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PCUR LES ECOLES

La langue française est également abolie, pratiquement parlant, pour les écoles. D’après les règlements d'Instruction Publique, en conformité à l'Ordonnance de 1892, l'instruction doit se Gonner en anglais, exclusirement en anglais pour les enfants audessus du 2me livre de lecture. Ainsi, arrivés à ce degré insignifiant d'instruction, les enfants Canadiens-français devront recevoir un enseignement tout anglais. Dans les arrondissements scolaires français, on pourra permettre l'usage des deux premiers Owfario Bilingual Readers, et encore il faudra /e consentement par écrit inspecteur la plupart du temps anglais et francophobe.

Voilà la somme de connaissance de la langue française qu'on permet, qu’on tolère à regret. Disons donc de suite que le français est banni des écoles ; ce sera bien plus vrai et plus simple.

L'année dernière, nos écoles d'Edmonton et de Saint-Albert ont été inspectées par un gentilhomme anglais et protestant, M. Hewgill, de Moosomin. Les enfants ont été interrogés par lui en anglais, sur des matières et des sujets anglais. Le français à eté relégué bien loin, et M. l'inspecteur a recommandé de bien veiller à ce que l'enscignement de l'anglais soit donné avec le plus grand soin. Quant au français, abeat quo libuerit.

ÆEn résumé, l'Ordonnance de 1892 enlève donc à la population française du Territoire du Nord-Ouest le droit que lui reconnaissait l’Ordonnance de 1888, de se servir de sa langue dans les examens et dans les écoles, et de faire donner une éducation française aussi bien qu'’anglaise à ses enfants.

Plus d'écoles françaises, plus d'écoles catholiques! Tout au plus que nos écoles du Nord-Ouest soient catholiques et françaises de nom seulement ; mais qu’en réalité elles soient anglaises et non catholiques. Voilà la vérité, quoiqu'en dise M. Haultain, et d’après lui, le Rapport du Comité du Conseil Privé. C’est la conclusion qui frappera tous les amis de la justice qui voudront étudier attentivement les faits sans préjugés de race ou de religion.

Enfin, je termine par un trait qui montrera que nos appréhensions ne sont point vaines et sans fondement. En 1891, au mois

d'un

de Juillet, un de nos candidats catholiques aux examens des insti-

tuteurs, avait passé avec succès sur toutes les matières requises par le Bureau d'Education. Il devait recevoir un certificat du degré À. Malheureusement, le dit candidat avait manqué son examen sur l’arithmétique et n’avait obtenu que 18 points sur 100: il lui en fallait au moins 50 pour obtenir son diplôme. Je connaissais parfaitement le candidat et ne pus heureusement croire à un man-

quement si radical et si humiliant. Etant membre du Bureau d'Education, je fis part de mes doutes, je dis que le dit sujet pouvait n'avoir certainement pas obtenu le nombre de points requis par nos règlements, mais j'affirmais que je ne pouvais croire à un manquement si grave. En conséquence, j'usais de mon droit et demandais au Bureau d'Education de faire réexaminer les papiers sur l’arithmétique par le Rév. M. Gillis, Prêtre Inspecteur Catholique, et le Rév. M. McLean, Ministre Méthodiste, Inspecteur pour la Section Protestante. Le résultat de la revise des papiers fut que le candidat en question se trouva mériter plus de 50 points, et par conséquent admis à un diplôme du degré À, diplôme dont il eût été entièrement privé s’il n'avait eu personne pour réclamer justice en son nom.

Connaissant comme je les connais les dispositions hostiles à nos écoles, à nos couvents surtout, dispositions qui prédominent ici chez la majorité des membres de l'Assemblée Législative et du Conseil de l'Instruction Publique, je ne comprends pas que le Rapport du Conseil Privé puisse nous dire que nos appréhensions et nos alarmes n'ont pas de raison d’être. Je sais qu'il y a de nobles exceptions dans le personnel de notre Législature, mais elles sont extrèmement rares. Le désaveu était le seul et vrai remède à la persécution sourde, inavouée, mais réelle, que nous subissons. Ottawa nous l’a refusé. Le mal que nous fait l'Ordonnance de 1892 et les injustices qu’elle consacre sont tolérés par le Gouvernement Fédérai. Quoiqu'il en soit, nous continuerons à combattre sans relâche et sans découragement pour nos droits et pour les écoles que nous avons devoir et mission de protéger, de défendre.

Agréez, Monseigneur,

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