C. Cr, D. isch.fenr
CCR
F1G. 11. — Vue latérale du tronc d’Axolotl au niveau de la région pelvienne, le membre. postérieur enlevé et ses muscles coupés. Schéma.
a. cr., arcade crurale ; — art. cr., artère crurale ; — c. cr. d., muscle caudo-crural dorsal ; — c. cr. »., muscle caudo-crural ventral ; — cot., cotyle ; — f. a. cr., fausse arcade crurale ; — ul. fém., ilio-fémoral ; — xl. pér., ilio-péronéal ; — xl. tib., ilio-tibial ; — isch. fem., ischiofémoral ; — p. à. f. i., pubo-ischio fémoral interne ; — p. hy., pubo-hyoïdien.
deux piliers, l’un caudal attaché àl’ilion, l’autre cranial fixé à l’épine pectinée et constitué par le myosepte antérieur du pénultieme myomère. Cette arcade répond jusqu’à un certain point à l’arcade crurale des: Mammifères car elle s'étend de l'ion au pubis, et elle laisse passer en dessous d’elle un muscle qui se comporte: à peu près comme les
muscles psoas et iliaque. Mais elle n’est point limitée par une bande fibreuse isolable comme l’arcade des Mammifères, et elle ne donne point passage aux vaisseaux cruraux, de sorte que l’anneau qu’elle forme répond plutôt à la portion latérale de l’arcade des Mammifères comprise entre l’ilion et la bandelette 1lo-pectinée. Au-delà de l’arcade crurale, en allant du côté cranial et vers la ligne médiane, les muscles de l'abdomen s’attachent au bord cranial du pubis. HuxLey admettait que chez la Salamandre la dernière digitation de l’oblique externe (le dernier myomère) s’attachait à l’épine pectinée, puis que les digitations précédentes se fixaient un peu plus en dedans du bord cranial du pubis, laissant entre elles et lui un interstice qu'il comparait à l’anneau inguinal des Mammifères. Le terme inguinal est évidemment pris ici dans un. sens général, il n’y a d’anneau inguinal que chez les Mammifères et il est situé cranialement à l’arcade crurale et non en arrière d’elle. Il faudrait donc appeler anneau crural l’espace décrit entre les fibres de l’oblique externe l’épine pectinée et le bord cranial du pubis. Mais l’existence même de cet interstice peut être mise en doute; en effet les fibres musculaires des obliques ne s’attachent pas directement au cartilage sur le bord cranial du pubis, mais bien à une lame fibreuse qui s’insère sur lui. Il est facile par la dissection de diviser cette lame et d’y faire une fente plus ou moins étendue que l’on pourrait prendre pour l’anneau crural, seulement si l’on réfléchit qu'il ne passe au niveau de cet interstice ni un seul muscle interne du pelvis, ni le vaisseau crural, qui sort du bassin derrière l’ilion, on voit bien qu’il n’y a pas lieu de lui considérer une existence réelle. L’arcade crurale véritable est représentée par le bord ventral du myomère prépelvien, courbé en voûte, et qui s’insère à l’ilion et à l’épine pectinée, comme il a été dit plus haut.
