BRUGES
côiavame Le principal dépôt des marchandises d'Italie appartenait * à Bruges, dans le moyen âge. La navigation était alors si imparfaite , qu'un voyage de la mer Baltique dans la Méditerranée ne pouvait se faire en un seul été. C'est pour cela qu'on jugea nécessaire d'établir un magasin ou entrepôt à moitié chemin, entre les villes commerçantes du Nord et celles d'Italie. Bruges fut regardée comme la place la plus commode, ce qui l'éleva au plus haut point de prospérité et de grandeur ( i ). Tous les peuples y accoururent et y établirent des comptoirs. Leurs maisons bâties dans le goût de leur architecture nationale , et auxquelles ils attachaient ainsi l'image de la patrie absente, sont représentées dans l'ouvrage de Sanderus. Voici les
(i) Robcrtson, hùt. de Cbarl. Y., Amiterd. et Paris 1775, tom. a, pag. 171.
DU COMMERCE, etc. 29
dates des différens traités de commerce de Bruges avec les étrangers.
Avec les peuples de l'empire, l'an i34o.
Les Espagnols, i348.
Nuremberg, i36i.
L'Irlande , i383.
Le Portugal ) J .,0-
Et l'Ecosse, (
Les Algarves, 1387.
La Catalogne, 1389.
L'Angleterre, i3<)o.
Les villes A asiatiques , 1392.
L'Amiénois, I %9-
Venise , i4o5.
Gênes, ■ i4>4-
L'Arragon, «* i4i9>
Calais, i453 (1).
Les Anglais avaient fixé à Calais l'étape de leurs laines.
» Calais, dit Philippe de Comines, est l'étape des laines
» d'Angleterre , et c'est chose presque incroyable pour
» combien d'argent il y en vient deux fois l'an : et sont éupe«ie»)«-
» là attendans que les marchans viennent et leur princi- "** d AB 6 ,e *
» pale décharge est en Flandre et en Hollande (2). » Mais
en i558, après la perte de Calais, cette étape fut transportée
à Bruges (3).
(1) G m ma ii an teintâtes Belgicae. Lovan et Br. 1707, in-fol., in Brug., P a S 97-
(a) Coll. de Mém., tom. XI, p. 167.
(3) Ànderson. année i558.
vu nn £.«ore>. Bruges était peuplée de manufactures. Outre celles de draps, de velours, de soie etc., qui étaient innombrables, elle en avait de tapis et de tapisseries, fort célèbres. Les Belges avaient rapporté des Croisades l'art de la tapisserie, originaire de l'orient; ils avaient depuis surpassé leurs maîtres ( i ) :
Là l'aiguille «vante égala le* pinceau.
( St. -Lambert , us Suton, ch. IV. )
naaiwtto. Ces tapisseries ont servi de modèle aux Gobelins dont les premiers tissus de haute et de basse lisse, furent même l'ouvrage de Jan» de Bruges (a).
Marguerite d'Yorck vint à Bruges pour donner sa main au duc Charles de Bourgogne. Une des salles où elle fut reçue était « par les costez tapissée et tendue d'une riche » tapisserie , taie te de l'histoire de Jason , où estoit com- » pris l'avènement du mystère de la toison d'or. Cette ta- » pisserie estoit d'or, d'argent et de soie : et ne croy pas, » dit Olivier de la Marche, que l'on ait veu si grande et » si riche tapisserie ensemble (3). » Quand Philippe, fils de Charles V, alla voir la reine de Hongrie à Binche, on étala parmi d'autres richesses, une tapisserie représentant la bataille de Pavie (4). On conserve encore beaucoup de ces monumens précieux. Un des plus curieux est une tapisserie que M*. Millin, dans son voyage du midi de la
(i) De Invertis Belgarum, Mém. de l'Acad. , tora. V, p. io3. (a) lbid.
(3) Coll. de Mém., tom. IX , p. i43.
(4) ELfelicissimo Finie de Philippe , etc. , Anvers i5aa, în-fol., p. i85.
AUX XV ET XVI SIÈCLES. 3i
France , croit avoir été fabriquée à Arras et travaillée à l'aiguille. La composition , le style et le goût du dessin suffisent pour signaler l'école de Jean Van Eyck. Il est vraisemblable qu'elle aura été exécutée à Bruges , dans la première et la principale manufacture de la Flandre. Ceux qui la verront, pour peu qu'ils aient quelques connaissances en peinture, seront convaincus de cette assertion. Nous ne disons pas que la composition de ce chef-d'œuvre soit précisément de Jean Van Eyck , parce que nous supposons qu'il a été fait de i4#a à i4o£, si l'on calcule le temps qu'il a fallu pour ce travail et si l'on se ressouvient que ce grand peintre est mort en j 44 1 •» niais elle est au moins de ses élèves les plus distingués.
