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FiG. 175. — Scapulum et nageotre de Dauphin, (Tursiops tursio). acr., acromion ; — cl., cubital ; — cond., condyle; — cor., coracoïde ; — cub., cubitus ; — {. presc., fosse préscapulaire; — f. post., fosse postscap ; — h., humérus.; — :., intermédiaire ; — olécr., olécrane ; — rad., radius ; — rl., radial; — #r., trochanter ; — I, V,
premier, cinquième métacarpiens.
donne à l’ensembie du squelette de la nageoire une rigidité bien plus grande que chez les Baleines où ces caractères ne se rencontrent pas.
Le carpe a une constitution très variable et il est parfois très difficile d’homologuer les os qui le constituent. Il semble cependant avoir conservé dans certains cas une structure très généralisée et voisine de la’ forme primitive. Ainsi, chez Mesoplodon bidens, TURNER remarque: que les pièces carpiennes sont séparées les unes des autres par de faibles lames de cartilage, creusées même, en certains points, de petites synoviales, au lieu d’être enfoncées à distance les unes des autres dans une lame cartilagineuse très étendue, relativement à elles, comme dans les Baleines. Elles sont au nombre de 8 : à la première rangée un radial, un intermédiaire qui s'enfonce en coin entre leradius et le cubitus comme dans les types inférieurs (Urodèles, Chelhkydra, Sauranodon), un cubital
et en dehors de lui un pisiforme fortement enveloppé de cartilage. Entre les deux rangées un petit central placé entre l'intermédiaire, le radial et le premier carpien, et qui n’est d’ailleurs visible que sur la face ventrale. La seconde rangée comprend un premier carpien pour le pouce, une pièce unique (carpien 2 + 3) pour les deux rayons suivants, et enfin une autre pièce (carpien 4 +5), pour les deux derniers rayons. Dans cette main le prolongement interzeugopodique de l'intermédiaire, la présence d’un central et le mode d’articulation des pièces entre elles se rapprochent du type primitif, tandis que les fusions rencontrées dans la seconde rangée s’en éloignent. Chez Hyperoodon TuRNER signale une première rangée assez semblabie à celle de Mesoplodon, pas de central, mais en revanche les cinq carpiens de la seconde rangée sont distincts et séparés, cas unique parmi les Mammifères.
Chez les autres Cétacés le nombre des pièces carpiennes est plus faible. Chez les Baleines vraies le carpe, large, est formé d’une plaque de cartilage divisée en un certain nombre de parties correspondant aux pièces carpiennes et réunies entre elles par du tissu fibro-cartilagineux, renfermant parfois de petites synoviales. Un point d’ossification apparaît d'habitude au centre de ces différents cartilages et s'accroît très lentement, n’atteignant leur surface qu’à la maturité de l’animal. Il y a ordinairement trois ossifications distinctes dans le carpe des animaux adultes, mais il peut y en avoir davantage, Le carpe possède aussi du côté ulnaire une saillie répondant au pisiforme.
Chez les Dauphins les os du carpe sont plus serrés les uns contre les autres et forment une mosaïque, dont les fragments, séparés les uns des autres par des faces planes, sont unis entre eux par du fibro-cartilage. On trouve une première rangée de trois pièces répondant aux radial, intermédiaire et cubital. La seconde rangée n’est représentée que par deux os indéterminés jusqu'ici, mais qui répondent vraisemblablement aux pièces moyennes de cette rangée (trapézoïde et grand os), car le premier et le dernier doigt s’articulent directement avec des os de la première rangée. La détermination des pièces du carpe chez les Cétacés est soumise à de très grandes difficultés non seulement à cause de leurs dispositions diverses suivant les genres, mais encore à cause des variations individuelles observées dans une même espèce, et de ce que, parfois, dans un même individu les carpes des deux côtés ne se ressemblent ni dans leur arrangement, ni dans le nombre de leurs pièces (FLOWER).
La main des Cétacés appartient au type pentadactyle, mais les deux doigts extrêmes peuvent être excessivement réduits et paraître manquer. Dans les doigts restants le nombre des phalanges est toujours augmenté, même lorsque la main est du type court et large comme chez les Baleines
et chez certains Odontocètes. En effet dans les Baleines le nombre des phalanges est, du 1% au 52 doigt : 0, 3, 4, 3, 2 ; chez le Dauphin du Gange, Platanista : 2,5, 4, 4, 4, chiffres qui peuvent servir de type pour les doigts courts, tandis que les doigts allongés comptent chez Megaptera boops 2, 7, 6, 3 phalanges (STRUTHERS), pour les 4 premiers doigts, et chez le Dauphin commun : 1, 7, 5, 2, 1; chez Globiocephalus melas 3, 13, 8, 2, 0. II faut ajouter que l'extrémité des doigts restant longtemps cartilagineuse et les phalanges étant séparés les unes des autres par des bandes épaisses de fibro-cartilage, 11 ne manque pas de raisons pour que, sur les squelettes préparés, une ou plusieurs phalanges soient perdues. Chez les Odontocètes la main revêt deux formes bien différentes et présente tantôt un type court et large, en palette (WMonodon, Beluga, ete.) à doigts relativement courts et écartés les uns des autres surtout du côté ulnaire, tantôt le type falciforme avec les doigts très allongés, serrés ies uns contre les autres, les deuxième et troisième prédominant {Delphinus.)