Museles de la queue. — Les muscles de la queue s’attachent au bord postérieur de l’anneau pelvien, ou mieux au myosepte dans lequel ce bord est enfoui. Les fibres musculaires du premier myomère caudal, toutes longitudinales, viennent s’attacher à ce myosepte dans toute l'étendue de la côte sacrée et de la partie la plus dorsale de l’ilion. Audessous de cette dernière, c’est-à-dire au niveau de la partie ventrale élargie de lilion, 1l y a de nouveau un interstice permettant de passer de la face interne de la musculature somatique à sa face externe. Cet interstice, beaucoup plus développé que l’anneau crural, mérite le nom d’interstice caudo-pelvien, il est constitué de la manière suivante (fig. 11): immédiatement en arrière du segment pelvien, dans les trois premiers myomères qui suivent ce segment, la musculature superficielle de la moitié ventrale de ia queue présente une fente horizontale, sorte de
-boutonnière qui divise la couche superficielle des museles en deux parties l’une dorsale qui vient s’attacher à la côte sacrée et à la partie supérieure de l’ilion, l’autre ventrale qui s’écarte de la précédente pour. venir se fixer au bord caudal de l’ischion en formant le muscle caudoischial. Le bord supérieur de la fente est formé par une lame fibreuse sur laquelle viennent s'implanter les myoseptes des premiers segments: post-pelviens, et qui s'attache elle-même au bord caudal de lilion un peu au-dessus de l’acétabulum. Le bord inférieur est limité de même par une aponévrose qui sert d’attache aux fibres myotomiques situées en arrière d’elle et qui vient s’attacher à l’ischion. Ces deux lames. limitent avec le bassin l’interstice caudo-pelvien par lequel passent divers organes. Immédiatement en arrière de l’ilion se trouve le muscle iliofémoral qui se réfléchit sur cet os à peu près comme le fait le puboischio-fémoral interne sur l’échancrure 1lio-pectinée. On trouve ensuite sur le bord latéral de l’ischion ie muscle ischio-fémoral qui, né sur la face dorsale de l’ischion contourne le bord externe de cet os et vient s'attacher au col du fémur. Plus en arrière et dorsalement se trouvent. les muscles eaudo-cruraux dorsal et ventral formés par la partie centrale des muscles caudaux qui s’écarte fortement de l’axe du corps pour passer à la cuisse. Par le même interstice passe, près de l’articulation coxale, l’artère du membre postérieur (artère crurale). ‘
Cette disposition peut se résumer d’un mot en disant que les fibres: superficielles de la musculature hyposomatique de la queue se divisent. au niveau du bassin en deux parties, l’une dorsale qui s'attache à la côte sacrée et à l’ilion, l’autre ventrale qui s’insère au bord caudal de l’ischion. Entre les deux passent les muscles caudo-cruraux et, plus. près du bassin l’illo-fémoral avec l’artère crurale, sur le plancher de la plaque pelvienne le muscle ischio-fémoral.
Le bassin des Urodèles est donc en fait un anneau squelettique pourvu d’un large chaton, la plaque pelvienne, qui s’intercale dans l’épaisseur: de la couche musculaire de lhyposome, à laquelle elle se substitue complètement. A son niveau aucun muscle du tronc ne persiste, ils sont tous. rejetés en avant d’elle (maseles abdominaux) ou en arrière (muscles. caudaux) .Cette disposition est spéciale au bassin et ne se retrouve point à la ceinture pectorale.
La substitution du squelette pelvien à la paroi musculaire de l’hyposome-est limitée pour sa partie dorsale à l’étendue d’un segment ou même moins puisque sur une certaine longueur les fibres du myotome dans lequel est placée la côte sacrée persistent encore ; dans sa partie ventrale cette substitution est plus importante et la plaque pelvienne
envahit la paroi musculaire sur l’étendue de deux à trois métamères.
Elle occupe toute l’épaisseur de cette paroi musculaire qu’elle remplace et elle arrive jusque sous la peau d’une part, sous le péritoine de l’autre, n'étant séparée de ces membranes que par les muscles de la racine du membre postérieur qui se sont glissés à sa surface en partant de ce dernier.
Muscles de la racine du membre postérieur. -— Nous n'’étudierons pas ici tous les muscles du membre postérieur, mais seulement ceux qui, s’attachant au bassin ou à la queue, sont les principaux moteurs du membre, et jouent un rôle important dans la constitution de la ceinture. Les muscles plus d'staux ont, à ce point de vue, une portée beaucoup moins grande et il n’en sera parlé qu’accessoirement plus loin.
Les muscles de la racine du membre des Urodèles fournissent un premier modèle de cette musculature chez les Tétrapodes ; leur description sera faite un peu ionguement parce qu’elle donne un point de départ commode pour l’étude comparative ; en effet les muscles de la cuisse des Reptiles rampants ont à peu près la même disposition et n’en diffèrent que pa: des traits secondaires ; d’autre part 1l n’est pas difficile de retrouver quels muscles ou groupes de museles des Mammifères peuvent se rattacher à chacun d’eux. Les travaux de WiLpER, de FüR- BRINGER et de PERRIN ont beaucoup éclairé l’histoire de ces muscles.