Cette tapisserie, haute de 12 pieds environ sur i3 de large, avait été achetée par le duc de Vj liais, à la vente du duc de Mazarin , qui la tenait de son oncle le Cardinal. Le duc de Villars , gouverneur de Provence , comme son père , avait acquis le château des Aigalades ; il y est mort et a laissé cette tapisserie à M. Mestre des Aigalades, avec tous les meubles qui ornaient le château; elle a passé depuis , avec la propriété , dans les mains de Monsieur Barras.
Cette espèce de tableau fait au métier, est parfaitement conservé : le coloris est frais, le dessin correct et les airs de tête vrais quoique très-variés. Les costumes, même pour les personnages de l'histoire ancienne qui y figurent , car on voit Assuerus et Esther, sont ceux que l'on portait à la cour comme à la ville , à l'époque de sa fabrication ( 1 ).
(i) Notice sur une tapisserie rare et curieuse faite à Bruges, etc. , 1819.
3a DU COMMERCE,
v«t«i peints.- Puisque nous avons parlé de Jean Van Eyck, c'est le lieu d'ajouter que ce peintre fameux avait un goût décidé pour les sciences , et en particulier pour la chimie. Inventeur de la peinture à l'huile , il avait su la substituer à l'eau d'œuf ou à la colle. On assure qu'il trouva aussi le secret de diminuer, dans la peinture sur verre, la dépense qu'exigeait l'emploi du verre coloré , fondu tel dans toute sa masse , par l'invention des émaux ou couleurs métalliques vitrifiables. Il les broyait et délayait à l'eau de gomme, et les couchait de l'épaisseur d'une ou deux feuilles de papier sur la surface d'une table de verre blanc. Elles étaient propres à se parfondre par la recuisson du fourneau, après laquelle cette surface paraissait aussi lisse et aussi transparente que dans ces verres de toutes couleurs, fondus aux verreries dans toute leur masse. Ces tables de verre ainsi colorées, fournirent à l'art des moyens inconnus jusqu'alors, (i) et c'était là une branche de commerce importante puisque les verres peints étaient employés à l'ornement des édifices publics, religieux et profanes, et des palais des grands (voyez Anvers).
priv^ge d«- Bruges s'enorgueillissait du privilège d'étape générale qui cipe général», j^. ava ^ ^ accordé en i3a3 par Louis de Crecy et confirmé en i358 par Louis de Maie son fils ; de sorte que toutes les marchandises qui abordaient à l'écluse, devaient d'abord être exposées en vente à Bruges, excepté celles qui origiM da pouvaient être vendues à Dam, à Houke et à Monikerede. nomd.boawe.La pl ace où les marchands s'assemblaient à midi et le soir, s'appellait la bourse. C'est ce que Vivès appelle Janimedium, Marchant Forum Mercatorum , et J. Lipse Basilica. Marchant
(i) Description des arts et métiers, tom. XXVIII. Peinture sur verre, p. 3o.
prétend que ce mot bourse, venait du voisinage dune famille illustre dont l'écusson chargé de trois bourses , ornait l'hôtel ( i ). Mais Gramaye pense que ce nom vient .d'Italie , où les réunions de marchands qui se prêtaient une assistance mutuelle, se nommaient bourses communes (a). Quoi qu'il en soit, cette dénomination a été adoptée ensuite & Anvers et à Londres et l'usage l'a consacrée.
Les corporations de marchands étrangers ou Nationes Corpowiiow Mercatorum, étaient au nombre de dix-sept : les Anglais , ^^"^ les Ecossais, les Français, les Castillans, les Portugais, les Arragonais, les Navarrois , les Catalans, les Biscaye ns . les villes Anséatiques ou Osterlins (3), les Vénitiens, les Florentins, les Génois , ceux de Lucques et de Milan , etc. , nous verrons à l'article d'Anvers, le commerce que l'on faisait avec chacun de ces peuples.
