‹ Mémoire adresséChapitre 17 sur 23 · ABANDON DE LA MINORITÉ AUX VEXATIONS DE LA MAJORITÉ · texte numérisé non relu

ABANDON DE LA MINORITÉ AUX VEXATIONS DE LA MAJORITÉ

Pout tout Sujet Britannique, il devrait suffire d'avoir démontré ue les droits des Catholiques à leurs Ecoles Séparées dans Manioba et le Nord-Ouest reposent sur l'honneur même de l'Empire, ui a été engagé par les assurances données officiellement au nom et ‘‘ par l'autorité de Sa Majesté.”

Pour tout Canadien digne de ce nom, il devrait suffire d’avoir brouvé que la justice la plus élémentaire demande le respect des

nditions qui ont été stipulées et auxquelles le Canada a été partie téressée, puisqu'il a accepté l’accommodement sans lequel il ne ait pas aujourd'hui en possession du pays qui couvre la moitié de domaines.

À ces considérations spéciales et d'un ordre si élevé, je puis jouter d'autres motifs qui sont, il est vrai, d'une application com-

jai LS

mune et ordinaire, mais qui ne sont pas pour cela sans importance. Je sais que la minorité ne devrait pas être maltraitée, précisément parce qu'elle est la minorité, et que dans toute sosiété bien organisée, comme dans toute famille bien conduite, il doit y avoir une protection pour les faibles. Un père de famille sait fort bien s'interposer pour protéger ses enfants les plus faibles contre ler:rs frères plus forts. La grande République voisine n'a pas hésité à se jeter dans une guerre civile longue et sanglante, pour protéger les nègres des Etats du Sud. Comment le Canada peut-il rester spectateur inactif des souffrances d'une classe de ses enfants, qui demandent protection.

Que tous et chacun pèsent les conséquences désastreuses que peuvent entrainer les faux principes que l'on invoque aujourd'hui contre ous.

La Confédération Canadienne n'est qu'à sa vingt-septième année d'existence, Manitoba à sa vingt-quatrième, et voilà déjà que les Catholiques de cette Province sont ostracises. Non-seuleinient

«nt privés de leur part légitime des deniers publics affectés à l. cation, mais même les taxes qu’on leur impose pour des fins scolaires sont pour le bénéfice d'écoles conduites contrairement à leurs convictions religieuses. Plus que cela, les propriétés scolaires de ces mêmes Catholiques sont frappées de confiscation, quoique ces propriétés aient été acquises par l'argent des Catholiques, sans secours étranger; et nos législateurs d'Ottawa tolèreraient tout cela ! Où un pareil système conduira-t-il le pays ?

Aujourd'hui, c’est la spoliation et la confiscation arbitraire : demain ce pourra être l'emprisonnement ! Puis, si la majorité le veut, puisque l’on dit qu'elle est sans contrôle, ce pourra être la déportation ou la mise en force des lois pénales. Manitoba a déjà vu un de ses enfants mis hors la loi, lorsque pourtant on lui avait promis protection et immunité.

On doit convenir que c'est un jeu dangereux que de traiter les minorités comme si elles étaient des quantités insignifiantes, dont cn ne doit pas tenir compte.

Une épingle est bien le plus petit des articles de toilettes ; si on en fait l'usage auquel il est destiné il peut contribuer à l'élégance et au confort d'un vêtement; mais si ce petit article est jeté sans précaution sous le talon, il peut gêner celui qui en ferait un pareil usage. Bientôt l’imprévoyant sentira sa démarche embarassée et retardée, fut-il le plus élégant et le plus prompt des marcheurs. Si cet Lomme persiste à né pas reconnaître son erreur, elle pourra lui occasionner des affections nerveuses bien incommodes et susceptibles des plus désastreus:s conséquences. Quelque chose de sem-

ortance.

sément organiroir une lien s'Inre le':rs isité à se téger les er specqui de-

uses que ourd'hui

septième déjà que suleineiit affectés à des fins rement à scolaires quoique [ues, sans lent tout

bitraire :

ajorité le a être la a a déjà lui avait

raiter les tes, dont

tes ; sion ‘élégance jeté sans erait ui nbharassée archeurs.

le pourra dt SUSCEP-

de sem-

4 blable peut se produire dans toute organisation sociale, Une mino- 4 rité, si petite et si faible qu'elle puisse paraître, aura toujours son influence. Cette minorité, traitée avec justice et les égards GQUx-

| quels elle à droit, peut ajouter et ajoutera certainement à la force et 1 à l'honneur d'un pays; mais si cette même minorité est méprisée et | si, au lieu de lui assigner la place qui lui convient, on veut la fodiior > aux pieds, oh! alors on peut s'attendre à un résultat bien diffé-

rent.

Après tout, cette minorité opprimée aujourd'hui n'est pas, même numériquement parlant, aussi insignifiante qu'on paraît le croire. nn ee au a eu ne P L y sq a ils sont presque

un septième de toute la population: ce qui veut dire que même dans Manitoba, les Catholiques sont plus nombreux, en promotion du reste de la population que les Protestants ne le sont dans la province de Québec, par rapport aux Catholiques.

Si je ne me trompe, il y à une opinion exprimée dernièrement à la Cour Suprême, qui pourrait s'appliquer à la province de Québec de la même manière qu'on voudrait l'appliquer à Manitoba.

Je sais que la majorité de Québec ne tentera jamais de dépouiller la minorité de cette province des avantages que la loi lui accorde, en matière d'éducation. : Je suis fier et heureux que les dispositions, si bien connues de mes compatriotes et coréligionnaires puissent m'inspirer cette conviction et cette confiance. ; 4 Cependant, si par impossible, la majorité dans Québec songeait D à priver la minorité protestante des droits et privilèges qui jui ont ù été reconnus avant son entrée dans la Confédération et qui ont été | sanctionnés par la loi depuis ; oui si l'on faisait une pareille tenta- | tive, nous serions les témoins de la plus violente commotion que le pays ait jamais vue. D'Halifax à Victoria, de l'Ile de Sable à l'Ile : Charlotte; par eau et par terre, fout le pays et tous ses habitants seraient mis en mouvement pour protester contre l'injustice, | à mauvaise foi, l'empiètement, ete., ete.

L'excitation serait telle qu'à Ottawa on aurait vite à désavouer Ja loi provinciale. Alors, l'autonomie ? provinciale aurait à battre en retraite devant l'autonomie fédérale ; tout cela serait fort bien et les évêques Canadiens Catholiques seraient des premiers à joindre leurs voix à celles des protestants de Québec, pour deman- … der qu'on les traite avec justice.

Comment se fait-il donc qu'une tentative semblable soit appréciée si différemment quand elle est dirigée contre la minorité de Manitoba et du Nord-Ouest ? Hélas ! la seule explication possible,

L, ee c'est qu'il y a deux poids et deux mesures, selon la violence de

Page 1