Les muscles de la racine du membre peuvent être groupés de la manière suivante : 19 muscles partant de la plaque pelvienne ; 29 muscles allant de lion au membre ; 3° muscles venant de la queue.
Muscles de la plaque pelvienne. — 19 Les muscles partant de la plaque pelvienne forment deux groupes suivant qu'ils s’attachent à sa face ventrale ou cutanée ou à sa face dorsale ou péritonéale.
A la face ventrale de la plaque il y a trois muscles : deux superficiels et un profond. Le plus vaste des deux premiers s’attache à la partie médiane de la plaque pelvienne correspondant à Ia symphyse sur presque toute son étendue et de là se porte vers la jambe où il s’insère au tiers proximal du tibia; c’est le muscle pubo-ischio-tibralis (1). C’est à la fois un fléchisseur de la jambe sur la cuisse, mais surtout, et cela est très important à cause du peu d’étendue des mouvements du genou, c’est un rétracteur de la cuisse, qui tire cette dernière du côté caudal lorsqu'elle a été préalablement portée en avant. En avant de ce muscle s’en trouve un autre, moins important, qui naît du bord cranial de la plaque pelvienne et de l’angle antéro-externe de cette plaque pour aller
(1) Pour la dénomination des muscles nous emploierons d’abord le nom latin adopté par les auteurs récents, et nous utiliserons ensuite le nom français qui en estla traduction.
s'attacher au tibia à côté du muscle précédent .C’est le muscle pubo-
tibialis qui fléchit aussi le tibia sur le fémur, mais qui, son insertion
craniale étant en avant de l’axe de la tête fémorale dans le cotyle,
devient protracteur, dans certaines positions du membre, par opposi- Lib.
pub PE pub
pif t | | pife.
.. tb.
F1G. 12. — Muscles de la racine du membre postérieur de l’ Axolotl, face ventrale ; à gauche m. superficiels, à droite m. profonds (Schéma).
e. cr. d., caudo-cruro-dorsal ; — c. er. p., caudo-cruro-ventral ; — c. isch., caudo-ischial ; —: + cl, cloaque ; — fem., fémur ; — il. tib., ilio-tibial ; — isch. t. p., ischio-tibio-péronéal ; — F p. i. f. ex., pubo-ischio-fémoral externe ; — p. &. f. 1., pubo-ischio-fémoral interne ; —
F p.t. tib., pubo-ischio-tibial ; — p. #b., pubo-tibial ; — #:b., tibia.
tion au muscle précédent. Dans la station ces deux muscles contribuent puissamment à maintenir la jambe verticale en empêchant l'angle stylo-zeugopodique de s'ouvrir ou de se fermer sous l'influence du poids et de laisser le corps venir reposer sur le sol.
Le musele profond de la face ventrale du bassin a reçu le nom de .pubo-ischio-femoralis externus. Il est formé aussi de deux parties qui se continuent l’une dans l’autre à leur insertion sur le fémur, et c’est pourquoi on en fait un organe unique, bien que ses deux composantes puissent avoir chacune, comme dans le cas précédent, un rôle opposé. La partie caudale, la plus large, s’insère à la face ventrale de la plaque pelvienne en dehors du pubo ischio-tibial et se porte de là au trochanter sallant (trochanter interne) placé à la face ventrale du fémur lorsque celui-ci est dans la situation de marche (allure semi-rampante), tandis qu'il paraît situé sur le bord caudal du fémur lorsque le membre est devenu horizontal pour la nage ou par l’effet des contractions agoniques. Ce muscle est un rétracteur du fémur (adducteur du fémur,
Perrin). La partie craniale, moins large, s’insère en arrière du pubctibial et sur la ligne médiane ventrale du fémur dans la continuation du muscle précédent. Elle agit comme protractrice (fléchisseur du fémur PERRIN), mais en plus de ces fonctions opposées, ces deux parties du pubo-ischio-fémoral externe ont un rôle commun extrêmement important, celui de maintenir le fémur bien horizontal dans la station en empêchant que son distum ne soit relevé par le poids du corps et que, par suite, la paroi abdominale ne vienne toucher le sol. De semblables muscles répondant à cette même fonction, sont toujours bien développés dans tous les cas où le fémur doit rester bien horizontal pendant la marche ou la station (animaux semi-rampants et rampants).