Ces marchands étalaient dans l'occasion le plus grand luxe. lm« a« Quand le duc Philippe le Bon entra à Bruges, avec le duc d'Orléans, les négocians des villes Anséatiques s'avancèrent Vm m». à la rencontre des Princes, avec cent -seize chevaux. Les Espagnols étaient au nombre de quarante - huit , tous magnifiquement vêtus (4)- H y eut encore plus de pompe lorsque le jeune Charles d'Autriche, fit son entrée à Bruges. Les détails circonstanciés de cette cérémonie, se trouvent dans une brochure très-rare, sous ce titre :
(i) Marcfc. , p. îaa.
(a) Gramaye in Antr., p. 10.
(3) Eatterlings.
(4) Meyer ad ann. i44<>. Il Tannée à Pâque»,
La tryumphante et solemnelle entrée faicte sur le nouvel et joyeux advenement de très hault très puissant et très excellent prince monsieur Charles prince des Hespaignes, Archiduc d'Austrice ducdeBourgongne, côte de Flandres etc. en sa ville de Bruges Tan mil D ces et XV le XVIIJ jour dapvril après pasques rédigée en script par maistre Remy du puys son très humble judiciaire et historiographe. Infol. 3|) feuill. goth. longues lignes, avec un grand nombre de figures en bois (i).
A propos de la suite du prince, on lit que ceux qui la composaient étaient tous a accoustrez si gorgiasement pour » honorablement accompaigner un si hault prince en trium- » phe si pompeux et d'une telle ville que Bruges. » La description du costume de Charles ne sortira pas de notre sujet , d'après l'observation que nous avons faite précédemment. « Il estoit monté sur ung cheval despaigne beau et » gorgias a merveilles housse dung très riche drap d'or » pareil a son accoustrement lequel estoit tout chargé de j> grosses perles et aultres pierreries de moult grande valeur. t> Le colet ensemble tout le long de la fente devant dune » part et daultrc , l'ouverture des manches et le devant » dicelles le tout borde de gros balais sans nombre. Sur » son chef seoit ung bonet de velours charge au rond par s derrière d'une plume blanche et au surplus le rebras tout » a l'environ cordonne de grosses perles en forme de losan- » ges au milieu desquelles et en chacune dicelles seoit ung » gros balay, et sur le front devant ung beaucoup plus » grand et riche que tous les aultres. La suite fust de mesmes
(i) Sur ce même litre est un «Scusson avec cette légende : tost ou lard, près ou loing a le fortdufeble besoing. — Gilles de Gourmoni.
» en toute la reste si que son accoustrement fut estime » pour ce jour a cent mille escutz. » Les brasseurs se distinguèrent , en cette circonstance, par leur illumination.
On peut facilement conclure de ce qui précède combien Antre preoye Bruges était importante. En voici de nouvelles preuves. Lors-££j£J^ que les combats singuliers étaient encore une preuve juridique , chaque province avait un lieu fixé pour les duels. Celui des flamands était à Bruges; ce qui ne favorisait pas peu le commerce, par l'afflucnce des étrangers que ce spco tacle attirait. Nous trouvons une ordonnance du XIV e siècle , qui ajourne dans cette ville Jean de Neuwde agresseur et Adrien Treslongue défendeur, pour se battre en présence du comte Louis (i). Le champ de bataille, dans le Hainaut, était à Valenciennes. Leyde, Delft et La Haye servaient indifféremment de théâtre à ces combats ; mais le plus célèbre était à Harlem. La maison de Wassenaar a longtemps possédé la charge de Kreil-fV zarder, c'est-à-dire d'inspecteur des duels (a).
Nous allons maintenant suivre, l'histoire à la main, les Principjox diverses révolutions qui, depuis la fin du XIV e siècle, ont* , ' é,,,onen, ^ ll,i eu de l'influence sur le commerce de Bruges. . u J^^'
* En i4o5 Jean fut inauguré comte de Flandre; il confirma, suivant l'usage, les privilèges des villes, leur permit de trafiquer avec l'Angleterre et d'en tirer des laines, quand
(i) Méraor. de Rose, fol. 9.
(a) Registre des charges héréditaires du comte. Part. III, p. 37, et registre des ùefs de la maison de Wassenaar. Col. B, fol. 58.
même les princes de ces deux pays seraient en guerre, et mit les habit ans de Bruges à l'abri de tout séquestre ou confiscation de biens (i).
