‹ Mémoire au soutien de l'appel de la fabrique de N.D. de Montréal, Canada [microforme]Chapitre 2 sur 6 · RS | PE · texte numérisé non relu

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à produire de semblables résultats, et on ne saurait croire que Sa Sainteté a sanctionné d'avance l'érection de paroisses qui ne peuvent ètre reconnues par le pouvoir civil; qui ont deux curés dont l’un canonique et l'autre, pour ainsi dire, civil; des paroisses qui ne peuvent avoir d'administration régulière, et ne peuvent subsister que par des voies exceptionnelles et inusitées ; en un mot des paroisses telles qu’on n'en à jamais vu dans le Bas Canada.

On peut donc demander si ce sont là des paroisses distinctes telles que voulues par le Décret Anostolique.

Le Décret Apostolique veut qu'en procédant à la division de la paroisse de Montréal, il soit laissé à l'Eglise-Mère un territoire et une population suffisante pour soutenir sa dignité.

On devait s'attendre naturellement que la division de la paroisse se ferait en commencant par les extrémités et les endroits les plus éloignés de l'Eglise paroissiale. C’est le contraire qui a eu lieu et c’est par le cœur même que le démembrement a commencé. On peut ainsi juger quel territoire et quelle population seront laissés à l’Eglise-Mère; ce sera, en toute probabilité, l’espace qui se trouve entre les deux paroisses de St. Patrice et de St. Jacques, et le territoire ordinairement désigné comme les quartiers Est, Centre et Ouest de la cité. Oren 1861 ces trois derniers quartiers ne contenaient que 3195 catholiques, parlant la langue française (1) et ce nombre a dû diminuer depuis lors, vu que les maisons de résidence sont chaque

(1) Voir Extrait imprimé du recensement de 1861.

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jour démolies et remplacées par des voutes pour le commerce, et cette cause de diminution n’est pas dans le cas de cesser, car ces trois quartiers longeant le port sont de fait le centre du commerce. Quant à l’espace renfermé entre les deux nouvelles paroisses, il comprend environ la moitié des quartiers St. Laurent et Si Louis, qui en 1861 contenaïent dans leur intégrité une population catholique de 15621 âmes donnant pour le territoire entre les deux paroisses de St. Patrice et St. Jacques environ 7000 catholiques parlant la langue française, nombre qui ne peut guère s’augmenter en deca de la rue Sherbrooke, mais ira plutôt en diminuant, par suite de l’envahissement par le commerce et la population protestante qui se jette dans cette partie. On aura donc pour la paroisse de Notre Dame une population d'environ dix mille habitants y compris les enfants en bas âge, et un territoire d'environ trois cents arpents en superficie, population et territoire qui seront certainement insuffisants pour soutenir la dignité de l'Eglise-Mère et lui fournir un revenu suffisant pour subvenir au paiement des frais du culte et de l’intérêt de sa dette et à l'éclat de ses cérémonies qui jusqu’à présent ont fait l'admiration et des protestants du pays etdes voyageurs étrangers, éclat qui ne tournait qu'© l’honneur et à la gloire de la religion. Pour maintenir cette dignité il eût fallu laisser à Notre Dame au moins tout ce qui est attribué aux nouvelles paroisses de St. Patrice et de St. Jacques.

On doit remarquer que le recensement de 1861 ne donnait pour toute la ville de Montréal qu’une population catholique de 66099, dont environ les deux tiers

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