SECONDE PARTIE
POURQUOI ET COMBIEN JE REGRETTE QUE L'HONORABLE CONSEIL PRIVÉ AIT ACCEPTÉ LE RAPPORT DE SON COMITÉ ET PASSÉ UN ARRÊTÉ EN CONSEIL APPBOUVANT CE RAPPORT.
Je ne surprendrai personne en disant que je regrette profondément l’Arrêté en Conseil, qui a accepté le Rapport, que j'ai examiné dans la première partie de ce mémoire. Je regrette cet acte du Gouvernement Fédéral parce que, comme je l’ai prouvé, il s'appuie sur des données incompletes et erronnées, dont il tire des cônciusions que je ne puis pas admettre. Je regrette cet acte parce qu'il est la consommation d’une injustice flagranie, et constitue un danger réel pour les institutions qui nous gouvernent.
Je suis Métropolitain d’une Province Ecclésiastique dans laquelle se trouvent tous les Territoires du Nord-Ouest. Je suis l’'Evêque d'un diocèse qui renferme dans ses limites et Manitoba et la plus grande partie d’un des districts du Nord-Ouest ; Régina, la Capitale des Territoires, est dans l’Archidiocèse de St Boniface. Tout cela prouve jusqu’à l'évidence que je ne sors pas de mon rôle, en élevant la voix en faveur de nos écoles. Je ne fais que réclamer les droits des fidèles confiés à ma charge pastorale, en demandant la protection des institutions, dans lesquelles les enfants catholiques peuvent recevoir une éducation conforme à la foi de leurs parents et aux enseignements de leur Eglise.
Tout en accomplissant ce devoir de Pasteur des âmes, je suis certaia que je n’étonnerai pas l’Honorable Conseil Privé d'Ottawa, en ajoutant que j'ai le droit, et même l'obligation, de ne point perdre de vue la position qui n'a été faite par les autorités civiles de mon pays, lorsqu'elles ont demandé ma coopération, pour la solution des difficultés qui avaient surgi à la Rivière-Rouge, avant l'entrée du Nord-Ouest dans la Confédération. Je demande done d'être entendu, non-seulement à cause de ma position dans l’ordre ecclésiastique, mais bien aussi à cause de la position qui m'a été faite dans l’ordre politique. On ne peut pas s'être servi de moi comme médiateur pendant les difficultés de 1870, et m'obliger aujourd'hui à garder le silence, lorsque je suis témoin de la violation des promesses qui, plus que tout le reste, ont assuré la pacification.