‹ Mémoire adresséChapitre 9 sur 23 · ER, | SEA · texte numérisé non relu

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cultivée avec soin à Régina, gardée et protégée par l'action parlementaire et les soins officiels. Cette plante désagréable et dangereuse a déjà pris les proportions d’un grand arbre. Un ordre d'Ottawa aurait pu le déraciner; mais non! on lui permet de croître et on se contente de conseiller à ceux qui le cultivent d'en couper les rameaux les plus tortueux, si l'on voit qu'il excède les proportions voulues. On conseille aussi de hanter sur son tronc raboteux quelques greffes nouvelles, afin qu'il soit possible d'y cueillir des fruits d'une saveur moins désagréable pour les individus st moins dangereuse pour la société.

J'ai lu et relu le rapport de l'Honorable Comité avec un profond sentiment de surprise et de peine ;: quelques-uns peuvent le considérer comme un habile plaidoyer contre les intérêts Catholiques ;.pour ma part, je regrette excessivemént de ne pas pouvoir le regarder cémme un document complet et encore moins comme un Jugement impartial. Ce rapport n'est, en somme, que la répétition des assertions de M. Haultain ; cependant, il ne faut pas l'habileté si bien connue des membres du Comité pour découvrir que le mémoire de M. Hauitain peut en grande mesure et aisément être ù réfuté par le texte même des Ordonnances dont on parle dans le rapport.

Je comprends facilement qu'à distance et sans la connaissance pratique et entière de tous les détails du fonctionnement de deux systèmes scolaires, des erreurs aient pu se glisser dans le rapport, même en dépit de la meilleure volonté ; mais ce que je ne puis pas comprendre, c'est que les Catholiques aient été laissés dans une ignorance complète des assertions de M. Haultain en opposition à leurs pétitions. Personne n’a eu la condescendance de faire con-

À naitre au Vénérable Monseigneur Gran4in, ou à ceux qui le repré- à

| sentalent, où à qui que ce soit des représentants de la population ‘a ’ Catholique, ce que le Chef de l'Exécutif du Nord-Ouest avait com- à on muniqué à Ottawa contre leurs prétentions. Les assertions et les 4 vues de l’auteur de la loi dont nous nous plaignons, ont été accep- à

tées sans que l’on ait donné aux intéressés la moindre chance de les réfnter.

Les pétitions des laïques catholiques étaient toutes signées par

des hommes qui ont le confiance de leurs compatriotes et qui ont

été élus par les contribrables Catholiques comme commissaires des différents arrondissemants scolaires. Quelques-uns de ces homme:

sont des fils du Nord-Ouest, ils avaient plus que les autres habi-

tants du pays des titres à la protection et à un traitement plus con-

sidéré ; car ils ne ressentént déjà que trop les changements qui se

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sont effectués dans leur pays, depuis que ce dernier est devenu terre canadienne.

Les autres laïques signataires des pétitions sont de nouveaux colons, dont plusieurs ne sont venus dans-le Nord-Ouest q'ie parce qu'on leur a donné l'assurance qu’ils auraient leurs Ecoles Séparées dans lesquelles lenrs enfants pourraient être élevés suivant leurs convictions religieuses et instruits dans leur propre langue. Malgré tout cela, la minorité se voit refuser la protection à laquelle elle a droit. ®

Deux des pétitions étaient signées par cinq vieux m:ssionnaires qui comptent collectivement plus de deux cents années de service actif dans Manitoba et le Noré-Ouest; qui ont vieilli au milieu des dangers, des fatigues et des privations incvitables dans un pays dans lequel ils ont pénétré comme pionniers de la foi et de la civilisation. Il y a quarante-sept ans, entre autres choses, je montrais à lire à des enfants du Nord-Ouest ; le Rév. Père Lacombe en faisait autant, il y a quarante-deux ans ; c'était là aussi une des occupations de l’aimable Monseigneur Grandin, à Athabaska, il y a déjà trente-neuf ans, et ainsi de suite. 11 y a trente-cinq ans que les dévouées Sœurs de la Charité ont planté leur tente et commencé à instruire les eufants de l'extrême Ouest. Malgré toutes ces circonstances, on ne nous a pas fait la faveur, que dis-je, la justice de nous faire connaître quelles étaieñt les objections formulées contre nos requêtes. Les pétitionnaires ont été traités comme s'ils étaient incapables d'apprécier ia nature de leurs plaintes, et cela jusqu’au point de leur dire qu'ils ont eux-mêmes approuvé ce qu'ils condamnent aujourd'hui. A lieu de donner, à ceux qui souffrent, l’occasion de réfuter leurs adversaires, les vues de ces derniers sont acceptées avec confiance, et on leur donne une publicité qui ne peut pas manquer de permettre à l'opinion publique de se préjuger. Des Journaux, munis de documents officiels, et sous une inspiration qui ne saurait être douteuse, s'efforcent de diriger vers un courant d'idées hostiles. Embarrassés par un sentiment dont ils ne peuvent pas se défendre eux-mêmes ; ils essaient de se tranquilliser et espèrent tranquilliser les autres en disant: ‘“ Ce n'est pas une queéstion de seatimentalisme.” Il est vrai que l’on doit gouverner les hommes par la raison, mais il est vrai aussi que ce ne doit pas être à l'exclusion des sentiments. Le siège de l'intelligence, aussi bien que le reste de l'organisme humain, emprunte sa solidité au foyer de la vie; lorsque le cœur bat faible et lent, le cerveau perd de son activité et de sa force. La Sagesse Suprême sait comment s’harmoniser avec l’infinie Charité pour le gouvernement du monde,

La minorité du Nord-Ouest et ceux qui réclament ses droits

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