UTRECHT
Grande et puissante ville dont 1 evêque, du temps de Barlandus, pouvait lever 4<>,ooo hommes de troupes (a). En i5i8 u dej le conseil d'état à Bruxelles s'occupa à régler la contesta- prorinces du tion qui divisait depuis 3o ans ceux de Dordrecht etd'Utrecht, Nocd * touchant le droit d'étape ou d'entrepôt (3).
Cette ville ayant perdu tous ses privilèges, offrit, en ^71, un^. au duc d'Albe, 180,000 florins pour se racheter (4).
Les autres villes septentrionales n'étaient ni moins riches ni moins peuplées. La plupart trafiquaient avec le Nord, comme on peut le voir dans la convention commerciale de l'an i4«8, rapportée par Leibnitz, Dumont et Wagenaar. Les négocians de Dordrecht, d'Amsterdam, de Nimègue, de la Briel, de v f* Au3i '- Middelbourg , de Zirickzée , d'Arnemuiden , de Staveren , de Zwoll, de Hasselt, de Groningue, de Zutphen, d'Harderwvk, d'Elburg s'étaient assemblés pour aviser aux moyens d'assurer leur commerce. On indiqua un congrès général à Lubeck où l'on dressa les articles suivans :
(1) Van Meteren, fol. 73, année 157a.
(a) Àpad Scriverium.p. a4a.
(3) Vaclerlandsclie hist. , tora. III, p. 4>3.
(4) Van Meteren , fol. 70.
uo6 DU COMMERCE,
« Celui qui aura excité une émeute, ou convoqué une assemblée illicite dans une ville anséatique, sera expulsé de la ligue , et pareillement la ville qui aura déposé son magistrat par force ou d'autorité.
« Le bourgmestre ou échevin qui aura abusé de son autorité pour opprimer un bourgeois . sera chassé des assemblées, et le nom de la ville rayé de la société, jusqua ce quelle ait réparé l'injustice commise par son magistrat.
« Tout débiteur qui n'aura pas satisfait son créancier , sera privé des droits de bourgeoisie jusqu'à ce qu'il ait acquitté ses dettes.
« Les étoffes non teintes seront marquées du sceau de la ville où elles auront été fabriquées.
a Si la charge d'un navire est en blé , l'équipage sera tenu de le remuer dans le temps convenable , et le marchand fera un présent proportionné à la peine qu'on aura prise.
« Il est défendu d'acheter des grains avant leur maturité, de même que du poisson avant qu'il soit salé, sous peine d'une amende de dix marcs d'argent contre les contrevenans.
« Il est pareillement défendu de tromper le vendeur, en affectant d'effectuer les payemens en espèces légères pour gagner sur le poids.
a Nul ne pourra vendre des munitions de guerre et de bouche ni des armes aux pirates , corsaires ou pareils brigands, non plus qu'acheter d'eux quelque chose, sous peine de punition corporelle.
<c Si un vaisseau fait naufrage, 1 équipage sera tenu de faire ses efforts pour sauver ce qu'il pourra, et le marchand payera selon le travail. Celui qui n'aura pas fait son devoir sera condamné à i5 jours de prison, au pain et à l'eau.
« Le capitaine qui aura surchargé son bâtiment, répondra du dommage, et celui qui, par négligence, laissera avarier ses marchandises, perdra son fret.
« Il est défendu de se mettre en mer après la S*. -Martin, c'est-à-dire passé le n novembre, ni avant le 22 février, à l'exception des bâtimens chargés de beurre et de hareng, qui pourront sortir des ports jusqu'à la S*. - Nicolas , c'està-dire jusqu'au 6 décembre et avant la Chandeleur, c'està-dire avant le 2 février (1). »
Nous avons parcouru rapidement les principales villes des Pays-Bas : Il ne nous eût pas été difficile d'en nommer un plus grand nombre, mais un mémoire n'est pas une histoire, et nous n'avons pas la prétention de tout dire.
Comme dans notre nomenclature nous n'avons pu faire entrer plusieurs particularités indispensables , nous allons en faire l'objet des derniers chapitres.
(1) Leibnitz Cod. Jur. Gent. Diploroat. , p. 3i3. — Du Mont, Corps diplomatique , tom. II , part. II, p. 101. — Vaderlandsche hùtor., loin. III, pp. 5oo , 5oi, 5oa, etc.
ao8 DU COMMERCE,