En fin, il est un petit musele que l’on peut aussi rattacher à la face . ventrale de la plaque pelvienne, c’est l’ischio-tibio-plantaire (ischioflexorius des auteurs allemands). Ce muscle, très grêle, naît de la tubérosité sciatique et se porte en süivant la face dorsale du pubo-ischiotibial vers l'articulation du genou, en dedans de laquelle il se place, puis il se continue à la face ventrale de la jambe et passe dans l’aponévrose plantaire. Ce muscle qui est évidemment un fléchisseur de la jambe. parait aussi surtout destiné à porter jusqu’à la face plantaire du pied son action à laquelle s'ajoute celle d’un certain nombre de fibres du caudo-crural ventral qui viennent se fusionner avec lui.
A la face dorsale de la plaque pelvienne (fig. 13), les muscles sont moins nombreux et sont représentés presque exclusivement par le puboischio-femoralis internus qui s’insère à la symphyse pubienne et à la partie antérieure de la symphyse ischiale pour se porter en dehors, se réfléchir dans l’échancrure du pubis, et venir s'attacher à la face: dorsale de la diaphyse fémorale. Ce muscle est un protracteur du fémur, en même temps qu'il relève un peu son distum et soulève ainsi le pied dans la marche. Avec lui s'attache sur cette même face du pelvis le muscle ischio-femoralis qui part de l’angle externe et de la face dorsale de l’ischion pour se porter en avant, en passant au-dessous de tous les muscles venus de l’ilion, et s'attacher au col du fémur. C’est un rotateur qui contribue beaucoup à produire l’horizontalité du membre dans la nage.
20 Muscles insérés à l’ilion. — Les muscles nés de l’ilion sont au nombre de trois, deux externes attachés à la face latérale de l’os, un interne inséré à sa face médiale.
Le premier, le plus cranial, m. ulio-tibialis ou ilio-extenseur naït par deux têtes rapprochées l’une de l’autre, et se porte sur la face dorsale du fémur puis forme une large aponévrose qui passe au-dessus du genou et
vient s’attacher à l’épine du tibia, c’est-à-dire à une légère saillie de la face dorsale de cet os, située immédiatement au-dessous de son piateau articulaire. L’ilio-tibial est évidemment un extenseur du tibia, 1l ouvre l’angle stylo-zeugopodique et se comporte dans ce mouvement comme le droit antérieur de la cuisse dans le quadriceps fémoral des Mammifères.
pa fi
F1G. 13. — Muscles de la racine du membre postérieur de lAxolotl, face dorsale ; à gauche m. superficiels, à droite m. profonds (Schéma).
c. cr. d., caudo-cruro-dorsal ; — c. cr. »., caudo-cruro-ventral ; — fem., fémur ; — f. p., fémoropéronéal ; — 2. fem., ilio-fémoral ; — xl. per., ilio-péronéal ; — 1. t5b., ilio-tibial ; — ésch. fem., iSchio-fémoral ; — isch. t. p., ischio-tibio-plantaire ; — p. 1. f. ., pubo-ischio-fémoral interne ; — per., péroné.
Tout près de lilio-tibial s’insère à la face latérale de lilion un muscle qui suit sur une certaine longueur le corps du précédent, puis s’en écarte pour se porter sur le péroné où 1l s'attache. C’est l’ilio-peronealis, qui, avant d’arriver à son tendon péronéal, reçoit un second chef musculaire venant du fémur, et qui lui a valu le nom d’ilio-femoro-peronealis. Pa son insertion sur le péroné et par sa tête fémorale, ce muscle ressemble évidemment au biceps fémoral de l’Homme ; son insertion iliaque semble différer à première vue de celle du biceps humain qui se fait sur lischion, mais cette dernière disposition est secondaire et acquise, on peut donc comparer sans crainte d’erreur lilio-femoro-peronealis au biceps crural des Mammifères.