En i4o6 le duc ap puisa le différent qui régnait entre les Anglais et les Brugeois touchant le commerce des laines (a). L'année suivante ces derniers entrèrent en discussion avec ceux du Franc pour le même sujet. Le duc chercha à les accorder et permit aux Franconates d'exercer le trafic des laines aux conditions qui leur avaient été précédemment imposées. La décision ne plut à personne, surtout aux Brugeois qui prirent les armes et se mutinèrent. Le prince, pour étouffer la sédition, exila six des principaux citoyens qui néanmoins n'y avaient point pris part. Cette même année Jean Biese , Nicolas de Zoutere , Livin van Melane , Jean Borton et Livin de Scuttellare , qui avaient obtenu de Jean l'administration de la ville, en lui promettant la septième partie de tous ses revenus, imposèrent de nouveaux droits, dont le plus odieux appelé la Calliote, était d'un sol sur chaque mesure de froment (3). Le duc rendit, vers cette époque, aux métiers les drapeaux dont ils étaient privés depuis long-temps.
Comme le commerce des cuirs était d'un grand produit pour la Flandre, le duc Jean, d'après la demande de ses peuples, défendit en i4°7t que les facteurs étrangers importassent des chaussures de cuir, telles que bottines et
(i) Meyer. Ann. ad ann. i4©5.
(a) Jb. fol. aa5.
(3) /*.,fol.aaa.
souliers, si ce n'était dans les villes où toute espèce de vente était franche (i).
En i jo8 les administrateurs de Bruges dont nous venons de parler, amenèrent les doyens des métiers à sceller l'ordonnance des nouveaux impôts (a); mesure qui démontre l'extrême influence des artisans et des manufacturiers.
L'année d'après il y eut une famine et la rasière de froment se vendit vingt sous (stuftrisj (3).
En 1411 la guerre fait tomber le commerce dans la stagnation. L'impôt sur le froment est supprimé (4).
Le duc, en i4i4> affranchit ceux du Franc de la confiscation , excepté pour le crime de trahison ou félonie envers lui , sa femme , ses enfans légitimes ou son chancelier. Il leur permet aussi de recevoir les bannis de Jîruges ou des autres villes, pourvu que ceux-ci se tiennent ho» du territoire dont ils sont expulses (5).
En 1429 (V. S.), Philippe le Bon crée à Bruges l'ordre or*«d*k de la toison d'or. On a dit qu'il voulut par cet emblème ToilOT d honorer le commerce, mais cette intention est au moins problématique, et nous n'en avons rien trouvé dans les bons auteurs tels que Meyer, Chiffiet,etc. (6).
(1) lb. fol. aao. verso.
(a) Id. ibid.
(3) Id. fol. a33 verso,
(4) id,ibid.M.ri 7 .
(5) Id. p. »44 verso.
(6) Breviar. l»i»tor. inclyti ord. *ell«is aurei auctore J. Chif fletio, Antr.
v*a um. Brageois S€ soulèvent; on ferme leur port; ils inter-
cèdent auprès du duc pour la conservation de leurs privilèges et lui demandent grâce. Philippe se laisse fléchir. 11 est important d'observer que les marchands étrangers joignirent leurs prières à celles des habitans (i). La sédition ne tarda pas à se rallumer : ceux de l'Écluse avaient été cités à Bruges, pour rendre raison de leur désobéissance à certains ordres que cette ville leur avait donnés. Ils méprisent cette sentence et interceptent la navigation. Philippe vient lui-même à Bruges. Les quatre principaux métiers courent aux armes. L'année suivante les forgerons , serruriers et taillandiers en font autant et entraînent les autres artisans. Quelques-uns des principaux citoyens et quelques marchands abandonnent la ville. Le duc y revient, on combat contre ses gens, il court de grands dangers et ne s'échappe qu'avec peine. Les Brugeois assiègent l'Écluse ; enfin tout s'appaise : les auteurs du désordre sont punis et le Franc de Bruges f<Jrme le quatrième membre de la Flandre (a).
A ces discordes intestines succèdent des maux non moins terribles, la famine et la peste; ce dernier fléau enlève à Bruges a4î 000 personnes (3).
On prétend qu'en i45o l'art de tailler les diamans fut
i65a, in-4°, p. 7-13 . — Le Blason des armoiries de tous les chevaliers, etc. par J. B. Maurice. La Haye , 166S, in-fol.— Loyens , p. 119. (*)
(•) Voy. VEijtril dtt Journaux, décembre 1809. p. 11S , cl on mémoire fort étendu «ur U Toùon eTor , dan* le a6« cabicr di
(i) Meyer. Ànn. fol. 387 (a) Meyer. Annal, ad ann. citât
inventé à Bruges par Louis de Berken ou Berquen. M. Heylen doute cependant de cette assertion de Feller (i).
