit la plus grande partie du bord du cotyle, mais qui fait généralement défaut sur la partie ventro-caudale de ce bord, laissant en ce point l’échancrure où incisure cotyloïdienne. Par cette échancrure on pénètre dans la cavité cotyloïde dont le fond, bien que formé par une lame osseuse continue, sauf chez l’Échidné, n’est Jamais articulaire et se trouve en retrait de la bande articulaire (arrière fond de l’acétabulum). Une disposition analogue s'observe déjà chez les Crocodiles et chez les Oiseaux (voy. p. 103 et 161), mais l’arrière-fond est formé chez eux par une simple lame fibreuse ou fibro-cartilagineuse qui disparait sur le squelette sec.

La présence de l’échancrure acétabulaire est en rapport à la fois avec linsertion pelvienne du ligament rond dont on parlera plus loin et àv’e le mode de fonctionnement du cotyle. Pour ce qui regarde ce dernier, il faut remarquer en effet que la bande articulaire du cotyle ne supporte pas la même pression sur tout son pourtour. Sa portion dorsale et les parties adjacentes étant portantes, puisque le tronc repose par elles sur

le fémur, supportent en effet l’effort maximum et se développent davantage. Lorsque la pression de la tête fémorale s'exerce à peu près également sur tout le pourtour de la cavité cotyloïde, la bande articulaire qui borde celle-ci s’étend d’une manière continue sans laisser aucune échancrure comme on le voit chez les Monotrèmes dont le fémur, placé dans un plan transversal, presse sur le bassin de dehors en dedans et par conséquent également sur tout le pourtour du cotyle. Chez les animaux

äl

ich. ub.se.

“pub. trob, F1G. 117. — Bassin de Chevreau, face latérale gauche. a. {. cot., arrière-fond de la cavité cotyloïde ; — 11., ilion ; — anc., incisure ; — ësch., ischion ; — pub., pubis ; — sacr., sacrum; s. art. cot., Surface articulaire de la cavité cotyloïde ; — tr. ob., trou obturateur ; — tub. sc., tuhérosité sciatique.

à membres dressés la pression s'exerce principalement sur les portions dorsale, craniale et caudale du pourtour de la cavité articulaire (fig. 117), qui servent respectivemient à supporter le poids du tronc ou bien la poussée du fémur dans la propulsion (rétraction du fémur), ou encore cette poussée lorsque le fémur s’appuie sur le côté caudal dans la protraction de la cuisse. Mais la portion ventrale de ce. pourtour n’étant utilisée que dans une faible mesure pour supporter le poids du membre pendant le lever de celui-ci, la bande articulairs ne s’y développe pas sur toute sa longueur et manque, notamment dans le point où se forme lincisure cotyloïdienne. Celle-ci est toujours placée apparemment entre le pubis et l’ischion d’où le nom d’ischio-pubienne qui lui est donné en anatomie humaine; mais à cause de la fusion de l’os acétabulaire avec l’ischion eile peut aussi être comprise entièrement dans le domaine de ce dernier, qui émet alors une branche antérieure vers l’ilon comme chez les Crocodiles.

On distingue encore dans le bord osseux de l’acétabulum, deux échancrures répondant aux sutures 1lo-pubienne et ilio-ischiatique, mais elles sont beaucoup moins marquées que la précédente et n’interrompent jamais la bande articulaire.

La cavité cotyloïde observée sur le squelette sec est toujours plus larsement ouverte que sur le frais à cause de la disparition du bourrelet cotyloïdien cartilagineux. Elle offre une direction qui est en rapport avec l’orientation du membre et dont la connaissance, jointe à celle de la situation des parties les plus développées de la bande articulaire peut donner des indications importantes sur l'allure de l'animal. D’une manière générale, chez les Quadrupèdes et chez l'Homme, cette cavité reoarde en dehors, en bas, et un peu en avant. Chez les Chiroptères au contraire, et ceci est en rapport avec l'orientation singulière du membre postérieur, elle regarde en dehors, en haut et en arrière (voy. fig. 191).

Le ligament rond est un ligament épais, non pas absolument cylindrique comme pourrait le faire penser son nom, mais plutôt aplati, qui va du pourtour de la cavité cotyloïde à une fossette de la tête fémorale située un peu en dessous du centre de cette dernière. Logé dans l’échancrure et dans l’arrière-fond de l’acétabulum, auquel il est relié par quelques lames fibreuses, le ligament rond se place contre la tête fémorale sur qui il glisse librement, sans y adhérer autrement qu’au point limité où il s'attache. Il est donc sur une certaine partie de son étendue hbre et intra-articulaire.

Cependant certains auteurs ont admis que cette situation intra-articulaire n’était que secondaire et acquise, que le ligament rond n’était que le tendon d’un muscle pectiné séparé de son musele au cours du développement phylogénétique (BLAND SUuTToN), où qu’un épaississement de la capsule articulaire, un ligament extérieur à l'articulation et venant s’insérer sur le bord interne de la surface articulaire du fémur. Lorsque le membre, pour passer du type reptilien au type mammifère, a changé d’orientation, ce ligament aurait été entraîné dans ce mouve-

FiG. 118. — Cavité cotyloïde et ligament rond d'un Mammifére.

ment, et «en même temps, la partie de la tête fémorale primitivement uon articulaire, qui s'est trouvée enfoncée dans l’acétabulum a acquis tout autour du ligament la conformation articulaire » (A. SABATIER, p. 390). Cette conception de l’origine du ligament rond a conduit à ne ie plus considérer que comme un organe rudimentuire, sans valeur fonctionnelle, et son absence dans certaines espèces, voisines d’autres où il existe, en même temps que la variabilité de sa taille et de son épaisseur dans une même espèce, ont semblé donner beaucoup de force à cette opinion. Cependant il s’en faut qu’elle soit prouvée. On verra plus loin qu'il est fort difficile d'admettre la possibilité d’un-changement de position du membre chez un animal achevé, mais de plus, le cas des Oiseaux, où il n’y a pas d’échancrure cotyloïdienne, montre que dans le redressement de leur membre la capsule articulaire n’a pas pu être entraînée dans la cavité articulaire, car elle aurait été comprimée entre la tête fémorale et J 5 F1G. 119. — Cavité cotyloïde et ligament rond de N'indon

la bande articulaire ven- (Schéma).

trale du cotyle. D'ailleurs la situation inverse du ligament rond des Oiseaux, par rapport à celle du même organe chez les Mammijères, prouve qu’il ne peut s'être produit par le processus indiqué, et il est infiniment plus exact de considérer ce ligament comme s'étant formé sur place, au cours de l’ontogenèse comme les ménisques ou les ligaments intra-articulaires dans tant d’articulations ainsi qu’on le verra plus loin. Il faut noter que la disposition inverse du ligament rond des Oiseaux, par rapport à celui des Mammifères, lui laisse cepandant la mêmé fonction qu’à ce dernier — arrêter la flexion du fémur dans le sens cranial — parce que ses attaches sont transferées de la moitié inférieure à la moitié supérieure de la tête fémorale et que leurs points fixe et mobile sont exactement inverses de ceux des Mammifères.

Les variations de ce ligament s'expliquent tout aussi aisément par la connaissance de ses fonctions que par l’hypothèse atavistique. En effet étant données sa force habituelle et son insertion au-dessous du

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