Le troisième musele ilhaque est l’iio-femoralis qui s’insère à la face interne ou médiale de lilion, en même temps qu’à la partie voisine de la plaque pelvienne d’après PERRIN, et qui de [à se porte en arrière du pubo-ischio-fémoral externe. C’est un rétracteur du fémur, peut-être
aussi légèrement rotateur de manière à produire l’horizontalité du
membre.
Il est très remarquable que les trois muscles ihaques ne s’insèrent pas sur le bord dorsal de l’ilion comme ils le feront chez les Sauriens, mais s’attachent exclusivement à la partie inférieure de cet 6s, voisine de l’acétabulum. Toute la moitié supérieure de lilion reste en dehors des muscles de la jambe et n’a de rapports qu'avec les muscles du tronc.
30 Muscles venant de la queue, ou caudo-cruraux. — L’expression employée ici pour désigner ces muscles est la seule assez générale pour répondre à toutes les modalités qu’ils présentent dans les divers groupes, puisque, partant de la queue, ils se portent sur une étendue très variable du membre postérieur se limitant exclusivement au fémur dans certains cas, s'étendant au moins par quelques faisceaux jusqu’à la plante du pied dans d’autres formes. Ils sont formés par la partie centrale des myomères de la queue, c’est-à-dire par les fibres les plus profondes de ces myomères. Les fibres externes des mêmes segments s’écartent comme on l’a vu, formant une boutonnière qui iaisse passer les muscles caudaux, et vont elles-mêmes s'attacher à la côte sacrée et à lilion d’une part, au bord postérieur de l'ischion d’autre purt. Les muscles caudo-cruraux naissent sur les apophyses épineuses ventrales (os en chevrons) de la 4e et de la 5e vertèbres caudales, c’est-à-dire assez loin en arrière de l’ischion. Les trois premières caudales n’ont point d’apophyses ventrales n1 par conséquent de muscles correspondants et la place de ces derniers est laissée libre pour loger le cloaque. Les muscles caudo-cruraux forment deux lames, l’une ventrale, l’autre dorsale, mais ce dernier terme n’a qu’un sens relatif au premier, car ces deux lames appartiennent exclusivement à l’hyposome.
La lame ventrale (fig. 12) vient se jeter sur le bord caudal du puboischio-tibial avec lequel elle confond la plus grande partie de ses fibres. L'autre partie semble se continuer comme il a été dit dans l’ischio-tibioplantaire. À cause de sa fusion avec le premier de ces muscles on l’appelle quelquefois le muscle caudo-pubo-ischio-tibial. Ce terme qui prête à
la confusion et qui pourrait faire supposer des insertions osseuses du
muscle à la plaque pelvienne doit être rejeté.
La lame dorsale se place au-dessus de la précédente ;'uis se glisse dans l'épaisseur de la cuisse ventralement aux muscles iliaques et, contrairement à lame ventrale qui se continue dans les muscles pelvi-cruraux, elle vient s'attacher à une petite saillie du fémur, suivant immédiatement le trochanter interne et que l’on a nommée parfois trochanter externe.
Le rôle de ces muscles est facile à comprendre. Lorsque le membre est à l'appui (ou à la levée dans certains cas) et la queue fixée par ses propres muscles dorsaux, ils tirent le membre en arrière, ce sont des rétracteurs ; lorsque le membre est à l’appui et la queue libre, ils contribuent à produire des mouvements latéraux de celle-ci, et cela avec d'autant plus de puissance qu’ils abordent la queue sous un angle assez ouvert. Le muscle ventral poursuit en outre son action sur le membre jusque dans la plante du pied, par ses fibres fusionnées avec l’isch1otibio-plantaire et a certainement à ce point de vue un rôle important.