En 1471 le commerce tira de grands avantages d'un traité t»u* «tw fait avec Lubeck et les autres villes anséa tiques, par lequel Lob * ck Bruges obtint l'étape de leurs marchandises. 11 devait y avoir des bàtimens en station à l'Écluse et à Hambourg , desquels on devait se servir exclusivement de part et d'autre. Ces bàtimens étaient armés de manière à pouvoir résister aux pirates. On modérait en outre les droits perçus à l'Écluse , dont les Brugeois s'obligeaient à entretenir le port, afin de n'exposer les marchands à aucun danger (2).
Après que l'imprudent successeur de Philippe eut perdu la vie, une longue suite de désordres marquèrent le gou- D«*Wde vernement de Maximilien. Les Brugeois osèrent le priver Bro « tt ' de sa liberté. Dès i485 Bruges commence à décliner (3) et Anvers hérite de ses dépouilles. Les Portugais y entraînent les Allemands en i5o3 et les Italiens en i5i6 ; les autres peuples, excepté quelques Espagnols, les suivent (4). Cependant Bruges n'en paya pas moins dans la suite des impôts plus élevés que Gand (5). Elle conserva l'étape des laines. Guicciardin assure que l'Espagne y en envoyait, tous les ans, plus de 4<>i°oo sacs ; mais ajoute-t-il , depuis peu les Espa-
(1) Mém. de l'Acad. de Brux., T. V.,p. 10a. De Invertis Belganm. (a) Meyer. Annal., fol. 354.
(3) • Toutes les nations, les marchands et les notables de la ville de « Bruges se tannèrent de la guerre , et à la vérité , ils devenoient - pauvres et souffreteux. » Oliv. De la Marche dans la coll. citée, ton». 9, p. a8a.
(4) Sanderus. Flandr. illustr. Hagaa comitum, 1735 fol., ton», a p. 7.
(5) Mirai Chromcon., p. 3c,o. Antv. i636\ in-fol. — Graraaje p. 96. -Sander.tfu*.
4o DU COMMERCE,
gnols s'étant appliqués à la draperie, n'expédient plus autant de laines que de coutume; de sorte qu'en i56o, ils n'en envoyèrent que a5,ooo sacs, lesquels, à raison de a5 écus le sac, faisaient une râleur de 6a5,ooo (i):
En t55g et i56o, les Anglais ayant chargé les laines et les cuirs destinés pour nos contrées d'une double douane , et ayant insulté et inquiété nos vaisseaux marchands (a), on défendit dans les Pays-Bas l'entrée des draps anglais et l'étape des marchandises anglaises fut transférée de Bruges à Embden (3). En i566 une sorte de congrès composé de députés des deux pays et assemblé à Bruges, convint que provisoirement il y aurait liberté de commerce entre la Belgique et l'Angleterre, et que, si les souverains ne voulaient plus s'en tenir à Y entrecours de i4o5, on devait des deux côtés, en avertir le commerce quarante jours d'avance, pour éviter toute surprise (4). L'étape fut remise à Anvers d'où en i56a elle fut transportée à Hambourg (5). George Braun de Cologne, dans sa description des villes de l'univers, imprimée de i5ya à 1618 (6), observe néanmoins que tout commerce n'était pas anéanti dans Bruges : « Non » tamen omnis mercatura hîc jacet. Lanificium enim, et
(i) Guicc. première édition originale, p. ia5.
(a) Vaderlandiche historié, tweede druk, ion. VI , p. 6i.
(3) Anderson à l'an i564-
(4) Van Meteren . fol. 38. Rymer acta pub. , ton. XII, p. 5 7 8 «t »qq.
(5) Wagenaar, tom. VI, p. 3oS in t jaar 1569.
(6) Tom. 1. V. Jos. Haruheira Biblioth. Coloniens., p. 90 (Colon; »7<7 fo1 - )
(7) Voyez à l'article de Bruxelles une belle citation du président De Thou, laquelle a aussi rapport à Bruges.
Les ouvrages de Joost de Damhouder , de Daraien à Goes, de Charles Custis et les lamentations de Zegher Van Malle., prouvent mieux encore que Bruges , dans sa décadence , avait conservé une grande importance.
Bruges, dit M. J. Peuchet, fut le berceau de la pêche rw»«. du hareng. Cest là que les Hollandais ont appris la manière de le préparer , et c'est de là qu'ils ont tiré la branche de commerce , dont ils ont fait le premier fonds de leurs entreprises commerciales (i).