Quelle que soit la forme de la main les phalanges sont toujours coupées carrément à leurs extrémités qui se continuent avec le fibro-cartilage interposé entre elles de telle façon que tout mouvement de flexion des unes sur les autres leur est interdit, mais la lame osseuse de la main possède une souplesse et une flexibilité relatives.
LeBoucQ a fait remarquer que chez les embryons le nombre des phalanges est plus élevé que chez les adultes, par suite de fusions s’opérant secondairement entre diverses phalanges, si bien que les ancêtres immédiats des Cétacés actuels devaient avoir une main encore plus éloignée, par le nombre de ses phalanges, de la main typique des Mammifères, que celle des Cétacés actuels.
L'orientation du membre se reconnait à l’inspection de l’humérus. Dans les types à membres parasagittaux le condyle articulaire de l’humérus est situé sur le bord caudal de l'os, c’est-à-dire au-dessus du bord cubital du membre et la tubérosité trochantérienne est placée sur le bord cranial. Ce condyle est d’ailleurs fort saillant et empiète largement sur la face externe et sur la face interne du membre, de façon à permettre des mouvements étendus dans divers sens. Il est situé en somme comme chez les Mammifères coureurs, mais le distum huméral est disposé tout autrement, et au lieu de former une charnière transversale pour le coude, c’est-à-dire d’être aplati d'avant en arrière, il est aplati latéralement de dehors en dedans et s’étale dans le plan parasagittal comme la tête du zeugopode avec qui il s'articule.
Dans les types à membre horizontal comme le Dauphin vulgaire le condyle huméral est tout autrement placé. Il est situé sur la face externe de l’humérus sur laquelle 11 fait saillie, tandis que le trochanter, massif,
est reporté sur la face opposée. Le bras se présente donc différemment dans les deux cas à la cavité glénoïde qui, elle-même, est orientée un peu diversement. Dans le type parasagittal, le membre ayant son condyle sur son bord caudal, la cavité glénoïde regarde en bas et un peu en arrière ; l’emoplate forme avec le membre un angle plus eu moins aigu dans la position moyenne de la nageoire et cet angle est contenu dans le plan parasagittal. Dans le type horizontal le membre se présente par sa face externe (ou dorsale primitivement) à la cavité glénoïde ouverte directement en bas ; l’angle formé par l’axe de l’omoplate et celui de la nageoiïre n’est plus dans un plan parasagittal, mais dans un plan transversal. Considéré isolément le membre se rapporte assez bien au modèle archétype dans lequel les divers segments sont tous dans le même plan et où aucun ploiement angulaire ne les déplace les uns sur les autres. Mais l'articulation qu'il offre avec l’omoplate n’a point gardé la position primitive, car la cavité glénoïde n’est point une fossette latérale de la ceinture sur laquelle viendrait s'implanter le membre plus ou moins perpendiculairement. C’est une fossette ventrale présentant le caractère essentiel de cette articulation chez les Mammifères.
Bassin et membre postérieur. — Le membre postérieur des Cétacés, pas plus que celui des Siréniens, n’est jamais visible à l'extérieur, en dehors d’une très courte période embryonnaire pendant laquelle il se montre comme un bourgeon court de chaque côté de la région cloacale. A l’état achevé il consiste uniquement en des rudiments squelettiques plus ou moins reconnaissables, qui restent enfouis sous les muscles et les aponévroses, ou même 1l fait entièrement défaut. |
Le bassin est représenté par deux os pelviens indépendants l’un de l’autre et de la colonne vertébrale, placés horizontalement et d’avant en arrière, sur les côtés de l’orifice uro-génital et plus ou moins compliqués suivant les espèces.
Chez les Baleinoptères, l’os pelvien est une pièce arquée présentant trois parties nommées par J. STRUTHERS le bec, le corps et le promontoire (fig. 177). Le bec est formé par l'extrémité antérieure de l'arc, le corps par son extrémité caudale, le promontoire par une saillie latérale placée entre les deux. Le bec est plus long que le corps et le promontoire est plus ou moins saillant suivant les genres. Chez Balaenoptera borealis (voy. fig. 177), ce dernier s’atténue tout à fait, et les deux extrémités aussi, de sorte que l’os pelvien arrive à former un simple arceau latéral qui conduit au bassin des Dauphins, encore plus réduit. L’os pelvien est placé dans le pourtour de l’orifice urogénital au sein d’une aponévrose qui forme les parois de la fosse pelvienne renfermant la terminaison des
voies génitales. Cette aponévrose se continue elle-même en avant dans une bande fibreuse arquée ; le ligament prépelvien (STRUTHERS, fig. 176), qui fait partie de la paroi antérieure de la fosse, et en arrière dans un ligament postérieur, le grand ligament interpelvien, beaucoup plus épais et dans lequel on peut distinguer deux parties : l’une latérale, arquée, qui se continue à la fois dans les racines du pénis et dans la seconde portion, médiane, ou grand ligament transverse, forte bande fibreuse transversale qui donne au ligament postérieur sa grande solidité.