Comparaisons. — Il est maintenant facile d'établir des comparaisons entre la musculature des Urodèles et celle des Mammifères. Le muscle pubo-ischio-tibialis répond certainement à la plus grande partie des muscles ischio-tibiaux des Mammifères (demi-membraneux, demi-tendineux, droit interne) ; sa partie la plus craniale correspond au droit interne (gracilis) de ces derniers, ou tout au moins à la partie la plus caudale de ce muscle. Le muscle pubo-tibialis peut être considéré soit comme la partie craniale du droit interne, soit, peut-être comme le couturier, bien que son insertion proximale soit sur le pubis et non sur lilion, mais de semblables déplacements d’insertions, nécessités par les conditions topographiques imposées aux muscles par l'orientation du squelette des membres et en particulier de leur plan stylo-zeugopodique s’observent fréquemment comme on le verra par la suite. On rattache parfois l’ischio-tibio-plantaire (ischio-flexorius) au groupe des ischiotibiaux et on l’a comparé en particulier au semi-membraneux, tandis que l’on rapprochaït le semi-tendineux du pubo-ischio-tibial. Les connexions qu'il offre avec le muscle caudo-crural ventral et son prolongement plantaire, ne justifient pas cette comparaison, et il vaut mieux le considérer comme un élément de la couche superficielle qui a pris des rapports spéciaux et constitue une formation particulière.
Le pubo ischio-fémoral externe répond aux muscles profonds qui, partant de la face latéro-ventrale du bassin des Mammifères, se rendent au fémur, c’est-à-dire aux différents adducteurs pubiens ou ischiatiques, et à l’obturateur externe.
Le pubo-ischio-fémoral interne qui s'attache à la plus grande partie de la face dorsale de la plaque pelvienne est un muscle puissant qui donnerait pour WiLper tous les muscles que l’on trouve sur cette face chez les animaux supérieurs, c’est-à-dire l’obturateur interne avec les deux jumeaux qui lui sont associés et le complexe du psoas et iliaque qui n'apparaît comme un musele distinct que chez les Reptiles. Ces divers muscles se disposent chez les Mammifères en deux groupes bien diffé-
rents, l’un qui sort de la cavité pelvienne cranialement par l’échancrure ilio-pectinée, c’est le psoas-iliaque, l’autre qui abandonne le bassin en se réfléchissant sur son bord caudal, c’est l’obturateur interne auquel s'ajoutent, sur la face externe seulement de l’ischion, les deux jumeaux pelviens.
Faut il supposer que le pubo-ischio-fémoral interne donnera à lui seul ces deux groupes, ou bien que le groupe postérieur dérive de l’ischio-fémoral ? Ce n’est pas probable car ce dernier, bien que né sur Ja face dorsale de l’ischion passe rapidement sur son bord latéral. A cause de cela il a été souvent rattaché au groupe profond de la face ventrale, et comparé au carré crural qui en fait partie. Mais une comparaison serrée des différents muscles est encore prématurée. Il vaut mieux envisager les muscles largement et par masses. Ce faisant, il est facile de voir que l’on trouve toujours, des Urodèles aux Mammifères, des groupes de muscles naissant des parties correspondantes du bassin pour se rendre à des régions similaires du membre, et par conséquent homologues entre eux ; mais ces groupes se comportent ensuite d’une manière un peu différente chez les divers types suivant les adaptations auxquelles ils sont soumis par l’architecture même du squelette et l'orientation du plan des membres. Ainsi il est bien évident que le puboischio-fémoral interne des Urodèles, qui est avant tout un protracteur du fémur comme le psoas iliaque des Mammifères et se réfléchit comme lui sur le bord cranial du bassin ne peut pas cependant se porter sur la colonne vertébrale en suivant la fare interne de l’ilion comme le fait le psoas des Mammifères, car il est séparé de la colonne par une trop grande distance, et en même temps l'orientation horizontale du fémur maintient dans le plan de la plaque pelvienne tous les muscles de la racine du membre les massant exclusivement dans cette direction horizontale sans les laisser s’en écarter. Rien d’étonnant par conséquent à ce que ce muscle puisse être considéré au moins en partie comme un psoas-iliaque assujetti par la nature même du membre et de ses fonctions à rester étroitement cantonné dans la partie ventrale du bassin. |
Le groupe des muscles nés de l’ilion est aussi facile à comparer aux éléments musculaires venus du même os chez les animaux supérieurs. L'ilio-tibial répond indubitablement au droit antérieur de la cuisse, et il représente seul le groupe multiple d’extenseurs à qui ce dernier appartient. En effet les trois vastes (externe, interne et moyen) qui forment avec lui le quadriceps crural des Mammifères manquent 1c1. Cette absence est liée au peu d’étendue des mouvements de l'articulation du genou, et notamment de son pouvoir d'extension.
L’ilio-péroneal est comparable au biceps erural comme il a été dit plus haut.
L’ilio fémoral paraît être la source des fessiers, du moins du groupe profond de ces derniers (petit et moyen), car il ne paraît pas exister chez les Urodèles de musele fessier superficiel dont une partie des fibres va se fixer au fémur tandis que l’autre partie se porte dans l’aponévrose superficielle de la cuisse.
Les caudo-cruraux ont été unanimement comparés aux muscles pyramidaux du bassin de l'Homme. Leur éloignement du sacrum et leurs insertions à partir de la 4e vertèbre caudale seulement tiennent aux conditions topographiques créées par le grand développement de la queue dans le sens dorso-ventral et par la présence d’un cloaque large. débouchant à la face ventrale de la queue. Ces muscles ont une importance fonctionnelle considérable chez les Urodèles et chez les Reptiles, et leur atrophie chez les Mammifères est un bon exemple de l'influence de la forme, c’est-à-dire des rapports et de l’étendue réciproque des parties, sur le développement des divers organes de l’appareil locomoteur.
La caractéristique de la musculature de la racine du membre postérieur chez les Urodèles est donc le groupement très net de tous les muscles dans le plan horizontal dans lequel se tient et se meut le fémur ; la prépondérance des parties ventrales dans le bassin, c’est-à-dire l’étendue de la plaque pelvienne et la faible hauteur de l’ilion sont certainement en rapport avec ce groupement. On verra toutefois qu'un semblable arrangement des muscles, bien qu’ii s’observe chaque fois que la fonction du stylopode est la même, c’est-à-dire chez tous les animaux à membres rampants ou semi-rampants, n’entraine pas forcément une structure du bassin semblable à celle des Urodèles, et des masses musculaires horizontales très nettement prépondérantes, s’observent soit à la face ventrale du bassin (Monotrèmes), soit à sa face dorsale (Chiroptères) sans que le type Mammalien du bassin de ces animaux soit altéré.
Rapports du bassin avec le trone et avec le cœlome. — A la suite de la description précédente, 1l est facile de résumer les traits essentiels de la constitution du bassin et les rapports qu’il contracte avec les parties avoisinantes. On a déjà vu que la plaque pelvienne était entièrement plongée dans Ja paroi hyposomatique dans laquelle elle remplace la couche musculaire. Cette confusion d’une partie du bassin et de la paroi latéro-ventrale ne s’observe que chez les Urodèles comme le montrera la suite. Partout ailleurs la plaque pelvienne se sépare toujours en partie de la paroi ventrale et il s'établit une différenciation très nette entre elle et cette paroi. La cavité viscérale se continue
chez les Urodèles sur toute l'étendue de la plaque pelvienne et se prolonge même au-delà de cette dernière, par deux euls-de-sac, droit et gauche, placés de chaque côté de l'intestin terminal et s'étendant jusque sur le tiers antérieur du cloaque. Cette disposition est la preuve évidente que la plaque pelvienne n’est rien autre qu’une portion de la couche fibro-musculaire de la paroi ventrale différenciée en un tissu squelettique pour servir de point d’appui aux muscles du membre dont les insertions sont ainsi étalées sur ses faces ventrale et dorsale. Nous verrons d’abord chez les Sauriens la plaque pelvienne se dégager en grande partie de la paroi ventrale, donnant aux muscles abdominaux une indépendance plus grande, et chez les Mammifères nous verrons un déplacement de la plaque pelvienne par rapport au cœlome en arrière de qui elle se transportera presque tout entière. Mais il est inutile d’insister ici sur ces détails, il suffit de les signaler pour attirer l’attention sur les particularités distinctives de la ceinture des Urodèles.